‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 254 sur 460 · P. ia · texte numérisé non relu

P. ia

4. Ep. Lxxv, 3 ; Coinm. in Is. xvu, C/i (P.L., XXIV, 63 j); EiJ. cxxxin, 3.

En dépit des généreux efforts de Babut, la revision de l'affaire Priscillien ne s'impose pas à l'histoire.

L'examen des traités de Wûrzburg a conduit dom Morin' aune conclusion d'un autre genre, qu'il est beaucoup plus difficile d'éluder. De ces onze traités, il en est huit qui ne sont guère que des homélies dénuées de valeur historique. Les trois premiers, à savoir le Liber apologeiiciis, le Liber ad Damasiim episcopiim, le de Fide et Apocryphis ont une tout autre portée. On s'accorde à considérer le Liber apologeticas, comme un plaidoyer présenté au concile de Bordeaux, en 384. A ce prix, remarque dom Morin, il est impossible d'admettre que Priscillien en soit l'auteur. Priscillien, en effet, dénia la compétence des juges ecclésiastiques; il ne voulut pas être entendu par eux et préféra en appeler à l'empereur ^ Un autre personnage plaida en cette circonstance la cause des priscillianistes, et Sulpice-Sévère le désigne par son nom : Insfantias prior iiissus caiisam dicere\..

Les traités de Wiirzbourg ne seraient donc point de Priscillien ; c'est à Instantius qu'ils devraient être restitués. Un autre indice fortifie cette conjecture. On lit dans le Liber ad Damasum (p. 46, l. ii) la phrase suivante : nos tameii non omittenies in causa fidei sanclorum iadicium malle quam saeculi. Ces paroles conviennent à Instantius qui accepta de défendre ses idées devant les évêques convoqués à Bordeaux. Le moyen de les attribuer à Priscillien, puisqu'il récusa l'autorité du tribunal ecclésiastique pour s'en remettre à un tribunal séculier ?

Page 1