Ibid., Lxvi
7. Cf. MiGNE, LIV, 693. Sur ces divers personnages, v. Kijnstle, Antipriscilliana, Fr.-i.-B., igoB, et Dufourcq, Etude sur les Gesta Martyrum romains, t. IV (Le Néo-Manichéisme et la légende chrétienne).
BIBLIOGRAPHIE
I. — Les petits poèmes. — Voir le Tableau n° VI. Exposé d'ensemble dans Manitius, Gesch. d. christlich-lat. Poésie, SuUgart, 1891 (médiocre, mais d'utiles analyses); G. Boissier, La Fin du Paganisme, t. II, livre IV.
II. — JuvENCUs. — P.L., XIX, 53-346 ; Marold, dans B.T. (1886) ; C.V., XXIV (1891, Huemer); quelques traductions dans F. Clément, Les Poètes chrétiem, P. 1857, p. 1-11.
III. — Paulin de Nole. — Œuvres dans Migne, t. LXI, et dans C.V. (Hartel. 1894), t. XXIX et XXX. Hartel a réuni dans un appendice quatre poèmes d'authenticité contestée, le Carmen ad coniugem, le G. de nomine lesu, G. ad Deum post connersionem et bapt. suum, G. de domesticis suis calamitatibus. — Traduction française anonyme (de Cl. de Santeuil?), Paris, 1703; 1724. Quelques pièces en vers et en prose sont traduites dans Anol de Maizières, Nouveaux choix de Pères latins, P. 1853, t. IV et V; la notice de son élève Uranius, adressée à Pacatus (xVligne, LUI, 866), l'est ibid., t. II, p. 144. Voir aussi les Ghefs-d'œuvre des Pères de l'Eglise, t. XIV ; Félix Clément, op. cit., p. 88-161. P. de Labriolle, la Gorresp. d'Ausone et de Paulin de Noie, P. 1910. — La chronologie des œuvres de Paulin est souvent délicate : cl". E.-Ch. Bahut, dans les Annales du Midi, XX (1908), p. 18-44, et Rauschen, Jahrbiicher der christl. Kirche, 1897. — Sur l'ensemble de son œuvre, a consulter : Lagrange, Hist. de saint Paulin de Noie, 2 vol., P. 1882; A. Baudrillart, Saint Paulin, évêque de Noie (coll. les Saints), P. 1905. — Beaucoup d'observations utiles dans P. Reinelt, Studien iiber die Briefe des hl. P. v. N., Breslau, 1904,
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Philipp, Zum Sprachgebrauch des P. v. iV.,Diss. Erlangen, 1904 et L. Kraus, die poetische Sprache des Paulinus Nolanus, Diss. Augsburg, 1918.
SOMMAIRE
I. Vue d'ensemble sur la poésie latine chrétienne. — II. Les paraphrases de la Bible. Juvencus. L'Heptateachos de Cyprien. — III. Les poèmes didactiques. — IV. Les centons. — V. Paulin de Noie. La conversion de Paulin. Paulin et Ausone. — VI. Les lettres de Paulin. — VIL Ses poèmes.
L'historien grec Socrate raconte dans son Histoire Ecclésiastique (III, xvi) qu'au lendemain de l'édit de l'empereur Julien qui interdisait aux chrétiens d'expliquer les classiques païens, les deux Apollinaire, le père et le fils, l'un professeur de grammaire à Laodicée de Syrie, le second, évêquede Laodicée, essayèrent de remplacer en bloc pour les chrétiens lettrés les œuvres profanes qu'on leur défendait de commenter publiquement. Le père composa une grammaire « en harmonie avec la foi chrétienne », ce qui signifie sans doute que les exemples y étaient empruntés aux auteurs chrétiens ou forgés d'après les données de la foi ; il traduisit les livres de Moïse en vers héroïques ; il paraphrasa les livres historiques de l'Ancien Testament, et en tira des épopées et des tragédies. II employait à dessein le plus grand nombre possible des formes métriques traditionnelles de la littérature belle-
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nique afin de les populariser parmi les chrétiens. Quant au fils, il transposa sous la forme de dialogues platoniciens « les Évangiles et les doctrines des Apôtres ».
Bientôt Julien mourut ; la loi qu'il avait portée devint inopérante, et toute cette contrefaçon de littérature profane « ne garda pas plus d'importance, observe Socrate, que si elle n'avait jamais été ' ».
Il est bon de connaître la tentative des Apollinaire pour comprendre de quel esprit s'inspirèrent la plupart des poètes chrétiens de langue latine que nous allons passer en revue. Ce qui compromet quelque peu l'intérêt de leurs œuvres, c'est que, chez eux aussi, on sent trop le désir de faire concurrence à la littérature profane ; on y démêle un dessein concerté, un effort artificiel, plutôt que la franchise d'une inspiration spontanée qui se soulage en s'exprimant. Ils veulent opposer la certa fuies aux inendacia des classiques (ce sont les termes dont se sert Juvencus), et cela dans les formes mêmes que les classiques avaient employées. Ils ne s'affranchissent de ces formes consacrées que tout à fait exceptionnellement, pour atteindre un public fort différent des cercles cultivés qu'ils visent d'ordinaire -. La poésie latine chrétienne ne s'est haussée à l'originalité véritable et sincère que dans l'hymne d'Église. Cependant le IV" siècle nous offre un nom au moins qui est à retenir, un talent qui dépasse la médiocrité du niveau commun, celui de Paulin de Noie.
I. Sozomène, qui donne aussi des détails sur cette improvisation (H.E., V, xvin), la juge d'un autre ton : « Si les mortels n'eussent attaché uniquement du prix à ce qui est ancien, s'ils avaient pu s'affranchir d'une routine invétérée, les écrits des Apollinaire n'auraient pas été lus avec moins de plaisir que les ouvrages aiixquels ils devaient se substituer. »
a. Tel fut le cas de saint Augustin dans son Psaume Abécédaire.
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Tout un groupe de poèmes ne sont autre chose que des paraphrases d'épisodes plus ou moins développés, tirés de l'Ancien Testament, ou, plus rarement, du Nouveau Testament. La magnifique poésie biblique, en particulier la cosmogonie mosaïque, offrait une riche matière, qui fut largement exploitée. A recueillir les confidences des versificateurs chrétiens, on se rend compte des préoccupations auxquelles ils obéissaient. Il s'agissait pour eux, en premier lieu, d'être utiles aux jeunes esprits en y faisant pénétrer les enseignements sacrés, transposés sous une forme attrayante, et expurgés des détails scabreux dont certains épisodes de la Bible pouvaient alourdir les imaginations juvéniles *. — Puis s'inspirant d'une autre pensée, qui obsédait, comme on sait, les chrétiens lettrés, ils espéraient conquérir, grâce à l'agrément de la poésie, l'élite intellectuelle et savante, et la ramener à Dieu par les routes fleuries que Dieu ne défend pas. « Peu importe, dira Sedulius, dans l'Épître dédicatoire de son Carmen Paschale, peu importe par quelle voie chacun arrive à la foi, pourvu qu'entré dans le chemin de la liberté, il ne retombe plus dans les pièges de la servitude qui le retenaient naguère ! » — Enfin, un commentaire versifié de la Bible permettait de développer certaines interprétations dogmatiques et morales, de réfuter les doctrines
I. On remarquera que, sauf chez Dracontius, qui se permet quelques détails un peu profanes, la création de la femme dans l'Eden ne provoque aucune description périlleuse. Le Melrum in Genesin (v. laS) l'indique sèchement en un hémistiche : Mulier de costa uiri fit : c'est tout.
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adverses sur l'origine et la formation de l'univers, de dévoiler la signification mystique cachée sous l'écorce des textes. L'apologétique y trouvait donc aussi son compte.
On n'oserait affirmer que la poésie y trouve toujours le sien. En tous cas, cette série de poèmes, sans être absolument stérile en traits heureux, ne révèle aucun talent original, — ni un Milton ni un Tasse, ni inême un du Bartas ou un Maurice Scève. La description y sévit redoutablcment, la description, telle que Guizot l'a définie *, « qui s'inquiète moins de faire voir les objets que de les faire connaître ; qui les observe et les parcourt, s'attachant à en énumérer, à en étaler toutes les parties ; en sorte que tel être, tel fait qui, simplement nommé ou désigné par un seul trait, serait réel et visible pour l'imagination, n'apparaît plus que décomposé, dépecé, disséqué, détruit... ». Puis ces amplifications d'école sont toutes nourries d'emprunts. L'auteur du Metriim in Genesin^ s'attendrit sur Adam et sa postérité en des termes qui évoquent la mélancolie de Virgile déplorant le triste destin du jeune Marcellus : « 0 homme heureux, formé par la main même du Dieu qui lance la foudre {siumni cai dextra tonantls \ Est pater) ; ô trop heureux, toi qui tires du ciel {Olympo) et ton origine et ta forme ! Si tu ne deviens pas la ])roie des vices funestes de la terre, si tu ne te laisses pas séduire par l'erreur, tu seras dieu [numen eris) et, remonté au ciel, tu admireras le royaume que, de sa bouche véridique, le Père a promis aux hommes vertueux ! » J'ai souligné certaines expressions d'un