‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 64 sur 460 · De Paen., v, lo-u · texte numérisé non relu

De Paen., v, lo-u

7. « Mussitant denique lam bonam et longam sibi pacem periclitari ). (De Cor., i.)

8. Un bon nombre de chrétiens ne voulaient point se priver du théâtre. Tertullien énumère leurs excuses dans le de Spect., i, n, m, xx, XXIX. On peut comparer les doléances de l'auteur du de Spectac, attribué ordinairement à Novatien, sur certains sophismes analogues (Hartel, Opéra Cypriani, lll, p. 3). Les mariages mixtes avaient également leurs partisans (ad Ux., II). — On remarquera, sans vouloir d'ailleurs confondre des catégories aussi distinctes, que Tertullien admet que des chrétiens pouvaient se rendre coupables de crimes de droit commun (Apol., XLiv, i, et XLvi, 17) et de crimes contre nature (de Pud., iv, 5).

9. Voir surtout le de Idololatria. On peut délimiter aisément, d'après chaque réfutation partielle de Tertullien, la iiosilion où s'établissaient ses adversaires.

IIO TERTULLIEN

Tout ce flot humain, oscillant et divers, Tertullieii avait la prétention de le pousser, de gré ou de force, dans les chemins étroits qui étaient pour lui la seule voie permise au chrétien '.

Qu'était, en eifet, pour lui le christianisme ? Une foi, sans doute, une régula fidei, autrement dit un conglomérat de propositions qui s'imposaient obligatoirement à l'intelligence et dont l'authenticité était garantie par l'unanime accord des Eglises ; — mais avant tout une discipline, c'est-à dire une règle et un frein pour la volonté. Son esprit de juriste se complaisait en cette idée d'une doctrine qui jette sur la vie humaine tout entière, dans l'infinie multiplicité de ses actes, le réseau étroit de ses prescriptions, avec la promesse d'une récompense éternelle pour ceux qui en auront accepté l'enlacement, avec la menace d'un éternel châtiment contre quiconque se sera débattu pour y échapper. Le Dieu qu'il chérit, c'est le juge inflexible et jaloux qui a établi la timor comme base du salut de l'homme, qui sème les tentations en ce monde pour faire l'épreuve de ses fidèles, et qui tient toujours ses vengeances prêtes. De là les animosités de Tertullien contre l'hérétique Marcion. qui s'était complu à souligner les « anthropopathismes » du Dieu de l'Ancien Testament.

« Ecoutez, pécheurs, s'écrie Tertullien, el vous qui ne l'êtes pas encore, afin d'apprendre à le devenir. On a inventé un Dieu meilleur, qui ne s'offense, ni ne s'irrite, ni se venge ; un Dieu dans l'enfer duquel nulle flamme ne bouillonne, et qui n'a point de ténèbres extérieures, ni de frissons, ni de grincements de dents. Il est tout bon, vous dis-je. Il défend bien de pécher, mais seulement sur le papier. A vous de voir si vous voulez bien lui

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