‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 113 sur 397 · L’HISTOIRE DEPUIS CATON JUSQU’A CÉSAR · texte numérisé non relu

L’HISTOIRE DEPUIS CATON JUSQU’A CÉSAR

de Quadrigarius, entre autres le récit du combat où T. Manlius Torquatus gagna son surnom. Autant qu’il est permis de juger d’un auteur d’après quelques pages, Quadrigarius, sans être un narrateur bien habile ni un écrivain consommé, ne manquait ni de goût ni d’une certaine élégance. Son style avait, comme le dit Aulu-Gelle, cette pureté, ce naturel, ce je ne sais quoi d’agréable qui tient à la simplicité d’une langue un peu rude et naïve. La lettre des consuls romains au roi Pyrrhus, telle que Quadrigarius l’a rédigée, mérite le même éloge que les récits de l’historien. On y sent déjà quelque chose de cet art de faire parler les hommes, où devaient plus tard exceller les Salluste et les Tite Live : « Les consuls romains au roi Pyrrhus, salut. Toujours animés du même courage pour tirer vengeance de tes injures, nous ne songeons qu’à te traiter en ennemi, et nous mettons tout ce que nous avons de zèle à te faire la guerre. Mais, pour donner au monde l'exemple de la loyauté, nous sommes résolus à préserver ta vie : nous voulons pouvoir te vaincre les armes à la main. Nicias, un homme de ta maison, est venu vers nous, nous proposer de te faire périr en secret, moyennant un salaire. Nous avons refusé de l’entendre; nous lui avons ôté l’espoir de rien tirer de nous; en même temps, nous avons cru à propos de t’avertir, afin que, si on attentait à ta vie, les peuples ne pussent croire que nous avons préparé le crime, et que nous combattons nos ennemis dausl’ombre, par la trahison soldée et par l’assassinat; moyens qui ne sont point à notre usage. Tiens-toi sur tes gardes, ou crains de périr. » Ce qu’on cite de Valérius d’Antium’^est infiniment peu de chose; et encore les transcripteurs n’ont-ils pas reproduit les paroles textuelles de l’historien. Nous nous dispenserons donc de chercher, dans de pareilles reliques, ce qui pouvait caractériser son style et sa manière. Je remarquerai seulement qu’on ne sépare guère le nom de Valérius d’Antium de celui de Quadrigarius, et que les qualités et les défauts de l’un semblent avoir été, à peu de chose près, les défauts et les qualités de l’autre.

Il ne nous reste plus qu’à rappeler quelques noms plus ou moins obscurs : G. Licinius Macer, dont les Annales ont

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