CHAPITRE XIV. — L’ÉLOQUENCE APRÈS CATON, ETC
TOUS compte au nombre des orateurs; il ne vous ménage même pas les éloges. Son patriotisme romain le tient, pour ainsi dire, dans une illusion perpétuelle, et lui fait voir des orateurs là où il n’y a eu que des parleurs plus ou moins sérieux. Nous choisirons donc parmi tous ces noms; et nous chercherons, dans Cicéron ou ailleurs, de quoi mettre les principaux dans une suffisante lumière.
■.'Kloquence Judiciaire après Caton.
Il ne faut pas qu’on s’attende à trouver, après Caton, un développement régulier de tous les genres d’éloquence. Plusieurs restèrent en germe ; l’éloquence politique seule poussa dans tous les sens ses jets vigoureux. Caton avait fait déjà retentir les tribunaux d’accents solennels, et la collection de ses discours écrits contenait plus d’un plaidoyer. Ses successeurs se remirent aux vieilles méthodes ; ils se contentèrent d’être légistes et ergoteurs ; et ils pensèrent, avec raison, que la postérité se soucierait médiocrement de jeter les yeux sur des discussions de textes, même assaisonnées de sel romain. Aussi leurs plaidoyers ne furent-ils que paroles volantes. Du moins on aperçoit à peine quelques rares vestiges des monuments de l’éloquence judiciaire proprement dite, depuis le temps de Caton jusqu’à celui des orateurs illustres dont Cicéron fut l’héritier immédiat ou l’émule.
Cienre démonittralir.
Il en est de même pour ce qui concerne le genre démonstratif, comme on l’appelle. Ce n’est pas qu’on se fit faute, par exemple J de prononcer des oraisons funèbres. L’usage antique subsistait ; mais on ne voit pas que personne, sauf peut-être Lélius, ait songé, durant tout un siècle, à écrire rien de pareil aux discours de Q. Métellus ou de Fabius Maximus. Pour rencontrer une oraison funèbre écrite, on est réduit à descendre le cours des temps jusqu’à Cicéron même. Mais ne parlerons-nous pas des inscriptions qu’on gravait sur les tombeaux ? Ce ne sont pas des discours, il est vrai ; ce sont quelquefois des choses belles et éloquentes. Les Romains ont excellé dans l’épitaphe. On en a déjà vu