‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 184 sur 397 · I. Cicéron, Brutus, chapitre Lxxxn · texte numérisé non relu

I. Cicéron, Brutus, chapitre Lxxxn

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CÉSAR

matières. Travailler à maintenir les bonnes traditions litté* raires, et à préserver la langue de toutes les corruptions, c’était aussi, pour me servir des termes de César même, bien mériter du nom romain et honorer la patrie. L’illustre grammairien faisait une guerre impitoyable aux locutions vicieuses, aux mots mal autorisés, à la mauvaise orthographe. Un barbarisme le faisait frissonner d’horreur : < Fuyez, disait-il, fuyez comme im écueil tout mot inouï et inaccoutumé. > L’ouvrage, autant qu’on en peut juger par les citations des anciens, était tout pratique, et destiné aux jeunes gens non moins qu’aux hommes faits. César ne dissertait pas à perte de vue sur des lois abstraites : il prenait des exemples dans l’usage courant, ou dans des auteurs connus, et il montrait comment telle ou telle forme semblait pécher contre l’analogie, c’est-à-dire contre la loi qui règle ou doit régler les dérivations des mots et la structure des phrases. Il proposait d’innombrables corrections, mais presque toujours pour revenir à des typ>es autrefois en honneu^, et pour restituer la langue dan.«> sa pureté primitive. Beaucoup de ses observations, je n’en doute pas, eurent tout l’effet qu’il s’en promettait; mais • il y en eut qu’on ne trouva que singulières, parce que les formes qu’il préconisait étaient trop vieilles et trop complètement oblitérées. On continua d’écrire, malgré César, et surtout de dire, turbinem et non point lurbonem, diei et non point die, momordi et non point memordi, spopondi et non point spepondi, etc. ; mais c’est César qui fit prévaloir, suivant Varron, l’t sur l’u dans le mot maximvLS, autrefois maxumus, et dans les mots analogues. Quoi qu’il en soit, celte étude sur la langue latine, surtout faite par un tel homme, ne put manquer d’exercer une considérable et salutaire influence. Qui sait tout ce que dut peut-être aux enseignements de César l’admirable perfection des écrivains du siècle d’Âuguste ?

■.ettrea de César.

Les autres ouvrages de César, sauf les Commentaires, ont à peine laissé l’ombre d’un souvenir : ainsi les livres sur le Droit augurai et sur les Auspices. Mais nous avons quelques-

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