I. Dinlogiic tics Orntcurs, paragraphe xn
méprisable. On se rappelle que Quintilien a fait à Macer l’honneur de rapprocher son nom de celui de Lucrèce. Quelques réserves qu’on soit forcé de faire sur une pareille assimilation, il reste toujours que le vrai Macer avait été un écrivain élégant et un bon versificateur.
Ciratiu* FaliscuH.
Nous possédons un petit poème sur la chasse, en cinq cents et quelques vers, intitulé Cynégétiques^ dont l’auteur, Gratius Faliscus, paraît avoir été contemporain d’Ovide. Gratins esfde l’école de Virgile, ou du moins il fait tout son possible pour en être. Le seul défaut grave qu’on puisse lui reprocher, c’est une obscurité sous laquelle ne, se cachent pas toujours des idées qui vaillent la peine qu’on les cherche. Mais, comme le fait observer un critique, qui nous dit que cette obscurité ne tienne pas à notre ignorance, et que des termes que nous ne comprenons plus ne fussent pas vulgaires autrefois ? Ajoutons que Gratius n’écrivait pas pour tout le monde, mais pour les chasseurs, et que son vocabulaire n’était guère moins familier à ses lecteurs que ne l’est, pour les chasseurs d’aujourd’hui , celui de nos livres de vénerie. Les qualités ne manquent pas dans les Cynégétiques. La description du chien est un morceau remarquable. Le poète trouve des accents énergiques pour peindre les maladies qui désolent une meute. L’épisode de l’antre où Vulcain guérit les animaux peut se lire, même après les merveilleux récits du chantre d’Aristée. On aura quelque idée du ton général de Gratius par ce que je vais transcrire. C’est le début même des Cynégétiques :
« Sous tes auspices, ô Diane, je chante un art, présent des dieux et passe-temps des chasseurs. La force fut d’abord l’unique ressource de l’homme. Dénué de prudence, sans armes que son courage, il parcourait l-'S bois, et rien n’était réglé dans sa vie. Bientôt il prit une route plus facile et plus sûre : il t’as.socia, ô raison, à ses entreprises. De là mille secours pour soutenir son existence ; de là l’ordre et la méthode brillant partout : un art connu devient le germe d’un art nouveau ; la science grandit de proche en proche ; et, par