CHAPITRE XXX. — AUTRES POÈTES, ETC
droite s’étend l’affreux incendie; il bouillonne à gauche : les deux frères triomphent, en passant à travers les feux qui se délournent. Leur pieux fardeau fait leur sûreté : la flamme s’enfuit, et tempère son avidité autour d’eux. Ils ont enfin échappé au péril ; et, avec eux, leurs divinités tutélaires sont saines et sauves. Les poètes, dans leurs chants, célèbrent les deux frères. Pluton les a distingués; leur mémoire est illustre; ces vertueux jeunes gens échappent aux atteintes d’un destin vulgaire ; ils ont vraiment en partage la demeure et le sort des bienheureux. »
Nous n’aurons plus rien à dire sur la poésie du siècle d’Auguste, quand nous aurons remarqué que plusieurs amis d’Ovide, tels que Moutanus, Proculus, Aulus Sabinus, passaient pour des poètes élégiaques de quelque talent. Il nous reste même, sous lo, nom d’Aulus Sabinus, trois élégies, qu’on imprime quelquefois dans les œuvres d’Ovide. Ce sont des héroïdes, et même des réponses à trois de celles qui composent le recueil d’Ovide ; mais elles n’ont rien de commun, ni pour la verve, ni pour le style, avec les brillants morceaux qui leur ont «ervi de modèles.