Pélrohe, Saijrricon, cliapilre cxviii
Digitizf
PÉTRONE
l’or brillant ; on la traite en ennemie ! On cherchait partout des richesses; car les destins avaient résolu la funeste guerre. On ne se contentait plus des joies connues du vulgaire, des
plaisirs affadis par un usage commun La gourmandise est
ingénieuse. Le sarget, qui vit au sein des eaux de la Sicile, est apporté vivant pour les tables de Rome ; les huîtres, arrachées des rivages du Lucrin, figurent parmi les mets, et renouvellent à grands frais l’appétit des convives. Déjà l'onde du Phase est privée d’oiseaux ; et, sur sa rive muette, on n’entend que le vent soufflant dans les feuillages déserts. Au champ de Mars, même délire : les Quirites sont à qui les achète; avides de gain, ils courent à l’appel, et ils prostituent leurs suffrages. Vénal est le peuple, vénale la Curie des sénateurs. La faveur est au plus offrant; les vieillards euxmêmes ont perdu toute vertu, toute franchise ; sous l’effort des richesses, la puissance est bouleversée; la majesté même de Rome est à terre, corrompue par l’or. Caton vaincu est repoussé par le peuple. Le plus triste des deux candidats, c’est le vainqueur : il a honte d’avoir ravi les faisceaux à Caton. »