CH AP. XL. — L’HISTOIRE DEPUIS TITE LIVE, ETC
mais un membre de la famille Anm^a, c’est-à-dire un parent des Sénèque, peut-être le neveu du fameux philosophe, et, comme lui, un homme orifpnaire d’Espagne. Un passage du préambule de Florus a donné lieu de croire que cet historien vivait plus tard encore, sous Trajan, ou même sous Adrien. Enfin il ne serait pas absurde de dire que Florus l’historien est probablement le même que ce Florus qui a rédigé les sommaires de Tite-Live, et qui vivait probablement à la fin du deuxième siècle, ou dans le cours du troisième. Quoi qu’il en soit, nous possédons, sous le nom de Florus, un Abrégé de l'Histoire romaine , en quatre livres, qui contient nn aperçu des faits principaux de la vie du peuple romain, depuis Romulus jusqu’à Auguste, et même jusqu’au delà de la bataille d’Actium. Ce petit ouvrage est quelquefois vanté outre mesure. Mais c’est plutôt une étude de style à propos de l’histoire, qu’une histoire véritable. Florus ignore beaucoup trop la chronologie et la géographie : un ancien dirait que les deux yeux lui manquent. En revanche, il écrit avec pompe et avec élégance; il a souvent des mots heureux, et on ne saurait lui refuserun remarquable talent littéraire. Si l’on prend son ouvrage comme un panégyrique de Rome , il n’est pas douteux qu’on ne doive placer l’auteur au premier rang des rhéteurs et des déclamateurs romains. Mais c’est là un triste éloge, si l’on veut voir dans Florus un historien, et, dans son abrégé, quelque chose qui rappelle le ton et la manière de Salluste ou de Tite-Live. Félicitons-le pourtant d’avoir su écrire, bien qu’il n’écrive pas toujours avec un goût parfait. Les esquisses qu’il trace sont quelquefois des réductions fidèles des grands tableaux peints par les maîtres. Ce n’est pas rien, par e.xemple, d’avoir raconté en deux pages la conjuration de Catilina, sans oublier aucun fait vraiment essentiel. La Harpe a raison de le dire, et de louer les qualités habituelles du style de Florus, la rapidité et la noblesse.
Velléluii PM<erculuB.
Velléius Paterculus est un abréviateur aussi, mais trèssupérieur à Florus. A peine trouve-t-on çà et là, dans son