CHAPITBE XLVI. — LES DERNIERS POÈTES
chez-en là où sont alors la vie, la foi, les solides espérances, c’est-à-dire parmi les héros de la religion nouvelle. Après Glaudien et Rutilius, la poésie est morte. Le christianisme lui-même fut impuissant à en raviver les cendres. Les poètes chrétiens du cinquième et du sixième siècle ne sont que des beaux esprits ou des barbares, souvent à la fois l’un etl’autre. Parler ainsi, ce n’est faire tort ni à Sidoine, ni à Fortunat, ni à personne. Nous touchons donc, pour ainsi dire, aux bornes du vieux monde. Au delà de ces colonnes d’Hercule, un païen eût écrit ; Fin de la terre habitable. C’est ici, en effet, que finit la littérature classique. Au delà, il n’y a plus, pour l’œil vulgaire, que chaos et ténèbres. Le monde est aux barbares. Quand tout penche et croule, l’esprit des temps antiques n’a plus qu’à. se taire et à s’ensevelir sous lés ruines.