ÉPIGRAPHIE
Épigrapbie : Mocument d'Ancyre ou Testament d* Auguste.
Au mois d'août de Tan 14 de notre ère, après les chaleurs de la canicule, Auguste, âgé de soixante-seize ans, est atteint d'une maladie d'entrailles, contre laquelle les soins des médecins et les déplacements ne peuvent rien. L'île deCacri,Naples, Pouzzoles, offrent à l'empereur des distractions sans aucune allégeance. Arrivé à Nola, ville de la Campanie, il y prend le lit, et, sentant approcher sa dernière heure, il se fait ap-
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porter un miroir, accommoder les chevenx et farder les joues. Après quoi, il demande à ses amis « s'il a bien joué le mime de la vie »; pais, adressant un dernier adieu à sa femme Livia, il expire sans douleur, à trois heures de Taprès-midi, le dix-neuvième jour du mois d'août. Son corps, transporté jusqu'à BoviUs, au douzième mille de Rome, par les magistrats des mnnicipes, échelonnés sur la route, et entouré d'une foule considérable, est reçu par les chevaliers qui le déposent dans la maison impériale du Palatin. Sept jours après, le cadavre, couché dans une triple caisse, soigneusement scellée et cachée par des draperies, est porté au Champ de Mars sur un bûcher gigantesque et consumé par les Aamroes. Les cendres recueillies sont enfermées dans un immense monument, décoré du nom de mausolée d'Auguste, jadis entouré par des jardins et des promenades, masqué aujourd'hui par des constructions modernes, voisines d'un cirque, où des farceurs et des baladins viennent jouer, à leur tour, quelques mimes de la vie. C'est dans le vestibule de ce mausolée que, d'après le désir même de l'empereur, fut placée la copie, gravée sur deux tables de bronze, de l'acte qu'on appelle le testament politique d'Auguste, Res gestœ divi Augusti, Les tables ont disparu, et le métal a été fondu pour d'autres usages. Mais une circonstance toute particulière a sauvé une autre copie du testament et a permis de la transmettre à la postérité.
Il y avait à Ancyre (Angora) des tribus gauloises, établies depuis longtemps en Asie Mineure : leurs chefs Pylœménès, Albiorix et Amyntas, qui professaient un culte particulier pour Auguste, obtinrent de Tibère la faveur d'élever un temple à son prédécesseur et de graver sur les murailles mêmes l'histoire de son règne, écrite de sa propre main. Ce temple existe encore, il est de marbre, et le testament y est conservé, transcrit dans les deux langues latine et grecque. Le texte latin, gravé sur les colonnes internes du pronaos, après avoir été copié pour la première fois, en 1S44, par Wrantz et