CONCLUSION
Telles 8ont les évolutions que le génie latin a suivies à travers le monde du paganisme, depuis ses premiers bégayements jusqu'à Theureoù l'humanité s'éclaire des progrès d'une religion nouvelle. Nous le voyons d'abord barbare, grossier, inculte, concentré en lui-même ; puis poli par son contact avec les Grecs; c'est Fépoque florissante de son émancipation; il prend l'essor en toute liberté; ses idées, étendues, élargies, s'épanouissent et vivent, sa langue se fait originale, il a son âme, sa couleur, son accent. Après quoi, Rome, maîtresse de l'univers, devient la servante dégradée du despotisme, la proie de la corruption morale.
La dépravation du cœur hâte alors la ruine du goiît et de l'esprit. Tout ne périt pas, néanmoins, dans ce naufrage. La langue latine persiste dans l'intelligence et dans l'idiome des peuples nouveaux, et la souveraineté que ceux qui la parlaient exerçaient sur le monde, reparaît triomphante dans l'Église, dans les écoles, dans la législation. Il en résulte que les imitations mêmes des Romains conservent un caractère de personnalité profondément marguée, qui justifie la parole expressive de Klopstock : « Les Romains ont été des imitateurs comme il n'y en a pas ! n