‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 72 sur 80 · MACROBE · texte numérisé non relu

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uutôt par les expressions des anciens eux-mêmes. Nous de* vous, en effet, imiter les abeilles qui parcourent différentes fleurs pour en pomper le suc. Elles apportent et distribuent ensuite en rayons tout ce qu'elles ont recueilli, donnant, par une certaine combinaison et par une propriété particulière de leur souffle, uue saveur unique à ce suc formé d'éléments divers. Nous aussi, nous mettons par écrit ce que nous avons retenu de toutes nos lectures, afin d'en former un tout homogène, qui laisse cependant une saveur unique & ces diverses essences.

Le plan général ainsi tracé, Macrobe réunit autour d'une même table un certain nombre de convives et de causeurs, entre autres Eusebius.Praetextatus, Symmaque, Nicomaque, Evangelus, Servius, Avienus, Al» binus, et les fait disserter sur les sujets les plus variés et les plus instructifs.

Les Saturnales, qu'on a comparées avec raison aux Nuits attiques d'Aulu-Gelle, sont divisées en sept livres.

Le premier traite de la fête des Saturnales et de plusieurs autres fêtes romaines, de Saturne, de Janus, de la division de l'année, de son organisation successive par Romulus, Numa et Jules César, enfin du système qui fait rapporter tous les dieux au soleil. On signale, dans la fin de ce livre, de nombreux emprunts à Aulu-Gelle et à Sénèqus.

Le second livre est le plus original et le plus communément connu de Macrobe. C'est un recueil d'anecdotes, de plaisanteries et de détails curieux sur les mœurs domestiques des Romains.

Depuis le troisième livre jusqu'au sixième inclusivement, les Saturnales deviennent un commentaire approfondi de Virgile, jugé dans ses opinions et dans ses habitudes religieuses, philosophiques, littéraires. Le cinquième est un parallèle continu entre Homère et Virgile, où sont signalés les nombreux larcins que le poète latin a faits au poète grec, sans compter ce qu'il doit aux tragiques. Le sixième renferme une grande

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quantité de passages emprontés par Virgile aux poètes de sa nation : Ennius, Lucrèce^ Furius, Varius, Lucilius, Nœvius, Suevius, Catulle, Accius.

Le septième livre est imité en grande partie du livre des Problèmes symposiaques ou Repas de Plutarque. On y trouve discutées plusieurs questions intéressantes de physique; on y remarque également quelques exemples de la manière dont les sophistes soutenaient le pour et le contre d'une même thèse.

On ne peut disconvenir que la latinité de Macrobe ne se ressente de la décadence de son siècle, et que son originalité ne disparaisse souvent au milieu des citations qu'il emprunte à d'autres écrivains. L'équité veut pourtant que, malgré ces défauts, son ouvrage soit considéré comme une œuvre des plus utiles et des plus agréables, et que plusieurs savants aient eu raison d'en recommander la lecture aux jeunes gens.

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