‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 142 sur 433 · Pièce · texte numérisé non relu

Pièce

Tel est Catulle, avec ces qualités de grâce, d'abandon et de finesse qui font le charme de ses poésies légères et qui sont aussi le caractère habituel de ses œuvres plus élevées, de ses odes et de ses élégies. Dans la grande poésie, ce qui lui manque, outre le talent de la composition, c'est la force, c'est la flamme de la passion : sa sensibilité est plus vive que puissante ; il recherche le joli plus que le beau, la tendresse plus que le pathétique. Il a fait beaucoup pour la poésie latine par les mètres qu'il a introduits, par la douceur et l'harmonie toutes nouvelles qu'on rencontre souvent dans ses vers héroïques et dans ses distiques. On y peut reprendre encore une certaine mollesse que les jinciens ont déjà remarquée * : il multiplie les particules explétives, les épithètes, les périphrases traînantes et faibles ; il a créé beaucoup de mots composés peu conformes au génie latin ; la négligence amène quelquefois chez lui la lourdeur et la dureté : on reconnaît trop souvent les habitudes et les allures de la phrase grecque. Mais, avec ces imperfections, il est un des principaux artisans de la langue poétique de Rome. Un de ses contemporains, dont la grandeur mélancolique contraste avec l'humeur légère et folâtre de Catulle, l'auteur du poème de la Nature^ Lucrèce, n'a pas moins contribué aux pi'ogrès de la poésie.

Bibliographie : Voir, pour les mimes, Ch. Magnin, les Origines du théâtre^ Introduction, 1839 ; pour Catulle, Couat, Etude sur Catulle^ thèse de doctorat, 1875.

1 . Pline le Jeune, Episf., 1, 16 : Versus leviusculos et moUiusculos.

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