‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 144 sur 433 · Ibid,, m, 260 ; « Patrii scrmonis cgcstas. i · texte numérisé non relu

Ibid,, m, 260 ; « Patrii scrmonis cgcstas. i

Chronique perdue de récrivain grec Eusèbe *. Selon cette notice, Lucrèce serait devenu fou par suite d'un philtre qu'on lui aurait fait boire; il aurait composé son poème dans les intervalles de ses souffrances, et il se serait donné la mort à Tâge de quarante-quatre ans. On a le droit de tenir cette tradition pour suspecte: plus d'une fois, chez les anciens, ceux qui avaient fait profession d'athéisme ont été représentés comme frappés dès cette vie par la vengeance des dieux. D'ailleurs, il est difficile d'admettre qu'un ouvrage de ce caractère et de cette importance ait été composé pendant les heures de lucidité d'un homme en délire.

Sans doute, quand Lucrèce est mort, son œuvre n'était pas complètement achevée. « On remarque quelque désordre dans le plan et la disposition des parties; des transpositions nombreuses ont dû être opérées pour retrouver mieux le dessin de l'ensemble. Enfin certains morceaux ne peuvent être ajustés à une place qui leur convienne exactement. Ce sont comme des pierres d'attente, des matériaux dont le poète se proposait de faire plus tard les pièces de son édifice et qui sont restés sur le sol au milieu de la construction ^. » Mais, si la dernière maip a manqué à l'œuvre, il est certain qu'elle n'est pas restée incomplète. L'auteur le témoigne lui-même, lorsqu'il dit dans son VI" livre qu'il arrive au terme de sa carrière^.

Les imperfections de détail que nous avons signalées donnent de l'autorité au récit de saint Jérôme, d'après lequel, après la mort dé Lucrèce, le poème aurait été revu et corrigé par Gicéron. Est-ce Marcus,

1 . Cette Chronique s'étendait de l'origine du monde à l'année 328 après J.-C. Eusèbe a vécu entre 264 et 338. Saint Jérôme, dont la traduction nous a conservé cet ouvrage, appartient k la seconde moitié do iv« siècle et au commencement du v® (346-420).

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