VI, v
est-ce son frère Quintus que veut désigner saint Jérôme? L'absence même du prénom semble indiquer qu'il s*agit du grand orateur. D'ailleurs nous savons que Cicéron se fit quelquefois l'éditeur des poètes de son temps ^, Sans doute, il a combattu avec force dans ses écrits la doctrine épicurienne ; mais il ne devait pas avoir d'aversion pour un auteur qui avait imité * son po^ue des Phénomènes, et qui, plus d'une fois, a fait allusion à sa victoire sur Catilina. Enfin quelques lignes trop courtes d'une de ses lettres à Quintus sont d'accord avec l'opinion qu'il a revisé le poème de Lucrèce. D'après ce passage , dont le texte est très controversé, il semble qu'il ait communiqué à son frère l'œuvre du poète et qu'il réponde aux observations de Quintus : « Oui, tu as raison dans ce que tu m'écris sur le poème de Lucrèce ; beaucoup d'éclairs de génie, et cependant beaucoup d'art '. » Cette lettre est de 56 (699), ce qui se rapporte à la date de la mort de Lucrèce, telle que la donne saint Jérôme (57). Lucrèce fut certainement en rapport avec les hommes et les écrivains considérables de son temps. Il eut pour ami particulier G. Memmius Gemellus que Catulle, nous l'avons vu, accompagna dans son gouvernement de Bithynie. C'est à Memmius que Lucrèce dédie son livre, et il témoigne pour lui une amitié pleine d'effusion. Memmius, issu d'une illustre famille, neveu de ce Memmius auquel Salluste prête un discours violent contre la noblesse, fut lui-même un orateur âpre et fougueux. Il attaqua LucuUus, le vain-