Voir Morceaux traduits des poètes latins, p
3. Voir Morceaux traduits des auteurs latins, la mort de Didon, p. 226-228.
sodés : l'étendue de son sujet s'explique par l'impuissance d'en développer un d'une durée médiocre. Remarquons cependant que, sur les sept années qu'embrasse VÉnéide, six n'y entrent que sous forme de récit : le tableau de la' prise de Troie, les voyages d'Énée sont en dehors de la fable même du poème; ce qui fait le fond du sujet est resserré dans l'espace de quelques mois.
Dans les six premiers livres, Virgile était servi par ses lectures, soutenu par le souvenir et l'imitation d'Homère, des tragiques, et d'autres poètes aujourd'hui perdus, tels que Pisandre, contemporain du vn^ siècle, auquel, selon Macrobe, est emprunté le tableau de la prise de Troie; tels que les poètes cycliques, continuateurs d'Homère, surtout ceux qui avaient raconté les retours des chefs (vodxoi). C'est aussi la partie la plus riche et la plus intéressante du poème. L'auteur de Y Enéide, comme celui de Y Odyssée, nous jette au cœur même du sujet. Son héros, qui touchait les côtes de la Sicile, est rejeté stir les rivages d'Afrique par une tempête qu'a suscitée la haine de Junon *. Les naufragés sont accueillis avec bienveillance par Didon, occupée à fonder Carthage ', comme Ulysse est accueilli par Alcinoûs. Tel est le sujet du premier livre.
Par une autre imitation d'Homère, le second et le troisième livre nous font remonter aux années précédentes : de même qu'Ulysse raconte au roi des Phéaciens ses voyages depuis la chute de Troie et les malheurs dont le frappe la colère de Neptune, Énée expose à Didon les tableaux les plus dramatiques de la prise de Troie, le célèbre stratagème du cheval de bois, la mort de Làocoon ', l'entrée dans la