Enéide
?. Voir Morceaux traduits^ p. 219-223.
fait descendre son héros, conduit par la sibylle de dîmes. Ce livre, justement admiré, présente un singulier et inconciliable mélange des légendes païennes sur l'autre vie avec les idées pythagoriciennes sur la transmigration des âmes. Un sentiment patriotique explique l'introduction de cette doctrine : elle permet à Anchise, qu'Énée a rencontré aux Champs-Elysées, de prédire à son jRls la grandeur de Rome et de lui montrer, prête à s'élever à la lumière du jour, la longue suite de ses descendants, depuis le fondateur d'Albe jusqu'au jeune Marcellus^ dont il pleure la mort prématurée.
Le sixième chant de VÉnéide a inspiré la Divine Comédie de Dante, et Fénelon, en l'imitant dans son Télémaque, a donné aux conceptions sur la vie future plus d'unité, de profondeur et d'élévation.
Avec le septième livre et Tarrivée des Troyens sur les bords du Tibre commence la seconde partie du poème, ce qu'on a pu appeler la seconde action. Aux voyages succèdent les combats, mais, il faut Tavouer, les batailles de VÉnéide sont loin d'avoir la vie, la variété, l'intérêt puissant de celles dé V Iliade. L'attention du lecteur a besoin pour se soutenir de rencontrer les touchants épisodes de Nisus et Euryale *, d'Evandre et Pallas * , de Mézence et Lausus , de Camille , ou cette description du bouclier d'Enée , complément du récit d'Ancliise, tableau majestueux de l'histoire et de la grandeur future de Rome.
Voici les faits principaux qui, en dehors des épisodes, remplissent ces six derniers livres. Au septième, ce sont les négociations entre les Troyens débarqués et le roi des Latins, Latinus, négociations troublées par Junon, qui souffle la guerre. Des deux