Sat, II, IV
porter à Rome, pour être initié à toutes les études que les chevaliers et les sénateurs font suivre à leurs enfants, et fut lui-même pour le jeune homme le plus vigilant, le plus incorruptible des gouverneurs *.
Il n'y avait point alors d'éducation complète sans un voyage en Grèce. Après les leçons des maîtres les plus renommés de Rome, Horace alla chercher à Athènes plus de délicatesse et d'élégance et s'instruire de la vérité sous les ombrages de l'Académie *.
Il vivait làrdepuis deux ans, lorsque commença la guerre entre les triumvirs et les meurtriers de César (44). Brutus, qui recrutait une armée contre l'héritier du dictateur, entraîna dans son parti le jeune homme, dont sans doute il avait distingué les talents, et lui donna le commandement d'une légion avec le titre de tribun militaire. Horace parcourut ainsi , avec Brutus, la Macédoine et TAsie Mineure. Il assistait à la bataille de Philippes (42), et, comme il le raconte en souriant dans une ode, il jeta son bouclier et prit la fuite ^. Ajoutons qu'il ne fut pas le seul, et que sans doute il sauva sa vie quand il n'était plus utile de la perdre. On l'a dit avec raison * :
Il a pu combattre courageusement jusqu'au moment de la déroute ; sa fuite a été la conséquence naturelle de toute défaite, et il n'était pas lié assez intimement à la cause de Brutus, pour que l'honneur lui commandât de chercher la mort.
Après l'amnistie proclamée par les vainqueurs, Horace revint à Rome; dépouillé probablement de
1. Sat., 1, VI, vers 71 et suiv. — Voir Morceaux bniduitsdes auteurs latins, p. 283, 284.