De Republica, IV
n'est donc qu'une caserne; les droits naturels de la femme, de Tenfant y sont méconnus ; il faut former des soldats; la famille, comme tout le reste, est sacrifiée à l'intérêt militaire. Rien de semblable à Rome, où la législation s'est ftiite d'après les mœurs. L'enfant s'élève avec la mère et les esclaves, partageant, dès que ses forces le permettent, les travaux de l'agriculture. En se livrant à cette industrie de la paix, la seule que connût le citoyen, il se préparait à cette autre industrie de la guerre qui faisait vivre le particulier et enrichissait l'État. Le Champ de Mars était sa seule école, la discipline domestique et le pouvoir absolu du père répondaient de son éducation morale ; à l'armée la discipline des camps lui conservait les habitudes d'obéissance qu'il avait puisées dans la famille. Quand le plébéien savait conduire la charrue, élever ses troupeaux, manier les armes, ne prendre ou, selon l'expression naïve du serment militaire, ne voler* que ce que la loi lui accordait, et rapporter le butin à la masse commune, son instruction était complète; son éducation morale consistait à respecter l'autorité dans sa famille et dans l'État.
Le patricien n'était guère plus avancé. Cependant il recueillait dans les conversations domestiques les traditions de famille qui se conservaient avec un soin religieux, le nombre de ses clients, ses devoirs de patron, les cérémonies des sacrifices publics et privés. Dans les premiers temps de Rome, il assistait avec son père aux délibérations du sénat; il apprenait à connaître les lois peu nombreuses qu'il devait ensuite appliquer, à figurer avec décence dans les pompes des triomphes et les autres cérémonies publiques. Peut-être, d'après un témoignage peu affirmatif de Tite-Live et de Cicéron, allait-il puiser chez les Etrus-