Aulu-Gelle. Nocles atlicse, XVI
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ques la science des augures et celle de Texplication des prodiges.
Sans doute, bien avant les guerres puniques, il dut exister à Rome, comme dans les villes des Latins, des écoles élémentaires; il suffît de rappeler l'histoire de Virginie, déjà grande, conduite par sa nourrice à une de ces classes établies autour du Forum ; l'anécdote-du maître d'école de Paieries n'est pas moins connue. Mais, pour trouver de véritables études, s'élevant au-dessus de l'enseignement de la lecture, de l'écriture et du calcul, il faut arriver au siècle où Rome entre en rapports directs et journaliers avec la Grèce, où l'esclavage et l'affranchissement introduisent à Rome les maîtres grecs, les œuvresde la littérature grecque, les commentaires, les traductions, les imitations de la littérature grecque. L'histoire des Livius Andronius, des Naevius, des Ennius, des Térence nous a fait voir cette invasion, que les vieux Romains eux-mêmes, tels que Caton, subissaient tout en protestant contre elle. C'est en vain que le sévère censeur fit porter un décret qui chassait de Rome les rhéteurs grecs (161) ; c'est en vain que, soixante-dix ans plus tard, un décret de Crassus fermait aussi les écoles des rhéteurs latins. Tous ces maîtres, recueillis dans les familles à titre de précepteurs, continuaient à donner leurs enseignements, jusqu'à ce que des censeurs plus indulgents leur permissent de rouvrir leurs cours. Et, en vérité, une société civilisée ne peut priver l'élite de sa jeunesse de ces études générales qui ne fournissent pas sans doute des connaissances matériellement applicables, mais qui forment l'esprit avant de le charger, et qui perfectionnent, avant tout emploi pratique,, l'instrument même, cet instrument vivant qu'on appelle l'homme, intelligence, sensibilité, volonté.
Pour atteindre ce but, les Romains ne virent rien de mieux à faire que ce qu'avaient fait les Grecs, que
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ce que font encore les nations modernes, quand le besoin ne presse pas les enfants de songer à l'existence matérielle, et quand, destinés à des professions plus élevées et d'un intérêt non plus individuel, mais social, ils n'en peuvent entrer en possession que dans un âge plus mûr, avec des garanties de savoir et de compétence. Ils développèrent l'intelligence par l'étude approfondie du langage et par la comparaison féconde du grec avec le latin ; ils développèrent le sentiment moral par la culture des lettres, fournissant en même temps un instrument de puissance au dedans par l'étude de l'éloquence, et de gouvernement au dehors par la connaissance de la langue que parlait le monde macédonien, dont Rome recueillait l'héritage.
Éducation dans le dernier siètle çle la république. — Le litterator. — , Le grammaticus . —
C'est pourquoi, dans^le dernier 'siècle de la république, on distinguait, chez l^.Romain^ trois degrés d'enseignement. Le litterator^ comme nos instituteurs primaires, initiait les j^iw^ts aux premiers éléments de la langue et du calcul^ g')tjammaûcus avait une tache beaucoup plus étendue~^ue ne le ferait supposer chez nous le nom de gramn^irien, ];ar, chez lui-, l'enfant, outre les règles de la grainmaire latine et de la grammaire grecque, apprenait la métrique et la prosodie, s'exerçait à parler et à écrire convenablement les deux langues, en étudiait les étymologies ; il prenait connaissance des deux littératures et de tout ce qui était nécessaire pour les comprendre, mythologiç, histoire, géographie, chronologie. Le grammairien enseignait encore à lire avec intelligence, art qui devenait de jour en jour plus important, à mesure que la vie de l'homme de lettres et les lectures publiques, seul moyen d'obtenir un succès populaire, se multipliaient chez les Romains. 11 donnait de plus des
leçons de critique philologique et littéraire. Enfin il préparait par quelques exercices de style aux études qu'on faisait chez le rhéteur. Ces exercices étaient des narrations en style simple, des traductions ou imitations en prose de morceaux de poésie, des pensées générales, des anecdotes et citations propres à être employées plus tard comme preuves, des portraits et des caractères. Quintilien, à qui nous devons ces détails S nous apprend que les rhéteurs latins dédaignaient ces exercices et laissaient même aux grammairiens les discours du genre démonstratif ou épidictique ; mais les rhéteurs grecs, fidèles au caractère de leur nation et amoureux de l'art, même indépendamment de toute application, se plaisaient à déployer dans cet enseignement l'esprit d'analyse et de finesse que le peuple grec a souvent poussé jusqu'à la subtilité.
Le rhéteur. — L'enseignement du rhéteur embrassait plus particulièrement l'art romain par excellence, l'art oratoire étudié dans ses procédés, dans ses méthodes, dans ses chefs-d'œuviie, pratiqué dans toutes ses parties, et non seulement par la composition, cet . excellent maître de la parole *, selon l'expression si vraie de Cicéron, mais par des exercices oraux, dont les orateurs, même les plus expérimentés, ne perdaient jamais l'habitude. Ces exercices oratoires de composition et de diction s'appelaient déclamations. Les sujets de ces développements écrits ou oraux étaient variés : c'étaient tantôt des lieux Jbmmuns, c'est-à-dire de ces idées générales que l'orateur doit soiuvent traiter dans un plaidoyer ou dans un discours