Médée, v
5. Études de mœurs et de critique su décadence, t. I, p. 84 et suiv.
De part et d^autre, c'est la même profusion de phrases courtes, laconiques, d'antithèses spirituelles, portant sur les mots encore plus que sur les choses, de petites pensées brillantes, à moitié vraies, souvent déterminées par des ressemblances d'orthographe, par le choc d'un dérivé et d'un composé, par des analogies de radicaux et de terminaisons, jeux de la mémoire bien plus que fruits de la réflexion. Dans les dix tragédies il y a des dialogues entiers qui ne sont qu'un échange, entre deux interlocuteurs, de sentences philosophiques enfermées dans un vers, et qui, citées à part, hors de leur place, passeraient facilement pour de petits lambeaux détachés des écrits philosophiques.
Enfin, les tragédies, par leur composition même, sont vraiment des œuvres de philosophe et de rhéteur. Il n'y faut chercher ni action, ni intrigue, ni lien entre les scènes, ni gradation dans l'intérêt. Tout se passe en longs monologues, dont un seul forme quelquefois tout un acte, en descriptions sans fin, en pompeuses déclamations, semblables à celles des écoles, et où deux personnages défendent aussi les deux thèses opposées. Ainsi Antigone soutient qu'il y a de la vertu à survivre à ses malheurs ; Œdipe soutient que c'est une sottise. Le chœur dans ces tragédies joue un rôle ridicule. Évidemment ces ouvrages étaient destinés aux lectures publiques; de telles pièces ne seraient pas supportables sur la scène.
Voici les titres de ces tragédies dans l'ordre où elles nous sont parvenues :
1^ Hercule furieux^ même sujet que la tragédie d'Euripide qui porte le même nom.
2° Thyeste, emprunté sans doute à trois tragédies de Sophocle : Atrée ou les Mycénien's, Thyeste àSicyone, le second Thyeste^ dont il ne reste que des fragments. Crébillon a imité Sénèque dans son Atrée et Thyeste.
3° VBippolyte, qu'on a souvent rapproché de
Y Hippolyte porte-couronne d'Euripide et de la Phèdre de Racine.
4° Œdipey pièce non moins connue pa chements avec V Œdipe roi de Sophocle ( Corneille *.
5° Les Troyennes, imitation de la prem ïHécube d'Euripide et de la tragédie d du même poète. C'est la pièce la plus rei Sénèque.
6° Médée, empruntée aussi à Euripide ' la première tragédie dans laquelle s'ann Corneille (1635) est une Médée,
7° Agamemnon, dont le nom rappelle partie de VOrestie, célèbre trilogie d'Esch a fait peu d'emprunts à la tragédie g avons cité une prophétie remarquable c qui voit et raconte, par un effet de do crimes dont le palais est le théâtre ^
8° Hercule sur rOEta, imitation des :
de Sophocle et de Y Hercule furieux d'Eui
9° Deux scènes d'une Thébaïde, dont tient à un Œdipe à Colone (362 vers) e Phéniciennes d'Euripide (302 vers).
10° VOctavie, tragédie prétexte, dans lî Sénèque lui-même, et qui fait allusion l Néron, postérieure de trois ans à la mort est évidemment d'un siècle postérieur, l destinée de la malheureuse épouse de essayé en vain d'assigner à cette pièc déterminé. On remarque * qu'elle ne ]