‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 287 sur 433 · Teuffel, Hist. de la littér, romaineyi. II, p · texte numérisé non relu

Teuffel, Hist. de la littér, romaineyi. II, p

l'abondance habituelle du style des tragédies de Sénèque et qu'elle ne se borne pas, comme elles, à trois acteurs. Le langage et la versification présentent aussi de nombreux disparates.

Les tragédies de Sénèque ont été beaucoup lues et beaucoup imitées par nos auteurs dramatiques depuis le XVI® siècle. Robert Garnier et tous ses successeurs s'en sont nourris; Corneille et Racine, ainsi que les poètes du XYiii* siècle, Voltaire, Crébillon, ont puisé plus d'une fois à cette source. On peut dire que notre théâtre classique, et surtout celui de Corneille, a pris à ce contact quelques-uns de ses défauts, de la subtilité déclamatoire dans le monologue, l'abus de ce ressort théâtral, et aussi trop de virilité dans le ton et les sentiments des personnages de femmes. Cependant nos poètes ont dû aussi à ces tragédies de belles inspirations, de la vigueur et de l'éclat dans les dialogues, des traits fiers et soudains. C'est le caractère de Sénèque dans sa prose comme dans ses vers; c'est celui de toute son école, et de son neveu Lucain, dont nous étudierons bientôt le poème.

Pomponius Secundus. — Mais, avant de passer à un autre genre littéraire, nous devons signaler encore un poète, Pomponius Sçcundus, qui vécut sous Tibère et sous Caliguîa. Quintilien déclare qu'il était le premier tragique de son temps :

De ceux que j'ai vus, le premier de beaucoup était Pomponius Secundus, que les vieillards trouvaient peu tragique, tout en reconnaissant sa science et son élégance *.

Pline l'Ancien, Tacite, l'auteur du Dialogue des orateurs, le citent plus d'une fois. Pomponius avait joué

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