Silves, 11, 7, Genethl
blessé se vengea par des épigrammes. Néron riposta en interdisant à Lucain les récitations et les plaidoi-. ries *. C'est alors que le poète, privé des triomphes j bruyants qui l'enivraient, se livra tout entier à la ( composition de ce poème, dont les premiers livres étaient déjà connus et avaient été sans doute déclamés dans les lectures publiques.
Si Ton compare au début de l'ouvrage les livres qui suivirent et qui ne furent pas publiés du vivant de l'auteur, on y trouve un changement de ton et de sentiments que la disgrâce de Lucain et l'irritation de sa vanité blessée expliquent sans peine. Le poète commençait son poème en déifiant l'empereur; toutes* les horreurs, tous les crimes des guerres civiles lu paraissaient compensés par son avèneuneiit :
Si les destins, s'écriait-il, ne trouvaient pas d'autre moyen pour nous donner Néron, s'il a fallu les cruelles guerres des géants pour que le ciel devînt Fesclave du maître du Tonnerre, dieux supérieurs, nous cessons de nous plaindre; les criiiies mêmes et l'impiété nous plaisent payés d'un tel prix. — Rome, ajoutait-il, doit beaucoup aux guerres civiles, puisque toutes, ô Néron, préparaient ton règne!
Puis il célébrait l'apothéose future de l'empereur :
Toutes les autres divinités s'effaceront devant Néron; à lui de savoir quel dieu il veut être, où il veut placer l'empire du monde. Mais qu'il ne choisisse pas une région du ciel trop éloignée de l'Itahe, qu'il ne jette pas sur sa Rome des feux obliques, qu'il plane sur elle dans toute la plénitude de son astre!
Si l'on en croit un ancien, Néron fut moins sensible aux prodigieuses hyperboles de ce morceau, qui ne compte pas moins de trente-trois vers, qu'au mol