‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 313 sur 433 · Ibid., V. 38 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., V. 38 et suiv

Tautre. Or, Pompée, qui se retire toujours devant César, qui ne paraît dans la guerre que pour être vaincu et pour fuir, joue en somme, malgré ses discours vaniteux, un fort médiocre rôle : cependant c'est à lui que le poète prête, tous les nobles sentiments, toutes les vertus, tout Théroïsme. Il n'a pas assez d'hyperboles pour célébrer les triomphes passés de ce médiocre général qui partout, en Espagne contre Sertorius, en Italie contre les esclaves, dans la Méditerranée contre les pirates, en Asie coatre Mithridate, a recueilli le fruit des victoires de ses prédécesseurs, et, suivant l'expression de Lucullus, « s'est abattu comme un vautour sur les corps abattus par d'autres pour faire sa proie des débris qu'ils lui laissaient * ». C'est Pompée qui est populaire * ; son camp est celui de la patrie ^. S'il abandonne précipitamment l'Italie, les dieux l'ont voulu ; ils veulent cacher sous un ciel étranger le crime qui se prépare, ils épargnent k Rome la douleur de voir ses campagnes souillées du sang de son héros *.

Plus on avance dans le récit, plus la cause de Pompée se confond avec celle du droit et de la liberté. Un soldat, nommé Scéva, meurt héroïquement en combattant pour César : « Malheureux, s'écrie le poète, fallait-il employer tant de vertu à te donner un maître ^! » Avant Pharsale il apostrophe ainsi Pompée :

Soit que la seule renommée transmette aux siècles ces événements, soit que ce fruit de mes veilles contribjie à

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