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étrange contradiction, sans cesse il les accuse et les insulte.
Malgré ces inconséquences et ces contradictions habituelles au poète, il est certain que le fond de sa doctrine, c'est la croyance èi la fatalité stoïcienne, divinité vague et impersonnelle, qui ne saurait intervenir dans les affaires humaines. Il semble donc que le surnaturel devrait être toujours absolument banni de la Pharsale, ou tout au moins que Lucain n'aurait dû y faire paraître que cette puissance aveugle et inévitable du destin, qui chez les tragiques grecs et chez Hérodote domine les événements et frappé les hommes. Mais Lucain trouvait dans les légendes religieuses de la Grèce et de Rome, dans les souvenirs d'Homère et de Virgile, l'occasion de beaux tableaux poétiques; il n'a pas résisté au plaisir d'introduire ces développements peu conformes à l'inspiration générale du poème et à la sincérité d'un drame presque contemporain.
Le merveilleux chez lui est de deux sortes : tantôt c'est ce merveilleux allégorique qui consiste à personnifier des idées, telles que la vertu, la liberté, la concorde, la patrie; tantôt ce sont des visions, des oracles, des évocations, des enchantements, ou même des scènes de la vieille mythologie, que les poètes exploitaient toujours sans y croire.
Le merveilleux allégorique, dont Voltaire a beaucoup usé dans la Henriade^ est bien froid, bien peu intéressant. Le plus bel exemple qu'en présente la Pharsale est celui de la Patrie, qui apparaît à César sur les bords du Rubicon *. Les vers sont majestueux, ils devaient soulever les applaudissements d'un auditoire ; mais cette apparition est-elle autre chose qu'une figure de rhétorique? Le poète y tient si peu qu'il ne nous dit même pas ce que devient cette femme « à la