Prolog., V
n'est-il pas le père de Linus? Une Muse ne donna-t-elle pas le jour à Orphée *?
11 est donc bien né sur le mont Piérus, c'est-àdire dans la Macédoine ou danslaThrace; car si cette montagne appartenait depuis longtemps à la Macédoine, elle avait autrefois fait partie de la Thrace, et Phèdre avait le droit de se donner comme le compatriote de Linus et d'Orphée.
Phèdre, sur le titre de son livre, se désigne comme affranchi d'Auguste : Phœdn Augmti liberti fabularum ^sopicarum libri. Mais le nom d'Auguste est commun à tous les empereurs : quel fut celui qui donna à Phèdre la liberté? L'opinion générale veut que ce soit Octave Auguste. On a même raconté sur le ton d'une complète certitude que le jeune homme, vendu comme prisonnier de guerre à la suite d'une campagne d'Octavius, père d'Auguste, en Macédoine, fut transporté à Rome, élevé par les soins d'Octave, instruit dans les lettres latines, et affranchi par son maître, que charmaient les qualités de son esprit et de son cœur. Ce sont là d'ingénieuses conjectures que rien n'autorise à convertir en faits positifs. Sans doute l'éducation de Phèdre a été savante : les souvenirs, les imitations qu'on reconnaît souvent dans ses fables prouvent qu'il a été initié de bonne heure à Pétude des écrivains de la Grèce et de Rome : il traduit les premiers vers de la Médée d'Euripide *; il parle avec admiration de Simonide ' et de Ménandre *; il fait allusion à V Enéide ^ ; il connaît même les vieux écrivains latins; il leur emprunte çà et là quelques exprès-