‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 336 sur 433 · m, Prolog., V · texte numérisé non relu

m, Prolog., V

6i6 HISTOIRE DE LA LITTERATURE ROMAINE

même * >. On a indiqué la fable des Grenouilles qui se plaignent à Jwpiter du mariage du Soleil ^; Séjan se serait cru attaqué dans son projet de mariage avec la veuve de Drusus; il aurait été blessé de l'exclamation des grenouilles : a Que sera-ce s'il a des enfants! » On a désigné encore la fable de VAne et le Vieillard ^. Cette maxime de l'âne : « Notre ennemi, c'est notre maître, » aurait déplu au pouvoir. Il semble .que la fable des Grenouilles qui demandent un roi*^ aurait plutôt fourni prétexte à une accusation. Quoi qu'il en soit, le fait de la condamnation existe. Mais quelle fut cette condamnation? et comment Séjan a-t-il pu l'obtenir à la fois comme accusateur, comme témoin et comme juge? Les causes des affranchis et des procurateurs des princes se jugeaient dans un tribunal de famille * ; Séjan pouvait déférer à l'empereur un des affranchis de sa maison comme coupable d'ingratitude; en témoignage, il apportait les fables qu'il interprétait à sa manière; enfin, comme Tibère ne voyait et n'agissait que par lui, le puissant ministre, après avoir intenté l'accusation, produit les preuves, se trouvait encore avoir prononcé le jugement.

Peut-être la peine qui frappa Phèdre fut-elle un retour à la servitude : en lisant avec soin l'épilogue du troisième livre, on est fortement tenté de le croire. Le poète, après la disgrâce de Séjan, réclame l'appui d'Eutychus, personnage influent qu'on a souvent

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