Voir Morceatuc U^aduils, pages o6i-u
imitation de La Fontaine. L'ouvrage d'Apulée réunit les qualités et les défauts des écrivains de l'Afrique : l'imagination, vive, puissante, est quelquefois déréglée; le style hardi, coloré, éclatant, est souvent contourné et précieux; quoique l'auteur manie habilement le latin, il y a, comme on Ta dit *, chez lui, un parfum exotique ; les figures de rhétorique abondent, l'abus du pathétique est souvent choquant. Comme chez Aulu-Gelie et chez les écrivains postérieurs, on voit que la langue latine se décompose par le mélange avec les idiomes de la Grèce et de FOrient.
Les trois autres livres, dont l'importance est moindre, sont le Livre de V univers {de Mundo)^ traduction libre d'un ouvrage de Théophraste, l'opuscule Sur le Dieu de Socrate {de Deo Soci'atis), exposé de la doctrine platonicienne sur la divinité et sur les démons. Saint Augustin l'a réfuté avec violence. L'ouvrage intitulé Sur la Doctrine de Platon (de Dogmate Platonis) est divisé en trois livres, dont le dernier renferme beaucoup d'emprunts à la logique d'Aristote.
On a mis sur le compte d'Apulée un grand nombre d'autres ouvrages, dont l'authenticité est douteuse. Tous ceux que nous avons énumérés ont des caractères communs de pensée et de style : c'est une verve qui déborde souvent, une imagination qui n'a pas de règle, un style brillant, mais enflé, bizarre et plein de tournures et d'expressions barbares.
A côté de ces rhéteurs dont les ouvrages s'écartent de plus en plus pour la pensée et pour le style des traditions de la littérature latine, se placent, comme nous l'avons annoncé, des écrivains spéciaux qui, chacun dans son genre, ont conservé le sérieux de l'esprit romain et même la simplicité saine de la langue du bon siècle.
1. Teufifel, Histoire de la littérature grecque, t. lU, page 50.
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Frontin. — Nous citerons d'abord Frontin (Sextus- Julius Frontinus), grand capitaine et habile ingénieur, qui a honoré par ses talents, par ses vertus et par sa modestie les hautes dignités dont il a été revêtu.
Frontin, que Tacite cite souvent avec respect, est né vers 40 et sa vie s'est prolongée jusqu'à 103. Cette dernière date est fixée par un fait historique : Pline le Jeune fut nommé augure en 103 ou 104, et il succé« dait à Frontin.
Frontin fit à plusieurs reprises la guerre en Gaule et en Bretagne. Préteur urbain, puis une première fois consul sous Domitien , il succéda ensuite à Céréalis dans le commandement des armées de Bretagne et soumit le pays des Silures. Il est probable qu'il prit part aussi à une expédition contre les Gattes. Il fut une seconde fois consul sous Nerva en 97, et il partagea encore cet honneur avec Trajan en 100; il avait été chargé en 97 de l'importante fonction d'intendant des eaux de Rome' (cwra^or aquarum).
Frontin avait défendu qu'on lui élevât un monument. L'honnêteté, la simplicité de sa vie se reflètent dans ses écrits, qui sont tous le fruit de ses études et de son expérience et comme le complément de ses fonctions publiques.
Il nous reste des extraits d'un Traité d'arpentage composé sous Domitien. Son Traité de tactique y que nous avons perdu, est souvent cité par un écrivain postérieur, Végèce. Le traité Sur les Faux de la ville de Rome {de Aquis urbis Romœ\ divisé en deux livres, est plein de documents précieux pour l'histoire de l'architecture ancienne. Mais son principal ouvrage est celui qui a pour titre Stratagematon libri IIL II nous est parvenu , mais altéré par des interpolations et accru d'un quatrième livre, intitulé Stratagematica^ que le contraste de la méthode et du style rend justement suspect. Frontin, dans sa préface, n'annonce
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que trois livres; il étudie d'abord la tactique des« grands généraux dans la préparation de la bataille, puis il étudie les plans de bataille et ce qui suit la victoire jusqu'aux négociations et à la conclusion de la paix; son troisième livre est consacré à l'attaque et à la défense des places. C'est en général à l'histoire romaine qu'il emprunte ses exemples : il s'appuie habituellement sur César, Tite-Live, Salluste. Au livre III, il adopte la même division que Corn.-Népos et Valère-Maxime ; il range les faits par nationalité : histoire romaine d'abord (romana), puis histoire étrangère (externà) . Les interpolations se trahissent surtout par Tinhabileté de la main qui lesa rattachées à la trame de l'ouvrage. Le .quatrième livre, d'un style beaucoup plus moderne et souvent barbare, fait contraste avec la simplicité saine et lumineuse, avec la concision élégante des premiers.
Jurisconsultes. — Vu notre incompétence, nous ne dirons qu'un mot des célèbres jurisconsultes Julianus, Pomponius, Gaïus et Papinien. Salvius Julianus, contemporain d'Hadrien, réunit, sur l'invitation de ce prince, tous les édits des préteurs depuis la fondation de la république, et les publia en les classant par ordrfr de matières. Ses ouvrages de droit [Digesta) eurent longtemps une grande autorité. Après lui, Sextus Pomponius avait écrit une Histoire abrégée du droit et de la jurisprudence jusqu'à l'époque d'Hadrien; cet ouvrage a été joint au Digeste. Il continua à écrire j usqu'à une extrême vieillesse. Citons, après lui, Gaïus, né en Orient, qui vécut entre 110 et 180 et qui professa à Rome. Ses nombreux ouvrages étaient recherchés pour leur lucidité. Ses sept livres de Choses quoti" diennes (Rerum cotidianarum), surnommés livres d'or [aurei), et ses quatre livres d'Institutions {Institution num)y écrits vers 161, servirent d'introduction à la
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science du droit; leur clarté en faisait le manuel des étudiants et ils ont servi de base aux Institutes de Justinien.
Mais le plus célèbre de tous est Papinien (iEmilius Papinianus), qui fut le contemporain et Tami de Septime Sévère et que, sa fidélité à Géta, le second fils de Sévère , fit condamner à mort peu de temps après Tavènemeut de Caracalla (203). On admire la netteté et la sûreté de ses divisions, son respect absolu du droit et de la morale. Parmi ses ouvrages, les QuœstioneSyen 37 livres, et les Jtesponsajen 19 livres, étaient les plus importants. Les recueils de Justinien en ont beaucoup profité .
Premiers apologistes chrétiens. — Les auteurs que nous allons étudier maintenant ont une physionomie bien différente de celle des Fronton et des Aulu-Gelle. Ce ne sont plus des érudits qui fouillent complaisamment le passé, ou des rhéteurs qui vont promener partout leur éloquence de parade ; ce sont des hommes animés par des convictions ardentes, qui commencent à plaider, en face du monde romain, la cause d'une religion mal connue et calomniée. Elle a été déjà préchée dans la Grèce et en Orient par les apôtres et par les Pères qu'on appelle apostoliques. Dans notre histoire de la littérature grecque nous avons tracé le tableau de cette première période *. En Occident, la littérature chrétienne commence avec les apolégistes^ et dans la période dont nous achevons Thistoire, nous rencontrons déjà deux noms importants, ceux de Minucius Félix et de Tertullien.
Minucius Félix. — Minucius Félix est désigné comme un célèbre avocat de Rome. Son livre, inti-