Troisième édition, pages 6i0 et suiv
tulé Octavius^ est un dialogue entre trois personnages au sujet de la religion nouvelle. Deux d'entre eux, Caecilius Natalis et Marcus Minucius, vivent à Rome; Octavius, qui représente les croyances chrétiennes, habite la province. L'entretien a lieu près d'Ostie, au bord de la mer.
Caecilius accuse le christianisme de ruiner la religion des ancêtres, de porter atteinte à la morale et aux usages reçus. Octavius répond en opposant au polythéisme grossier le dogme de l'unité de Dieu, en mettant en regard la décomposition morale de la société païenne, telle que nous l'ont peinte les Juvénal et les Martial, et cette foi ardente, cette pureté, ces vertus de la société nouvelle. L'auteur est plein d'enthousiasme, quand il peint la noble assurance des chrétiens, leur iîère résistance aux menaces et aux promesses, leur détachement de la vie. Jésus-Christ, c'est la lumière de la sagesse et de la vérité, Iwc sapieniiie et veritatis, Minucius traite avec délicatesse les principaux dogmes chrétiens, mais il n'aborde pas la doctrine de la Trinité et du Verbe.
Son style se ressent de l'époque par une certaine recherche; cependant il est beaucoup plus naturel, plus simple et plus correct que celui de Fronton, d'Aulu-Gelle et d'Apulée. Il y a souvent chez lui de l'esprit, du goût et une véritable éloquence.
TertuUien. — Un autre apologiste du même temps, Tertullien (T. Septimius Florens Tertullianus), né à Carlhage vers 160, mort en 230, diffère beaucoup de Minucius par le caractère de ses écrits et de son style. Ce qui frappe surtout chez lui, c'est l'ardeur de la passion, le sombre éclat du langage, la profondeur et l'originalité des pensées. Les défauts qui se mêlent à ces qualités, la subtilité, la rudesse, l'obscurité, tiennent en partie à l'ardeur du sang africain et font
partie de son originalité. M. Teuflfel * a très bien caractérisé Tertullien :
La lutte, dit-il, tel est son véritable élément. Presque tous ses écrits sont des ouvrages de controverse, soit polémique, soit apologétique. U défendit d'abord le christianisme contre ses persécuteurs et ses détracteurs, surtout dans son Apologeticus; mais son âme enthousiaste trouva, au sein même du christianisme, un puissant aliment dans la doctrine de Montanus. Séduit par le rigoureux ascétisme de cette doctrine et par sa propension aux visions étranges, Tertullien s'en fit le champion en Occident, sans cependant méconnaître, grâce à son esprit pénétrant, la nécessité d'en modérer la discipline par trop sévère. Tous ses écrits se ressemblent par le ton et le caractère : on y admire la profondeur et la richesse des idées, rendues souvent, il est vrai, avec trop de négligence; la force des raisonnements, qui dégénèrent parfois en subtilités, le style éloquent et nerveux, mais souvent obscur à force d'énergie et de concision.
Fils d'un centurion, Tertullien resta païen jusqu'à l'âge de trente-cinq ans. Ce fut alors que le spectacle de la constance et de la foi enthousiaste des martyrs le convertit au christianisme. Son Apologétique (Apo* logeticus) est le plus éloquent de ses nombreux écrits. Il y discute avec force et profondeur les. accusations portées contre les chrétiens dans leurs rapports avec l'État. Il connaissait et il a repris plus d'une fois les arguments déjà développés par saint Justin en grec et par Minucius. Sa polémique est vive et incisive; le style, original et brillant, n'échappe pas aux défauts que nous signalions tout à l'heure.
Pendant un séjour qu'il fit à Rome, vers 204, il fut témoin des jeux donnés au cirque par l'empereur
1. Hist. de la litt. romaine, t. III, p. 62, trad. de MM. Bonnard et Pierson.
Septime- Sévère. A cette occasion, il composa son livre Sur les Spectacles (de Speciaculis), où il flétrit au nom de l'humanité, de la morale et spectacles cruels et infâmes, Romains des fêtes religieuses, cirque, disait TertuUien, c'est f et il interdisait sévèrement ai plaisirs. La même cause sera p due et de vigueur par saint par saint Augustin et par sain Citons encore, parmi les oe rables de TertuUien, le Témoi timonio animœ) et le livre Ce Judœos).
Contre les païens, TertuUien de Pâme qui se proclame natui appel énergique et original à la c timent de Tapologétique moden chrétien ont inspiré Targumentc prouve par Tinterprétation des te que Jésus de Nazareth est bie] eux *.
La nature enthousiaste et ] TertuUien le portèrent vers la !
les rêves millénaires annonçai monde et les joies de la Jéru préparer, Montanus et ses dis une discipline rigoureuse, s'i de la viande et du vin, faisî compromettaient par cet ascél gion et de la société chrétieni chefs de l'Église combattit ave excessives. TertuUien les a de