‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 417 sur 433 · Voir nos Morceaux traduits/ pa,ge · texte numérisé non relu

Voir nos Morceaux traduits/ pa,ge

les écoles. Ses quarante deux fables ésopiennes, en vers élégiaques, sont écrites sur le modèle de Babrius et de Phèdre. Nous avons parlé d'Avianus à propos de ce dernier fabuliste.

Prose. — Pendant cette longue période, Thistoire ne présente plus que des résumés, utiles parce qu'ils nous font connaître les événements principaux, mais sans valeur littéraire. C'est ainsi que nous avons, sous le nom à' Histoire Auguste, toute la série des règnes de trente empereurs, depuis Hadrien jusqu'à Numérien (117-284). Ces biographies, qui procèdent par petites phrases courtes et sèches, n'ont ni variété ni élégance; il n'y faut chercher aucun plan, aucune distinction entre les faits principaux et les détails insignifiants. La plupart sont l'œuvre de Spartien (yElius Spartianus)y contemporain de Dioclétien, et de Flavius Vopiscus, qui vivait sous Constantin le Grand.

Aurélius Victor. — Nous avons sous le nom d'Aurélius Victor, qui fut gouverneur de la Pannonie sous Théodose, une histoire Des Césars (De Cxsaribus), depuis César jusqu'à Constance, accompagnée d'un Epitome, qui s'écarte souvent de l'original et s'étend jusqu'à l'époque de Théodose. C'est une compilation indigeste, écrite dans un style prétentieux. L'épitomé n'a pas puisé aux mêmes sources que l'histoire, et la lecture en est plus facile. On conjecture que ces deux abrégés résument une œuvre plus considérable de l'auteur. On donne aussi sous le nom d' Aurélius Victor un De viris illustinbus, qui commence à Procas et s'arrête à Cléopâtre, et une Origine de la nation romaine {Origo gentis Èomanx), de Saturne à la mort de Romulus, œuvre dénuée de valeur et de bon sens.

Eutrope. — Eutrope (Eutropius), contemporain d'Aurélius Victor, a écrit sous Valens un Abrégé d'histoire romaine {Breviarium historiœ Jîomanœ)^ en dix livres, depuis Torigine de Rome jusqu'à Jovien. Ce résumé exact, mais sec dans les premiers livres, où rhistoire intérieure n'a aucune place, prend du caractère et de l'abondance à partir de l'époque impériale. On y trouve des portraits assez justes de Trajan, de Constantin, de Julien et de plusieurs autres empereurs. Plus tard, l'abrégé d'Eutrope a servi fréquemment de livre d'école.

Ammien Harcellin. — Un autre historien, Ammien Marcellin {Ammianus Marcellinus)^ originaire d'Antioche, après avoir servi dans de nombreuses expéditions en Asie et en Gaule et suivi en Perse l'empereur Julien, composa è. Rome, vers 390, une histoire de la période qui s'étend de Nerva à Valens [Rerum gesta^ rum lihri XXXI). Il ne nous reste que les livres 14 à 31, comprenant vingt-trois années, de 353 à 376 : heureusement c'est l'époque même de la vie militaire de l'auteur, il a été témoin des faits qu'il raconte. Ammien a un style prétentieux et barbare; la lecture de son histoire est très pénible; il^ est païen, et il professe une admiration enthousiaste pour Julien l'apostat *. Mais il montre de la droiture, de l'impartialité ; son jugement est sain, et on voit qu'il écrit d'après ses propres informations et ses sentiments personnels.

Érudits, compilateurs. — Les rhéteurs, les compilateurs, si nombreux sous les Antonins, continuent dans les siècles suivants à donner des recueils encyclopédiques, des traités de grammaire, de métrique, d'orthographe, des commentaires sur les anciens poètes.

1. Voir, dans nos Morceaux traduits, le récit des derniers moments de l'empereur Julien, page 517.

Nonius Harcellus. — Citons d'abord Noaius Marcellus, qui composa, vers 280, une sorte de lexique (Compendiosa doçirina per litteras), indigeste et sans critique, mais précieux par les citations qu'il renferme.

Hacrobe. — Un autre rhéteur, qui a beaucoup emprunté à Aulu-Gelle, Macrobe {Macrobius Theodosim), a composé, vers 400, un recueil en sept livres analogue aux Nuits attiques. Il Ta intitulé Saturnales (Saturnalia), parce que l'ouvrage est écrit sous la forme de conversations tenues pendant les festins des Saturnales. Le premier livre traite des fêtes et du cfidendrier romain; le second est un recueil d'anecdotes curieuses sur la vie romaine * ;les quatre suivants contiennent un examen critique de poésies de Virgile, où sont notés les emprunts qu'il a faits; le septième discute certaines questions de physique et de littérature. La latinité de Macrobe est médiocre, il copie souvent Sénèque et d'autres auteurs ; mais son livre est utile en raison des particularités qu'il nous apprend sur les Romains.

Nous avons aussi de lui un Commentaire sur le songe de Scipion de Cicéron, avec une exposition platonicienne du système du monde. On possède, en outre, un abrégé de son ouvrage Sur les différences et les rapports du verbe grec et du verbe latin {De differentiis et societatibus grœci latinique verbi).

Macrobe fut revêtu de hautes magistratures sous Théodose; il remplit les fonctions de préfet de la chambre sacrée {prœfectus sacri cubiculi). On croit qu'il se convertit au christianisme.

1. Voir, dans nos Morceaux choisis, page 580, Tanecdote sur ■ésar et Labérius.

Hartianus Capella. — Dans la même classe d'écrivains il faut ranger encore Martianus Capella, né^ comme Apulée, à Madaure en Afrique. Il a composé, vers 430, sous le nom de Satiricon, une sorte d'ency* clopédie en neuf livres, mélangée de prose et de vers comme les satires Ménippées de Varron. D'ailleurs Capella, outre le titre de Varron, lui a emprunté aussi un grand nombre de faits. L'ouvrage commence par un roman allégorique en deux livres, les Noces de la Philologie et de Mercure. Les sept autres livres ' sont consacrés aux sept arts libéraux : la grammaire, la dialectique, la rhétorique (le trivium du moyen âge), la géométrie, Tarithmétique , l'astronomie, la musique (le quadrivium). Le style de Tauteur ressemble à celui de son compatriote Apulée; il est obscur, rude et barbare. Son ouvrage, comme ceux de deux écrivains chrétiens, Gassiodore et Boèce, a été fort étudié dans les écoles du moyen âge.

Acron. — Parmi les nombreux grammairiens et commentateurs de cette période, nous citerons d'abord Helenius Acro, qui vivait vers 200, et qui composa des commentaires sur Térence, Horace et Perse; les scolies d'Horace qui nous sont parvenues sous son nom datent tout au plus du vii« siècle.

Porphyrion. — Pomponius Porphyrio, qui vécut de 200 à 250, est l'auteur d'importantes scolies sur Horace.

Terentianus Haurus. — Terentianus Maurus, de Mauritanie, contemporain de Dioclétien, avait composé un traité Sur les lettres, les syllabes et les mètres (De litteris, syllaàis^ metris). Nous possédons la partie qui traite de la métrique; l'auteur, en exposant les diflférents mètres, se sert du mètre même dont il est question.

Nous nommerons seulement d'autres auteurs de métriques, Juba (vers 300) et Marins Victorinus (vers 350). iËlius Donatus (vers 350) est connu comme commentateur de Térence ; nous avons aussi de lui un traité de grammaire.

Priscien. — Priscien (Priscianus), vers 500, mérite d'être signalé. Il a écrit en dix-huit livres des Institutions grammaticales {Listitutiones grammaticas), qui forment la grammaire la plus complète de l'antiquité. Cet ouvrage, avec les grammaires de Donat, de Gharisius et de Diomède, qui sont de la fin du iv® siècle, a été très répandu dans les écoles du moyen âge.

Végèce. — Nous avons nommé déjà, à propos de Prontin, l'écrivain militaire Végèce {Flavius Vegetius). Il vivait vers la fin du iv** siècle, sous l'empereur Valentinien II, auquel il a dédié son livre intitulé Epitoma rei militaris. C'est un résumé des écrivains antérieurs, divisé en cinq livres. Le premier traite des levées et exercices des soldats; le second, de la légion (ordonnance, armes, chefs); le troisième, de la tactique; le quatrième, de l'attaque et de la défense des places; le cinquième, de la marine. L'ouvrage, judicieusement composé, est concis, clair et instructif. Nous en avons cité, dans nos Morceaux traduits ^ un passage bien connu.

Palladius. — Il faut nommer encore l'agronome Palladius [Rutilius Taurus ^milianus), dont le traité [De re rustica)^ divisé en quatorze livres, n'est en grande partie qu'une compilation intelligente de Columelle et des agronomes grecs.

C'est une espèce d'almanach qui indique les travaux à faire mois par mois : douze livres y sont con-

Page 1