Miles gloriosus
laient parler latin, elles prendraient la langue de Plante. » Cicéron voit aussi dans les comédies du vieil auteur l'école de la bonne latinité. Le dialogue chez Plaute a une vivacité, une rapidité que nul n'a égalée chez les anciens ; chacun des mots met en saillie un des traits de celui qui parle ; la physionomie, le mouvement, le geste sont indiqués. Sans doute la verve du poète ne se maintient pas toujours dans la juste mesure; les plaisanteries grossières abondent, certains quolibets cyniques « à l'adresse des gradins supérieurs * >> devaient blesser la délicatesse des Scipion et des Laelius, comme ils ont blessé le goût raffiné d'Horace et de Quintilien. Mais l'élégance un peu froide de Térence ne suffisait pas à fixer l'attention du public
/romain ; Plaute était le poète chéri de la foule. D'ailleurs, que l'on retranche ces équivoques grossières, il
^ restera toujours chez lui beaucoup de verve et de comique; il faudrait ajouter à Térence du mouvement, de la gaieté, de la chaleur. C'est ce que fait notre Molière quand il imite ce poète, tandis qu'il semble puiser chez Plaute un surcroît de hardiesse et de verve. Térence est pâle à côté de notre grand poète comique ; Plaute soutient la comparaison avec lui.
Bibliographie : Naudet, Théâtre de Plaute^ Introduct'on. — Meyer, Éludes sur le théâtre latin. — Patin, Etudes sur la poésie latine^ t. Il, p. 224 et suiv. — G. Boissier, Qunmodo grœcos poetas Plautus transtulerit, thèse pour le doctorat, 1857.