‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 5 sur 433 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Première Période

ROME SOUS l'iNFLUENCE: EXCLUSIVE DE SES INSTITUTIONS

Caractères de ces premiers temps. — Quelque obscures que soient restées, malgré tant de discussions et de recherches, les origines de l'histoire romaine, un fait du moins y est certain : la ville de Rome s'est formée par l'amalgame des populations diverses qui se rencontraient entre le Tibre et le Liris. Sarts cesse recrutée par la guerre avec ses voisins et par l'adoption des vaincus, elle ne forme un peuple que par la force de ses institutions. Sb'n uwHé est dans la nécessité de la défense commune, par conséquent dans la discipline militaire, dans ce pouvoir absolu du chef que caractérise si bien le mot romain par excellence, imperium. La discipline est la condition même de son existence.

Obéir aux lois et aux chefs, travailler et se battre

pour vivre, telle est la morale du Romain; le courage est chez lui la vertu par excellence (virtus). Dans une pareille société, l'ensemble est tout, l'individu rien ; aussi tout ce qui tient à Torganisation sociale se développe assez vite. Les Romains ont pratiqué de bonne heure et poussé plus loin que tout autre peuple la science du droit et celle de l'administration. Quant à la culture de Tesprit et au développement intellectuel des facultés, Rome y songea quand elle n'eut rien de mieux à faire, comme le père de famille du vieux Gaton qui, à défaut d'autres occupations, fait nettoyer la maison ^

Premières traditions poétiques. — Chants des festins. — Chants funèbres. — Ce n'est pas que les traditions poétiques manquent absolument autour du berceau du peuple romain. On peut relever dans les écrivains latins le souvenir de certains usages, de certaines fêtes où' la poésie avait sa place. Gicéron, invoquant le témoignage de Gaton, mentionne l'habitude ancienne et depuis longtemps perdue de « chanter dans certains feslins les vertus des hommes célèbres^». Horace rappelle la môme coutume^Nous connaissons encore les chants en l'honneur des morts, neniœ, dont à l'origine les parents du défunt accompagnaient le cortège funèbre; plus tard on en chargea des pleureuses à gages, appelées prœficœ. On peut rapprocher des nenide les inscriptions tumulaires dont quelques-unes nous ont été conservées : la plus célèbre est celle de L. Gornelius Scipion, consul en 298 av. J.-G.

Chants des Arvales et des Saliens. — La religion

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