‹ Histoire de la littérature romaineChapitre 93 sur 433 · Vie d*Agricolay I · texte numérisé non relu

Vie d*Agricolay I

sulat. Plutarque y a beaucoup puisé, comme dans les mémoires de Rutilius. Cicéron vante la pureté et la douceur du style de Catulus. Quand Marius, maître de Rome avec Cinna, commença à frapper ses ennemis, Catulus n'échappa que par le suicide à la mort violente que lui préparait son ancien collègue (87).

Sylla. — Le dictateur Sylla avait aussi composé les Mémoires de sa vie, et nous croyons devoir les citer, bien qu'ils fussent écrits en grec. Il rédigeait le 22® livre au moment de sa mort. Il chargea son ami Lucullus de les publier. Son affranchi, Cornélius Epicadus, compléta l'ouvrage inachevé. Plutarque a puisé dans ces mémoires presque toute sa Vie de Sylla, et quelquefois il semble en reproduire presque littéralement le texte. On trouve aussi dans Cicéron et dans Aulu- Gelle quelques fragments de ce livre. L'ensemble n'a pas été plus épargné par le temps que les mémoires de Scaurus, de Rutilius et de Catulus. Pour trouver un modèle de ce genre, dont la littérature française possède tant de monuments, il faut arriver à César et à ses commentaires.

Nous sommes parvenus au terme de cette seconde période qui a vu naître et se développer, sous l'influence et par l'imitation de la Grèce, l'épopée, la tragédie et la comédie. La poésie lyrique n'a pas encore paru ; le génie romain n'était pas fait pour ce genre, qui vit d'imagination et d'idéal. Au contraire, la satire, inconnue à la Grèce comme forme particulière de poésie, s'est déjà élevée très haut avec Lucilius ; en effet elle convenait autant au caractère et au génie des Romains que l'ode et Télégie leur convenaient peu.

Ce qui manque en général aux poètes de cette période, c'est la sobriété, le poli, la délicatesse, l'har-

lîlStOIRÉ DÉ LA LITTÉRATURE ROMAINE

monie. L'épopée et la satire ne Fencontreron qualités avant Virgile et Horace. Quant à la il semble qu'elle n'ait vécu à Rome que par V des Grecs ; peu originale en elle-même, elle à la fin de cette période pour faire place au sanglants du cirque. La comédie a le même mime et la pantomime héritent de cet art, tro et trop raffiné pour une multitude qu'il faut par les yeux et qui n'est sensible qu'aux bouf les plus grossières et les plus cyniques.

Avec Plante et Térence la langue delà con est à peu près fixée. Quant à la prose littérai nous reste des orateurs et des historiens ne i met guère d'en juger. L'histoire, malgré le 1 raire qu'elle a pris, semble encore bien loin ( fection. L'éloquence, grâce aux grands intérêt citent, s'est élevée beaucoup plus haut. Caton, ques, Antoine, Grassus, ont été des orateurs f qui savaient dominer et entraîner la multi derniers surtout joignaient aux dons naturel gués et profondes études qu'ils ont cherch muler. L'influence des maîtres et des chef grecs est sensible aussi chez eux, bien qu i cachée, comme suspecte aux préjugés roma ron se déclare l'élève de Grassus. Il est probab ses chefs-d'œuvre oratoires aux discours de décesseur, il y avait beaucoup moins de disi des récits de Glaudius Quadrigarius à la puissante de Salluste et à l'exquise simpHci sar.

BiDLioORAPHiE : V. Le Clerc, Des journaux du mains. — Berger, Histoire de Véloquence latine, t 225; t. II, p. 198-266.

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