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Guerre de Jugurtha

2. La remarque appartient h M. Berger, Hist. de Véloq, romaine, t. H, p. 247.

niSTOinE DE LA LITTÉRATURE ROMAINE 177

cuse de s*être vendu à Jugurtha, il est certain qu'il se distinguait par son éloquence comme par ses talents militaires. Les Mémoires sur sa propre vie étaient divisés en trois livres ; Cicéron s'étonne qu'on ne les lise pas, malgré leur mérite et leur utilité.

Rutilius Rufns. — Tacite, qui les mentionne avec respect*, cite en même temps ceux d'un contemporain de Scaurus, L. Rutilius Rufus, qui fut revêtu aussi des plus hautes dignités, mais dont le nom rappelle surtout les plus nobles et les plus austères vertus. Gouverneur de la province d'Asie, il avait réprimé avec énergie les exactions des publicains. Ceuxrci, maîtres des jugements depuis G. Gracchus, n'eurent pas honte de l'accuser de concussions, et, malgré son innocence évidente, il fut condamné. Rutilius se retira en Asie, où il fut reçu avec transports par les habitants de la province, et se livra à l'étude des lettres. Plus tard, Sylla vainqueur voulut réparer cette scandaleuse injustice, et invita Rutilius à revenir à Rome ; celui-ci refusa, craignant sans doute de paraître approuver les proscriptions du dictateur. Il composa, entre autres ouvrages, une Histoire de Rome en grec et des Mémoires sur sa vie en latin. Plutarque s'appuie partout dans sa Vie de Marias sur le témoignage de Rutilius. Tite-Live montre plus de réserve, et admet que des ressentiments personnels aient pu quelquefois influer sur les jugements de l'historien.

Lutatius Catulus. — Un autre grand personnage de Rome, P. Lutatius Gatulus, collègue de Marius dans le consulat et véritable vainqueur de Verceil, avait écrit aussi, pour rétablir la réalité des faits que Marius altérait à son profit, une Histoire de son con-

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