CONTEMPORAINS ET SUCCESSEURS IMMÉDIATS DE PLAUTE
Il y eut, du vivant même de Piaule et dans les dernières
années du sixième siècle, un assez grand nombre de poètes
comiques, imitateurs du théâtre grec. Les fêtes publiques,
les jeux, les triomphes, les funérailles d'hommes illustres
(I) La traduction de ces fragments de Plaute est empruntée à 11. Naudet.
CiBCILlUS STATIUS. — TÉRENCE. 93
rendirent naturellement plus fréquentes les représentations scéniques. Le métier de poète commença donc à être lucratif. Il ne semble pas qu'il ait été beaucoup plus estimé. En effet, les auteurs dont l'histoire nous a conservé les noms sont ou des esclaves affranchis ou des personnages de basse extraction. — Nous sommes bien éloignés encore du temps où des Romains de noble naissance ne croiront pas s'avilir en se faisant poètes.
CJECIUUS STATIUS.
A la tête des poètes comiques de cette période, dont nous ne possédons que des fragments recueillis et disposés par Otto Ribbekk (Religuiœ comicorum Latinorum, prœter Platitum et Terentium, Leipzig, 1855), se place Cœcilius Statius, qui fut contemporain de Plaute, et connut Térence. C'était un esclave. Il était Gaulois Insubrien de naissance. Les écrivains du septième siècle en faisaient le plus grand cas, et l'un d'eux, Volcatius Sédigitus, dans le canon qu'il a dressé des auteurs comiques, lui donne la première place, même avant Plaute. Cicéron serait volontiers du même avis, mais un scrupule semble l'arrêter : Caecilius" est un mauvais écrivain, malus auctor latinitatis. Varron admire fort la sage économie de ses pièces ; Ilorace parle de sa gravité, peut-être ironiquement. Aulu-Gelle, dans un long chapitre qu'il lui consacre, ne le compare à Ménandre que pour le déclarer bien intérieur au poète grec. Cœcilius imita surtout Ménandre. Les noms de Luscius Lavinius, de Sextus Turpilius, de Licinius Imbrex, et de plusieurs autres qui vivaient à cette époque, ne nous apprendront rien de nouveau sur le théâtre romain au sixième siècle. A quoi bon rapporter
les jugements des anciens sur leur compte, puisque nous ne pouvons les contrôler ? Venons à Térence.