ÉCRIVAINS DD TROISIÈME SIÈCLE
mots, qui donneront une idée du tour d'esprit de Nénié* sien et de la nature de son talent. Après avoir dit, comme autrefois Virgile, mais plus longuement que Virgile, et avec, une érudition déplacée, qu'il ne veut pas traiter des sujets mythologiques, il ajoute : « Je veux, quant à moi, m'égarer dans les forêts, dans de vertes prairies, dans de vastes campagnes ; je veux parcourir d'un pas rapide l'étendue des plaines; prendre, à l'aide d'un chien obéissant, les hôtes des bois ; percer le lièvre timide , le daim sans courage, le loup audacieux, et mettre en défaut l'adresse du renard. Je veux errer sous les ombrages des fleuves ; chercher l'ichneumon au milieu d'une moisson de roseaux, sur des rivages silencieux ; attacher avec de longs traits le chat menaçant au tronc d'un arbre, et emporter le hérisson au corps épineux, replié sur lui-même. Telle sera l'occupalion à laquelle je veux donner mes soins, aujourd'hui que ma faible nacelle, accoutumée à voguer près du rivage, et à fatiguer avec la rame des golfes sans danger, ose, pour la première fois, déployer ses voiles au souffle des vents, abandonner le port, et braver les tempêtes adriatiques.
« Magnanimes rejetons du divin Carus» bientôt on me verra, avec de plus heureux accords, célébrer vos triomphes, vos lois reconnues de l'aurore au couchant, votre commune puissance asservissant les peuples qui boivent les eaux du Rhin et du Tigre, et qui s'abreuvent à la source lointaine de l'Arar et du Nil ^ »
Kglogue» de Némésieii.
Némésîen , écrivant sur la chasse , imitait tant qu'il pouvait les Géorgiques; à plus forte raison devait-il imiter les Bucoliques, dès qu'il se mêlait de faire parler les bergers. Aussi n'y manqua-t-il pas. Les quatre églogues qu'on attribue généralement à Némésien dans le recueil qui porte les noms de Némésien et de Calpurnius, sont presque des copies de Virgile, mais combien pâles et affaiblies! Virgile n'eût guère reconnu son Daphnis ou son Silène, sous le tra-