‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 113 sur 124 · Némésien, Cynégétiques^ vers 48 et suivantî · texte numérisé non relu

Némésien, Cynégétiques^ vers 48 et suivantî

618 CflAPITftl XLIII.

vestissement dont les a défigurés Némésien. Il y a pourtant, dans le Bacchus de Némésien, quelques vers gracieux, et qui iont honneur au talent du poète ; mais il fallait être Fonte-* nelle, c'est-à-dire un bel esprit étranger au sentiment poé* tique, pour mettre l'églogue où Némésien fait parler le dieu au-dessus de celle où Virgile avait fait parler le vieux satyre. Les Églogties de Némésien, comme les restes de ses poëmes didactiques, prouvent un bon versificateur et un écrivain passable. Mêmes qualités, mais aussi mêmes dé* fauts. C'est ailleurs qu'il faut aller chercher l'imagination, l'enthousiasme, le génie.

Calpnrnlus.

Ne cherchons pas non plus ces dons divins dans les Églogues de Caipurnius. L'ami de Némésien n'est guère moins que lui imitateur et défectueux. Il est même plus négligé, et il tombe assez souvent dans l'efiiflure. Sa manière ressemble fort à celle de Némésien ; et quelques-uns n'hésitent pas à le regarder comme l'auteur véritable non-seulement des sept églogues que personne ne lui conteste, mais encore des quatre églogues qu'on imprime sous le nom de Némésien. Quoi qu'il en soit de cette opinion , nous n'avons encore ici qu'une ombre de Virgile. De l'esprit, quelque peu ; du naturel , plus que n'en comportait l'époque ; une diction assez pure et quelques vers supportables : ce n'est pas tout à fait rien ; et beaucoup de ceux qui ont pris le titre de poète seraient bien empêchés d'en fournir autant. Les poésies de Caipurnius étaient en grande faveur dans les écoles du moyen âge. On les mettait entre les mains des jeunes gens , comme nous y mettons Horace et Virgile. Je ne prétends pas que Caipurnius en fût digne; mais ce n'est pas dans le moyen âge uniquement qu'on a vu préconiser de plus mauvais modèles encore.

Nous aurons mentionné tout ce qui concerne ce poète , en disant qu'il était né en Sicile; qu'il se nommait Titus Julius Caipurnius; qu'il ne fut pas ingrat envers Némésien, et qu'il dédia à ce généreux protecteur le recueil de ses ouvrages.

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