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PRÉFACE

La littérature romaine est née de la littérature grecque. Uu peut- même affirmer hardiment que, sans la littérature grecque, il n'y aurait point eu de littérature romaine. Nous en avons pour preuve cinq siècles entiers, les cinq premiers siècles de Rome , au travers desquels il est impossible de rien apercevoir qui mérite le titre d'œuvre littéraire, ni de relever un nom , un seul nom , de poëte ou de prosateur. L'éloquence elle-même, en dépit des institutions qui semblaient la provoquer à grandir , reste dans les langes, jusqu'au jour où les hommes d'État romains commencent à lire Eschine et Démosthène.

C'est vers le milieu du nr siècle avant notre ère , que Rome se mit aux leçons des Grecs. Il ne lui fallut que quelques années, je ne dis pas pour atteindre à la perfection, mais pour faire grand honneur à ses maîtres. Livius Àndronicus et Névius achevaient à peine son initiation aux mystères de la pensée, que déjà elle comptait, parmi ses gloires, un Plante , un Ennius, un Caton. La poésie latine, après Ënnius et Plante, et jusqu'au grand siècle, n'est trop souvent qu'un écho bien affaibli de la poésie grecque : ce sont pourtant de beaux noms encore, que ceux des comiques Cécilius et Térence, des tragiques Pacuvius et Attius^ du satirique Lucilius. Caton, le grand historien, n'eut, avant César et Salluste , que des successeurs indignes de lui. Caton , le grand orateur, fut suivi d'orateurs dignes de lui et dignes

de Rome : la chaîne qui unit Caton à Cicéron passe par Scî-

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