‹ Histoire De La Litterature RomaineChapitre 3 sur 124 · U ' PRÉFACE · texte numérisé non relu

U ' PRÉFACE

pion Émilien, par les Gracques, par Crassus , par Antoine, par Hortensius. Le génie romain touche à son apogée avec Cicéron. Cicéron , à lui seul , est presque tout une bibliothèque de chefs-d'œuvre ; et la génération de Cicéron nous fournit d'admirables historiens, César, Salluste; un poëte égal aux plus grands, Lucrèce; enfin deux écrivains d'un vrai talent , chacun dans son genre , le poëte Catulle et le biographe Cornélius Népos. La génération suivante n'a guère qu'un prosateur; mais ce prosateur est Tite Live. En revanche, les poètes abondent : Virgile, Horace, Properce, TibuUe, Ovide. Je ne cite que les plus fameux.

A la mort d'Auguste , finit ce qu'on nomme improprement le siècle d'Auguste, ce qui est pour moitié le siècle de César, ou plutôt le siècle de Cicéron ; je veux dire l'âge d'or des lettres latines. La décadence se faisait déjà pressentir dans Ovide môme. Phèdre le fabuliste en marque nettement le premier degré ; les Sénèque la précipitent. Avec Lucain et Perse, avec Pétrone et Pline l'Ancien, nous sommes loin déjà de Tite Live et de Salluste , d'Horace et de Virgile. C'est pourtant un grand siècle encore , que celui qui suivit le siècle d'Auguste. Ces hommes, diversement celèbres, ne sont pas les seuls dont la Rome des empereurs ait à s'enorgueillir. Il y eut, au temps desFlaviens, des poètes d'infiniment d'esprit , Martial, Stace et d'autres; un poète de génie, le terrible Juvénal ; deux prosateurs d'un talent très-distingué, Quintilien et Pline le Jeune ; deux prosateurs du premier ordre, l'écrivain de génie à qui nous devons le Dialogue des Orateurs , et surtout Tacite, le Juvénal de l'histoire. Tacite, le plus saisissant, le plus dramatique, sinon le plus complet des historiens.

Après l'âge d'argent, il n'y a pas même un âge d'airain* Depuis le règne d'Adrien jusqu'à la dernière moitié du

Page 1