Livre 11, vers 352 et suivants
ProdigueîB les paif ums ; qu'à vos pieds rient les magnfflques chaussures de Sicyone ; soit ; enchâssez dans For de grandes émeraudes d'un vert éclatant... Les trésors bien acquis par vos pères deviennent des bandelettes et des ornements de tête; ils se changent en robes de femme, en étofies de Mélite ou de Céos. Vous avez les riches ameublements, les festins, les jeux, les coupes sans cesse vidées, les parfums, les couronnes, les guirlandes : vains apprêts! car, du sein même de la source des délices, il monte quelque chose d'amer, qui vous suffoque dans les fleurs mêmes; soit que la conscience vous reproche une vie oisive , de longues an* nées perdues dans la mollesse ; soit qu'un mot équivoque de l'objet aimé pénètre votre cœur comme un trait, et s'y conserve brûlant, comme le feu sous la cendre ; soit que vous croyiez remarquer, dans ses yeux, trop de distraction pour vous, trop^^d'attention pour un autre, ou, sur âon vi* sage, les traces d'un sourire moqueur. Oui, ce sont là les maux qui accompagnent l'amour le plus heureux ; mais , dans un amour rebuté et sans espoir, il y en a d'innombrables, et qu'on saisit tous du premier regard. Aussi vaut-il n^eux, comme je l'ai dit, veiller d'avance et se garder du piége. Car il n'est pas si malaisé d'éviter de se prendre dans les filets de l'amour, que d'en sortir quand on est pris, et de briser les nœuds puissants de Vénus K »