‹ Histoire de la littérature sacrée, grecque et romaineChapitre 17 sur 48 · ESCHYLE · texte numérisé non relu

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et, ce qu'ils ignorent dans la suite de la vie, savent, à cet âge, être les arbitres de leur fortune et les maîtres de leur propre félicité. " Etendons aux hommes , qui sont de grands enfants, ce que La Bruyère dit ici des enfants, qui sont de petits hommes, et nous aurons la poésie dramatique toute créée. Elle naquit chez les Grecs comme un fruit spontané du sol, et vint s'ajouter aux productions brillantes de la poésie lyrique et de la poésie épique, avec lesquelles elle a la plus étroite affinité. En effet, dans les fêtes des dieux et principalement à celles de Bacchus, qui se célébraient aux vendanges, les chœurs chantants, affectés d'abord aux louanges du dieu du vin, furent suppléés, pendant les moments de repos, par des intermèdes épisodiques, tels qu'un récit, un dialogue. Ce drame, cette action, qui coupait le chaut du chœur, s'appela tragédie, chant du houe ou mieux de la vendange, quand elle eut un caractère sérieux; et comédie, chant du village ou du plaisir, quand elle provint de la gaieté : on rattachait à la comédie une sorte de pièce, appelée drame satyrique, dont il sera question plus loin. Telle fut l'origine du théâtre grec : les chants, le chœur, en furent, au début, la partie fondamentale : l'action proprement dite était l'accessoire; elle devint ensuite le principal.

La tradition attribue à Thespis, contemporain de Solon et de Pisistrate, les premiers essais de l'art théâtral. On dit qu'il rendit le chœur plus régulier et y adjoignit un acteur qui racontait ou représentait une action. Gomme les rhapsodes, Thespis et sa troupe furent sans doute des artistes et des chanteurs ambulants . de là cette légende qu'il promena sur des cha-

riots les acteurs qui chantaient ses poëmes. On cite après Thespis Phrynichus, d'Athènes, qui fut, dit-on, condamne cà une amende pour avoir ému trop vivement la sensihiîité des spectateurs par sa Prise de Milet, et Chérilus, ainsi que Pratinus, tous deux contemporains d'Eschyle, qui donnèrent plus de pompe au costume et à l'appareil de la scène.

Le développement de la comédie fut parallèle à celui de la tragédie : l'action comique se groupa d'ahord autour du chœur, puis elle finit par l'envahir au point de ne lui laisser qu'une part de plus en plus restreinte. Ces changements successifs correspondent à frois phases bien distinctes dans l'histoire de la comédie grecque : vieille comédie, comédie moyenne et nouvelle comédie. La vieille comédie était toute de personnalité, et le poëte comique, interrompant l'action, faisait prononcer par le chœur un monologue, nommé parabase, où i4 s'adressait directement aux spectateurs , et s'entretenait avec eux de lui-même , de ses rivaux , de ses ennemis et des affaires de l'Etat. La licence de cette sorte de comédie provoqua des décrets de répression, et, dans la comédie moyenne, l'allusion seule fut permise. Enfin, sous la domination macédonienne, le chœur même disparut de la pièce et laissa la place tout à fait libre à la comédie d'intrigue et de mœurs.

A ces deux genres de poésie dramatique, les Grecs en ajoutaient un troisième, qu'on nomme drame satyrique, parce que le chœur était composé de Satyres, de dieux champêtres. Il tenait le milieu entre le tragique et le comique, participant du premier par la conduite, le dessein, la noblesse de quelques personnages, le

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sérieux, le pathétique et le tour de quelques scènes, et se rapprochant du second par la gaieté libre de quelques jeux de théâtre, la versification sautillante et vive, et le dénoùment toujours heureux de la pièce. Il ne reste qu'un seul échantillon de ce genre de poëme, le Cyclope d'Euripide.

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