‹ Histoire de la Louisiane (volume 2)Chapitre 21 sur 49 · OFFICIERS RÉFORMES · texte numérisé non relu

OFFICIERS RÉFORMES

Capitaines.

D'Arensbourg. — Capitaine^ — Sert en cette cdonie depuis 1721, et conunânde aux Allemands. Excellent siget — 45 ans.

LietUenants.

St Ange fils. — Commande au Ouabache depuis quatre ans. Bon stûet^-^'^tms.

Taillefer. — ^Venuen 1737 comme lieutenant réformé.

Chevalier de Taillefer. — Même service que son firère.

Dombourg.-T-Venu il y a un an dans la colonie, où il avait déjà servi dans la troupe d'ouvriers suisses.

Lavergne. — ^11 n'y a qu'un an qu'il est dans la colonie, où il avait déjà servi. Sage et fort acti£

Monbereau. — ^Arrivé depuis un an.

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Cadets à aiguUlettes. /

1740. La Periîère.— 26 ans. *

Des Essarte. — Sert depuis quatre ans.

Le Corbier. — ^Ex-page ûe la Ténerie.^-Sert depuis trcHs ans. Sage. — 22 ans.

Ballet, Tainé. — ^Venn il y a deux ans. — 22 ans.

De Gmize. — Servi en France. — 2S ans. Venu depuis un an.

MontreuiL — Servi d^ns les cadets à Metz. Venu il y a un an. Sage, exact à son service. — ^28 ans.

La Bêche. — Servi dans les cadets en France. — 22 ans.

Marigny de MandeviUe^ — ^Pils d'un ancien capitaine du pays. Il sert depuis quatre ans avec application. Sage. — ^21 ans.

Tersigny.-i— Venu il y a un an^ — M ans.

Massé. — ^Fils d'un lieutenant réformé tué par les Natchez. — ^11 sert depuis sept ans. — ^20 ans.

Trudeau. — ^Filsd'un conseiller. — 18 ans.

15 juin 1740.

BiSNVILLB.

DISETTE AFFREUSBw— MEMOIRE SUE LE CIRIEa.— BIBNVILLE DEMAN- DE EN VAIN L'ÉTABLISSEMENT D»UN COLLiOE.-lL DONNE SA DÉMISSION, aUI EST ACCEPTÉE.— LE MARaUlS DE VAUDBEUIL EST NOMMÉ GOUVERNEUR DE LA LOUISIANE.

Uankée 1741 fut très malheureuse pour les colons^ comme on le verra par les dépêches qui sont ici transcrites. La colonie souflSrit beaucoup des suites d'un des ouragans les plus violents qui aient jamais eu lieu dans ce pays, et qui avait éclaté le 1 1 septembre de Tannée^ précédente. La disette devint affreuse. Dans une dépêche du 25 février, datée de la Mobile, M. de Beauchamp dépeint ainsi l'état de la colonie:

''Monseigneur, depuis ma dernière lettre, du 21 mai, les sauvages Chactas ont été en gros parti, d'environ mille i douze cents hommes, i la fin d'août, pour couper les mais des Chickassas, mais ils n'ont pas fait grand dégât« A leur retour, ils ont essuyé comme nous un ouragan si violent, que leurs vivres, aussi bien que les nôtres, ont été presque tous perdus. Nous avons senti cet ouragan plus fortement qu'eux, étant plus près de la mer, de cinquante à soixante lieues. Ce coup de vent a été si violent, qu'il a renversé ici plusieurs maisons, entr'autres, celle que M. Bizoton avait fait construire sur la levée, pour servir de magasin et de refuge

360 LCUAF. XYI.

1741. pour les matelots. Malheureusement, toutes les farines et subsistances de la garnison étaient dedans. J'ai été obligé de faire commander toute la garnison, pour aller le long de la côte pécher les barils, dont partie étaient défoncés. Sans cette pèche aux barils, nous aurions risqué de mourir de faim, n'ayant aucune ressource, puisqu'il ne restait que six ou huit barils de farine dans le magasin du fort

'^Ce coup de vent était si furieux, que s'il avait continué quarante-huit heures, comme font pour l'ordinaire tous les ouragans, nous aurions été inondés ; mais, par bonheur, il n'a soufflé que douze heures, et avec tant de force, que la moitié de 111e Dauphine a été emportée, et que plus de trois cents bêtes à cornes ont été noyées dans cette île. Nous en avons perdu ime plus grande quantité, le long de la côte et aux Pascagoulas. Ce qui dérange extrêmement les pauvres habitants de ce .quartier.

'^Un efiet presque incroyable de la force du vent, c'est qu'il y avait un canon de quatre livres de balle, qui était couché sur le sable, devant le corps de garde de l'ile Dauphine. Le vent l'a poussé à dix-huit pieds de l'enr droit où il était Ge qui a été attesté par tous lasgens de l'Ue.

"Ce coup de vent prit le II septembre, et cessa vers midi, n'ayant duré que douze heures. Mais quoique sa durée n'ait pas été longue, il a causé bien du ravage. Tous les vivres et voitures ont été jetés à la côte ; notre levée, qui était en très bon ét£kt, est maintenant délabrée. Pour surcroit de malheur, il revint, le 18, un autre oura^ gan, qui a achevé de perdre le reste des vivres que le pre* mier avait trop endommagés. Ce dernier, qui était dn N. N. E., accompagné de grandes pluies, a fait déborder toutes las rivières, qui ont ravagé et détruit presque toutes les plantations des sauvages, depuis la Caroline jusqu'ici. Ce qui nous oblige de faire venir des AUba-

(mAf. XVI.] Mi

monfl des vivres pour qoatre-vingt-quatcn'ze personnes. 1741. Le premier ouragan était de la partie de TE. S. £. Heureusement qu'il n'a pas passé à la NouvelleOrléans^ où la récolte s'est trouvée assez abondante. Sans ce secours, toute la colonie se serait trouvée dans une disette effiroyahle» et nous aurions été li<»rs d'état de faire des présents aux Chactas» auxquels il en était dû depms deux ans.

Une dépêche de M. de Lonbois, lieutenMt de roi, en date du 7 mars, ne confirme que trop ce que dit Beaur ehamp, relativement à la triste situaticm de la colonie i ^L'état actuel de la colonie, dit-il, ne saurait être plut critique, outre qu'elle manque absolument de tout, et que les denrées du pays y sont d'une rareté et d'un* dierté excessives. Deux ouragans eonséci^tifs, qui ont eu lieu le 11 et le 18 septembre, ont si fort maltraité la Balise, qu'il n'y a pas actuellement un canon monté. Le port et la batterie ont été emportés et renversés, les magasins et les maisons, qui y étaient, fort endommageai de manière que ce poste est entièrement hors de défense, et serait enlevé par quatre chaloupes, sans qu'on pAt les en empêcher. Le seul bateau qui nous restait y a péri par ce coup de vent Heureusement, M. de Mem* farède, qui y commande, avait eu la précaution de faire mettre à terre les marchandises dont il était chargé, de sorte qu'il n'y a eu de perdu que le bâtiment, le capitaine, un pilotin et quatre nègres du roi. On soupçonne que ce bâtiment a été jeté à la baie de St Bernard, où un bateau venu de St. Domingue croit l'avoir vu échoué. Cette tempête s'est &it sentir avec la même violence à Biloxi, dans la rivière des Pascagoulas, à la Mobile, aux Alibamons, et même jusqu'à Tombekbé, quoique situé dans une aire de vent bien difiérente. Cet ouragan n'a pas laissé que de causer un dommage considérable deam tous les endroits où il a passé. Aussi, la disette est très grande. Une barrique de vin se vend 500 livres argent

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d'Espagne, et 800 livres en monnaie de la colonie, le reste à proportion. De la farine, il n'y en pa£ du tout, à aucnn prix.

^La guerre des Chactas et des Ghickassas va son train. Mais notre fort de la Mobile tombe en ruines."

Le 22 mai, BienviUe et Salmon rendirent une ordonnance qui portait que, pour éviter les firaudes dans tous les envois de tabac à faire en France, les habitants auraient à composer leurs envois d'un tiers au moins de feuilles de première coupe, d'une moitié de celles de la seccmde, et d'un sixième au plus de celles de la troisième ; que ces trois différentes sortes de tabac, après avoir été visitées par les personnes préposées à cet effet, seraient mises séparément en boucaut, afin que l'on pût connaître plus aisément si ces proportions étaient fidèlement observées. Il fut aussi ordonné qu'à l'avenir chaque fabricant de tabac serait tenu d'avoir une étampe particulière, dont le modèle devait être déposé au greffe du conseil.

Le 18 juillet, M. de Loubois écrivait au ministre : ^La plupart des postes éloignés ont été si mal traités par les deux ouragans de l'année précédente, qu'ils n'ont recueilli aucune espèce de grains, de façon qu'ils ont été contraints de tirer leur subsistance des environs de la Nouvelle-Orléans, qui ont eu bien de la peine à leur en fournir jusqu'à présent. Ce qui a occasionné l'extrême rareté des denrées et leur extrême cherté. Il y a actuellement plusieurs familles réduites à la dernière misère, et leurs chefis ne savent pas le matin, quand ils se lèvent, où trouver un morceau de pain pour donner à leurs enfants. Heureusement, la récolte prochaine donne de grandes espérances.

'^Le 29 du mois de mai dernier, les Natchez et les Chickass€ts, à ce que l'on soupçonne, ont enlevé, à la Pointe-Coupée, un jeune blanc de dix ans, une négresse et trois négrillons.

^Ges mêmes Natchez, l'automne dernier, avaient atta- 1741 . qnéy à trente lieues dans le Ouabache» vingt-quatre <shasseurs, traiteurs français, ou canadiens, dont seize sont restés morts sur le champ de bataille, avec une femme et une jeune fille. La première mériterait place dans Fhistoire, pour avoir encouragé les siens pendant tout le combat, risqué plusieurs fois sa vie, en allant prendre et couper les cornes à poudre de ceux qui étaient tués, pour la partager entre ceux qui étaient en état de se défendre. Malheureusement pour les Français, le mauvais temps les avait jetés dans un petit bayou, où ils étaient à découvert de la tête aux pieds, et les ennemis, au nombre de cent quarante, qui les suivaient depuis long-temps, s'étaient saisis de la hauteur qui était boisée et fourrée. Cependant, malgré cette grande inégalité de forces et de lieux, ils se sont défendus jusqu'à six heures entières; mais enfin, les huit qui restaient, voyant qu'ils ne pouvaient plus soutenir la gageure, allèrent tête baissée sur les barbares, et se firent faire place les armes à la main. Il y en eut cinq de blessés et trois qui ont échappé sains et saufs. Je suis très mortifié, pour la tranquillité de ce malheureux pays, de ne m'être pas trompé sur le jugement que j'avais porté de la dernière paix." ^

On voit que les officiers de la colonie avaient jugé à sa valeur la paix illusoire que Bienville avait faite. Pour ce qui concernait les Frailçaîs, elle n'était que nominale, et, quant aux Chactas, les Chickassas leur tenaient tête, et ne paraissaient pas être disposés à leur donner satisfaction sur les griefs dont M. de Bienville s'était plaint en leur nom. Pendant tout le cours de l'année, il y avait eu entre lesGhactcts et les Chickassas des combats partiels, dans lesquels les premiers avaient toigours eu l'avantage. Bienville écrivit à ce siget, ^qu'il voyait avec plaisir que les Chactas s'aguerrissaient, et qu'ils ne craignaient plus d'attaquer leurs an-

M4 [OHAP< XVf.

1741. deuB ennemis. U lyonta qall avait appris avec salisfttotion que les Ghiokassas étaient tellemeat haroeléB, qu'ils se die^Mxnieiit à énûgrer chez les Anglais de la Caroline.

Les établissements de la Balise ayant été presque dé* traits par les onragans du 11 et du 18 septembre, il fallut songer à les refaire. L'ingénieur Devergès porta le de^ vis estimatif à454^74 livres, et encore tout n'y était-il pas compris. Bienville annonça au ministre qu'il avait donné, par adjudication, les ouvrages les plus pressés an sieur Dubreuil, le seul, dit^il, qui ftit en état de suivre une pareille entreprise. Ces ouvrages, ainsi a4jugés, devaient se monter à 297,882 livres, 10 sous.

Le 81 octobre, le conseil d'Etat eut la sagesse de proroger, pour dix années, l'exemption de tous droits d^ntrée et de sortie, acc<Nrdée par l'arrêt du 80 septembre 1782, sur les marchandises que l'on portait à la Louisiane et sur les denrées qui en venaient. C'était là persévérer dans cette bonne voie, dans laquelle on n'étidt entré que trop tard.

Le bucyet de la colonie se monta cette année à 819,411 livres.

On ne Ura peut-être pas sans intérêt le détail des salaires de quelques officiers publics, à cette époque reculée.

De Bienville, gouverneur 12,000 liv«

Son secrétaire 1,200 **

Salmon, commissaire-ordonnateur . . 8,000 **

Son commis 1,200 **

De Noyan, lieutenant de roi 2,400 ^

D'Hauterive, major de la Nouvelle-Orléans 1,200 «

De Bellisle, aide-mÉgor 1,080 **

Bobé Desclozeau, contrôleur .... 1,800 ^

Le Breton, écrivain principal .... 1,000 ^

1742. Le gouvernement français avait été justement mé-

OBAT. m.] 866

content da résultat de la dernière campagne contre les It4i. Chickassas et avait adressé à Bienville des reproches très vifis à ce siqet. Après les avoir réitérés dans tme dépêche du 10 janvier, le ministre continue en ces termes : ^n m'est an surplus revenu que vous avez permis à deux familles établies dans la colonie de passer à St Doraingue par le navire Triton, et non-seulement vous ne m'avez pas informé des raisons qui ont pu vous déterminer i leur en accorder la permission, mais vous 'ne m'avez pets même rendu compte de leur départ Vous devez sentir qu'indépendamment du préjudice que la désertion des habitants cause à la colonie, leur éloigneement ne peut que contribuer à décourager ceux qui restent C'est pour cette raison que Sa Majesté vous défend de permettre à aucun habitant de quitter la colonie, sans avoir reçu des ordres sur cela. Cest à quoi vous aurez pour agréable de vous conformer. Vous m'informerez aussi des raisons qui vous ont engagé à permettre aux deux familles de passer à St Domingne.

^La proposition que vous avez fidte de permettre aux habitants de la Martinique, qui voudraient transporter leurs établissements à la Louisiane, d'y passer avec leurs nègres et leurs effets, demande d'être excjninée et je verrai ce qu'il convient de faire i cet égard."

Profondément touché du blâme dont il était l'objet, Bienville demanda à être remplacé et sa demande fiit accueillie.

Le 18 iSvrier, il écrivit an ministre relativement aux Indiens : ^La course, que sqit à huit cents Ohaotas ont ftdte pendant l'été damier sur les Chickassas, a eu plus de succès que celles des années précédentes. Us ont ravagé une grande partie des vivres des ennemis et sont revenus au commencement d'octobre avec tàx chevelures d'hommes, dix prisonniers et plus de quatre-vingts chevaux, après en avoir tué plus deoeat

366 fCHAP. XTI.

I74d. ^Depuis ce temps^lesChactasont continaéde tenir des partis en campagne. Je compte que pendant Tannée dernière ils ont tué cinqoante-qnatre hommes. Je tiens les Anglais en échec, en maintenant mie bonne intelligence avec tous les autres sauvages.

^Soulier Rouge, qui peut faire tant de bien ou tant de mal, est complètement revenu aux Français. Seul, à la tète de ses sujets, il est allé frapper sur les Chickassas. Il a rapporté beaucoup de chevelures, a fait onze prisonniers et a enlevé quatre-vingts chevaux.

^M. de Loubois devant être chargé par intérim du gouvernement de la colonie, en attendant l'arrivée du gouverneur qu'il plaira à la cour de nonmier, j'ai jugé convenable de lui laisser faire la distribution des présents de cette année, afin de lui donner connaissance, avant mon départ, de cette partie de son commandement qui n'est pas la moins difficile, et pour cet effet, je lui ai dressé un mémoire instructif sur le traitement qu^il convenait de faire à chaque village, à chaque chef et même à chaque guerrier, suivant ce que chacun d'eux avait mérité dans le courant de l'année. Je lui recommandai de réhabiliter le Soulier Bouge en lui rendant les présents et les autres marques de distinction attachés à la médaille dont il est décoré. M. de Loubois m'a mandé en réponse que ce sauvage avait été enchanté de ce retour et lui avait promis authentiquement, en présence des autres chefs, qu'il serait aussi zélé pour nos intérêts qu'il l'avait été pour ceux des Anglais; qu'il abjurait non-seulement tout commerce avec eux, mais qu'il voulait même nous convaincre sous peu, par quelque action d'éclat, qu'il était leur ennemi juré.

^J'ai cru. Monseigneur, que le plus sûr moyen d'assurer, avant mon départ, la tranquillité de cette colonie, était de réunir tous les chefs de cette nation dans un même esprit d'attachement pour nous. J'ai la satis-

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fiEustion cTy avoir réussi» et en pratiquant les moyens 1742. dont je me sois servi pour les ménager, il sera aisé de les maintenir dans ces dispositions.

^uant aux Ghickassas, j'ai déjà eu l'honneur de mander à Votre Grandeur qu'il ne serait pas d'une bonne poUtique de les réconcilier avec les Chactas. Le caractère de tous les sauvages en général demande à être toi\}ours occupé de quelque guerre, et ils pourraient bien nous inquiéter s^ils étaient trop tranquilles. Enfin, l'affaiblissement mutuel des nations belligérantes est le plus grand avantage que nous puisions retirer des d^ienses que ces guerres occasionnent.

''Les Ghickassas d'ailleurs, séparés des Natchez, dont la retraite chez les Ghérokis se confirme tous les jours par les prisonniers, ne sont plus en état de nous causer beaucoup d'inquiétude, et pour peu que l'on entretienne les Ghactas dans les dispositions où ils sont, de les harceler jusqu'à ce qu'ils les aient contraints d'aban- ^kmner leur pays, la colonie sera bientôt délivrée de cette nation inquiète. Les derniers prisonniers ont rapporté aux Ghactas que les Anglais, harcelés par leurs courses fréquentes et ruinés par la perte de leurs chevaux, pressaient tous les jours nos ennemis de se retirer dans la Garoline, à l'exemple de plusieurs de leurs familles, qui y avaient trouvé un asile tranquille, et que les Ghickassas ne refusaient de se rendre à ces sollicitations, que par attachement pour le magnifique et fertile pays qu'ils habitent.

^Le sieur Lesueur, capitaine, à qui je laisse depuis , trois ans le commandement de Tombekbé, parce qu'il entend mieux qu'un autre le gouvernement des Ghactas, dont il sait parfaitement la langue, me mande que cette nation se disposait à mettre le mois prochain sept à huit cents hommes en campagne pour aller enlever les chevaux des Ghickassas et des Anglais dans les plaines, et qu'ils lui avaient promis de faire un autre

306 LOHAP. ZVI.

1743. armement au mois de s^tembre prochain, plus fort que celni-ci, pour ravager leurs vivres ; que dans cet intervalle, ils tiendraient toi:^ours de nombreux partis dans leur pays de chasse et sur le chemin des Anglais; enfin, qu'ils étaient résolus de leur &ire abandonner le pays." L'arlnre qu'cm appelle à la Louisiane le cirier, et qui y est si commun, avait attiré l'attenticm du gouvernement En réponse aux renseign^nents qui avaient été demandés à ce si^et, Bieliville et Salmon écrivaient, le 24 mars:

^n n'est pas douteux que, si l'arbrisseau qui porte une graine dont on tire la cire était cultivé, on en tirerait un avantage ccmsidérable, mais la colonie n'a point été assez peuplée jusqu'à présent, pour qu'on ait pu s'attacher à cette culture. Les habitants voisins des cantons où croit cet arbrisseau en tirent de la cire pour leur usage. M. Salmon avait envoyé à Votre Grandeur, peu de temps api^ son arrivée en ce pays, un pain de cette cire. Depuis ce temps-là, il n'en a point entendu parler. A la fin de novembre dernier, étant à la concessiim d'Asfeld, il fit ramasser envircm cinquante livres de graines. Il la fit fondre, et il en a tiré environ un sixième. Elle se blanchit comme la cire jaune, en la faisant fon> dre, et la versant sur un moule pour la mettre en rippes^ et l'exposant ensuite à la rosée. Une bougie de cette cire, du poids de 2 onces 6 gros, dure sept heures, et môlee moitié de suif^ elle dure six heures. Il ne sera far cile de juger du produit que cette culture pourra donner, que dans quelques années, si les habitants en font des plantations. C'est à quoi nous les engageoiui de notre mieux. Quelques-uns des principaux nous ont pro^ mis qu'ils en feraient un essai, lorsque la saison sera . venue d'en transplanter. Le sieur Prat ddt envoyer à Monseigneur mi mémoire à ce sqjiet''

Extrait du Mémoire de Pbat. l''^

1 ^ . ^Les sauvages Ghaouachas appelaient cet arbrisseau anemiche.

2 ^ . ^n cnHt le plus volontiers dans les lieux bas, humides, qui se trouvent noyés une partie de Tannée, et dont la terre est grasse, noire et légère. On en trouve néanmoins d'assez beaux dans les terres un peu élevées, où l'eau ne séjourne jamais.

3 ^ . ''Si l'on plante des drageons d'un ou de deux ans, qui se trouvent en assez grand nombre au pied de tous les vieux arbres, on peut se promettre qu'ils rapporteront du fruit (en petite quantité) au bout de quatre ans. J'en ai vu ici deux pieds, l'un stérile, l'autre fertile, qui avaient été plantés dans le coin d'un jardin, et qui ont poussé des fleurs au commencement de la troisième année, quoique fort négligés ; et l'espèce fertile a donné des fruits sur la fin de la même année. Ces rejetons pouvaient avoir deux ans, lorsqu'ils ont été tirés des bois pour être plantés.

4 ^ . ''On peut avoir six livres de graines par pied d'arbre.

5 ^ . 'HDn n'a jusqu'à présent planté que des rejetons. On n'a essayé ni de la bouture ni de la marcote. On en a semé, mais les graines n'ont pas levé.

6 ^ . "A l'égard du caractère de cette plante, celui qu'en dcmne Linnœus, sous le nom de Jlfyrica,page 302, dans la 22me classe, qu^il appelle Dioeoia, m'a paru convenir à notre arbrisseau. D cite Toumefort, qui en a donné un mémoire à /Académie en 1706, tome 3, sous le nom de Gale. Linneeus a raison de dire que ce genre a beaucoup d'affinité avec le pistachier ou térébinthe. En suivant aussi le système de Toumefort, il doit être placé à la 3me section de la 18me classe, avec le térébinthe et le lentisque."

1743. Extrait du Mémoire de M. Alexandre, Botaniste.

KD'est un arbrisseau toijgours vert, qui vient naturellement presque dans tous les endroits tempérés de l'Amérique septentrionale, comme i la Floride, i la Louisiane, i la Caroline, etc. Il croit en buisson à la hauteur d'environ douze à quinze pieds au plus, ayant le port de Tolivier ou du myrthe, dont il a aussi à peu près l'odeur. Son tronc est le plus souvent tortu, et recouvert d'une écorce mince, assez unie, et de couleur cendrée extérieurement, verte en dessous. Son bois est d'un blanc très clair, médiocrement dur, cassant, et n'ayant que très peu de moelle. Ses rameaux sont droits, branchus, garnis de feuilles disposées alternativement jusqu'aux extrémités des plus petites branches. Elles sont étroites et assez irrégulières, d'environ deux, trois à quatre pouces, larges d'environ trois à quatre lignes vers les ^eux tiers ou les trois quarts de leur longueur, allant toujours en diminuant jusqu'à l'endroit des tiges et des branches d'où elles prennent naissance, s'y terminant par des queues très courtes et peu distinguées. Le reste de leur partie supérieure finit en pointes, le plus souvent tronquées en manière de sabre, luisantes en dessus, plus ternes en dessouis, et comme légèrement et irrégulièrement ondées et dentelées en leurs bords. Ses fleurs naissent le long et autour des petites branches et dans les aisselles des feuilles. Ce sont des manières de petits chatons en épi, longs d'environ deux à trois lignes au plus ; dans cette espèce-ci, ces chatons sont des petits bouquets pyramidaux de fleurs, i étamines de»figure conique, disposées alternativement le long et autour d'une espèce de poinçon, lequel leur sert comme de centre commun. Chacune de ces fleurs, examinées avec la loupe, parait d'une structure particulière. Leur partie inférieure est creusée en cuilleron, et semble leur tenir Heu de calice,

CHAF. XVI.] 871

du fonds duqnel s'élance le pistil, sunnonté de trob 1748. filets d'étamines en manière d'aigrette, chargés à leurs extrémités de denx sommets en bourses membraneuses à peu près ovales, lesquels s'ouvrent dans leur partie antérieure en deux coques qui se renversent sur les 06* tés par une espèce de ressort, en forme de charnières, et laissent échapper une très grande quantité de poussière jaune très fine. Lorsque ces fleurs sont passées, elles laissent entrevoir le pistil, lequel n'est autre chose que l'embrycm du fruit encore à demi-enveloppé du calice en manière d'écaillé, et encore surmonté des filets d'étamines en façon d'aigrettes. Ce pistil grossissant ensuite, devient une petite baie sèche, recouverte d'une peau mince et chagrinée, des porosités de laquelle transpire une substance bitumineuse luisante et d'un vert jaunelait au comjnencement, mais qui devient, lorsque les baies ont acquis leur parfaite maturité, tout-à-fait crystaline, presque blanche ou cendrée, et dont toute la superficie extérieure est couverte par petits grains crystalins disposés en écaille. Sous l'enveloppe de cette peau chagrine, est un petit noyau ligneux, qui renferme une semence ronde qui se sépare en deuï lobes. Iiorsque cette graine est parfaitement mûre, elle n'excède guère la grosseur d'un grain de coriandre, et cette substance bitumineuse qui la recouvre n'est autre chose qu'une véritable espèce de cire végétale, de la nature de celle des abeilles, et qui n'en difière qu'en ce qu'elle est beau* coup plus sèche et friable, et d'une odeur balsamique très agréable.

^Toutes les fois que j'ai été à portée d'examiner ces arbrisseaux, j'en ai toujours reconnu trois espèces très distinctes en apparence, tevoir : celle, ci-dessus désignée, dont les chatons sont beaucoup plus courts et dcmt les fieurs nouent presque en même temps qu'elles s'épanouissent Des deux autres espèces l'une n'est difiérente de la {Hremière qu'en ce que ses chatons sont

873 [ghap. XVI*

1742. plîis longs» tombent sans noaer et ne donnent aucun finit Enfin la troisième n'est différente de cette seconde qu'en ce que les feuiUes sont plus courtes, d'un vert plus clair» moins étroites dans leur partie inférieure» et dont les dentelures sont plus régulières et plus près les unes des autres. Je ne voudrais pourtant pas encore assurer que ce ne fût une variété de la seconde espèce. Us fleurissent en février et mars» et leurs graines sont parfaitement mûres et en état d'être cueillies» depuis le mois de novembre jusqu'en janvier au plus tard. Puis» elles se dépouillent de leur cire, de sorte qu'il ne reste plus que le noyau*

^Ils croissent naturellement presque dans toutes sortes de terrains» de quelque nature qu'ils soient Ds naissent néanmoins d'une plus belle venue et montent à la hauteur d'environ douze à quinze pieds dans les basfonds sablonneux et humides de la côte maritime de la Louisiane» où il se trouve une espèce de terreau de bois et de feuilles pourries» comme à Barataria, etc. On en voit aussi en grande quantité et des plus grands sur toutes les terres du Mississippi. J'ai même rencontré plusieurs de ces arbrisseaux» qui avaient pris naissance dans de vieux troncs d'arbres pourris qui allaient en dérive sur le fleuve, et ces arbrisseaux parviennent à leur plus grande hauteur» qui est douze à quinze pieds» dans l'espace de huit à dix ans. Il en croit aussi dans les pinières sablonneuses» mais ils sont beaucoup plus petits.

^La culture en est certaine» quand on voudra Bfen donner la peine.

^Le rendement en est encore incertain. Les épreuves n'ont pas été considérables ; puis il faudrait tenir «ompte du plus ou moins de sécheresse au temps de la réttolte» de la nature du terrain plus ou moins couvert» du degré de nourriture de la graine» etc. De sorte que bien qu'on ait obtenu quelquefois en cire le quart du

poids des grames, il ne &at pas compter sar plus d'un I74d. septMme ou d'un neavième ; tenne moyen, nn huitième, fis viennent de graines et de bouture."

Ces détails sur le cirier de la Iiouisiane ne sont pas dépourvus 4'intéréty et peuvent même être de quelque ntilitéysi plus tard on cherchait à tirer parti de cet arbrisseau*

Le 26 marsy Bienville écrivit au ministre an scget de sa retraite, qu'il avait demandée : '*Si le succès avait toiqours répondu à mon application aux affaires de ce gouvernement, et à mon zèle pour le service du roi, je lui aurais volontiers consacré le reste de mes jours, mais une espèce de Ihtalité, attachée ^depuis quelque temps à traverser la plupart de mes projets les mieux concer^ tés, m'a souvent fait perdre les fruits de mes travaux et peut-être une partie de la confiance de Votre Grandeur. Je n'ai donc pas cru devoir me roidir plus long-temps c<mtre ma mauvaise fortune. Je souhaite que l'officier qui sera choisi pour me remplacer soit plus heureux que moL Je vais donner toute mon attention, pendant le reste de mon séjour ici, à aplanir les difficultés attachées à la place que je lui remettrai, et je peux me flatter de lui laisser les affaires en meilleur ordre qu'elles n'ont jamais été.

^Je suis trop vrai pour assurer que la paix avec les Ghickassas soit exactement observée par toute la nation. Nous apprenons, par les prisonniers que les Ghactas font sur eux, que quelques villages, séduits par les traiteurs anglais, s'opposaient aux dispositions des autres à exécuter les conditions du traité, mais leur parti est désormais trop faible pour inquiéter la colonie. D'ailleurs, jamais nos alliés n'ont été si bien disposés et n'ont agi si efficacement pour réduire cette nation rebelle, et il n'est pas douteux qu'avec un peu d'attention à ménager ces dispositions, on n'en vienne bientât a bout."

374 [CHAP. ZTL

1742. Quoique gouvemant le pays par intérim» et atteiv dant son guocesseiiri Bienville ne s'oociqMdt pas moins» avec activité» de tont ce qui pouvait contribuer à la pros* périté de la colonie. Amsi» le 16 juin» il mandait au gouvernement français» conjointement avec Salmon: "^n y a long-temps que les habitants de la Louisiane font des représentations sur la nécessité d'y établir un collège pour l'éducation de leurs en&nts. Touchés» de leur côté» des avantages d'un pareil établissement» ils (mt proposé aux jésuites d'y pourvoir» mais ces religieux s^en sont défendus faute de logement et de sujets, n serait ^cependant essentiel qu'il put y en avoir un pour les humanités seulement» la géométrie» la géographie» le pilotage» etc. Les enfants apprendraient d'ailleurs leur religion» qui est la base des mœurs. Les parents ne voient que trop combien les jeunes gens» élevés dans la mollesse et l'oisiveté» se trouvent dans la suite peu utiles» et combien ceux des habitants» qui sont en état d'envoyer leurs enfants en France pour leur procurer de l'éducation» consomment de bien à cette occasion. Il est même à craindre qu'il n'arrive de là que la plupart de ces sortes de jeunes gens» dégoûtés du pays» n'y reviennent que pour recueillir les biens que leurs parents leur auront laissés.

^Plusieurs personnes de la Yera-Cmz voudraient qu'il y eut un collège ici pour y envoyer leurs enfiBmts."

Cette demande de Bienville et Sahnon» an si^jet de l'établissement d'un collège» ^t écartée» sous le prétexte que la colonie était encore trop peu importante.

Sur ces entr^aites» quelques Anglais avaient été trouvés dans les limites delà Iiouisiane et faits prisonniers par le sieur P<^pulus de St Protais» <^cier dans les troupes de la colonie» qui se rendait aux Dlinois. On en avait référé au conseil» qui les condanma à tt<m et cinq ans de prison» suivant la plus ou moins grande culpabilité que l'on attribua aux desseins de chacun

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d'eux. Le jngement^repofia sur la présompticm qoe des 1742. AnglaJB ne poayaieiit être Tenus dans la colonie quV vec de mauvaises intentions^ puisque les deux nations étaient en guerre.

Cinq autres Anglais fiirent trouyés dans de petis ca* note d'écorce, i trente lieues des Natchez. Il parait qu'ils avaient été envoyés de la Virginie, en découverte. Bienville écrit sur leur CiKupte, en date du 80 juillet, ^Ils seront jugés^ et je tâcherai qu'ils aillent aux mines du Nouveau Mexique."

Les Français étaient alors dans un état d'intelligence parfaite avec les Espagnols. Car, en date du 17 juin, Bienville avait écrit au ministre, que Vaudiencia retâ du Mexique, qui gouvernait ce pays par intérim, sachant que les Anglais, sous les ordres de l'amiral Vemon, projetaient une attaque contre Vefa-Cruz, lui avait envoyé demander six canons du calibre de dixhuit, et qu'il avait accordé ce secours, de concert avec le commissaire-ordonnateur, Salmon.

Le budget de la colonie fut cette imnée de 822,629 livres.

Le marquis de Vaudreuil, fils d'un ancien gouverneur du Canada, fut nommé à la place de Bienville. En attendant son successeur, Bienville, voyant qu'il avait toigours mal réussi lorsqu'il avait mis les forces de la Colonie en mouvement contre les Chickassas, se bOTua i faire harceler cette nation et à la faire massacrer en détail par les Chactas.

^ Au mois de septembre dernier, écrivait-il, les Chactas ont fait une course sur les Chickassas, dans laquelle course ils ont ravagé plus d'une lieue de campagne de blé, tué f&L hommes et fait treize prisonniers.

''Un autre parti, composé de cinq hommes seulement, a enlevé, à la pOTte des viUages des Chickassas, cinq esclaves qu'ils ont emmenés en vie.

''Un troisième parti, composé de soixante hommes^

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1742. après aY<Hr visité inatilemeuttous les cantons de chasse des Chickassas, a trouvé une rente nonvellement firayée du côté de la Caroline. L'ayant suivie, il est arrivé à un campement de Ghickassas, qu'il n'a pu enleyer» mais auquel il a tué beaucoup de monde et fait vingt prisonniers. De ceux-ci» ils ont appris que ce parti se c<»nposait de quarante familles se rendant à la Caroline, pour s'éloigner le plus possible des Français ; que beaucoup d'autres familles les avaient précédées, et que le restant de la nation ne tarderait pas à les suivre.

^Ainsi, j'aurai la satisfaction de remettre à M. de Vaudreuil la colonie dans un état parfait de tranquillité. La seule querelle qui soit à craindre, est celle des Chactas et des Abékas, qui était terminée, lorsque déjeunes guerriers abékas, ayant rencontré deux Chactas à la chasse, les ont attirés dans leur camp, sous prétexte de les y faire reposer, et les ont assassinés. J'espère cependant arrêter les suites de cette trahison, en gagnant du temps et en faisant entendre aux Chactas que le plus pressé est d'en finir avec les Chickassas."

1743. Le nouveau gouverneur, le marquis de Vaudreuil, arriva à la Louisiane, le 10 mai 1743, et Bienville partit pour rentrer en France. Il ne devait plus revenir dans la colonie, dont il était l'un des fondateurs, et dans laquelle il avait passé quarante-quatre ans, toigours en remplissant difiérentes fonctions publiques, sauf les intervalles des courts voyages qu'il avait faits en France. Il était venu à la Louisiane à l'âge de dix-huit ans, et il partit à l'âge de soixante-deux ans, en emportant les regrets, l'estime et l'affection de tous les colons, qui l'appelaient le père de la colonie. A cette époque, le commerce de la Louisiane, dégagé des entraves du mcmopde, commençait à prospérer, et était alimenté par des récoltes abondantes de riz, de ti^bac et d'indigo. De tous les gouverneurs de la Louisiane, Bienville en avait . certainement été le plus habile, et était l'homme qui lui

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avait rendu le plus de services. La colonie était en 1743, quelque sorte sa création, et il est naturel de supposer qu'il éprouvait pour elle un attachement paternel. Mais peut-être ce sentiment lui fit-il voir d'un œil jaloux toute administration qui n'était pas la sienne, et chercha-t-il à l'entraver, si ce n'est par des actes patents, du moins par un refus de coopération, ou par un mauvais vouloir qui ne manqua pas d'exercer une grande influence sur ses nombreux partisans, et de les porter à organiser un système d'opposition, fatal aux intérêts du pays. Toute.^ les apparences, tout un concours de circonstances mal-* heureuses pour la mémoire de Bienville, donnent à penser que ce fut par sa faute^ que ne réussit point la dernière expédition contre les Chickassa^, sous le commandement de M. de Noailles, qui avait été envoyé exprés de France pour la diriger. M. de Bienville, ne sachant conmient se présenter sous un jour favorable et comment lutter contre les préventions qui militaient de toutes parts contre lui, était obligé, conune on le voit, par sa dépêche du 26 mars, d'avoir recours à la fatalité et de s^en prendre à elle, en lui attribuant ses nîalheurs. Quoiqu'il en soit, Bienville n'en est pas moins un des caractères les plus saillants et les plus honorables des premiers temps historiques de la Louisiane.

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