CHAPITRE XV
FONDATION D'UN HOPITAL A LA NOUTELLE-ORlilANS PAB UN MATELOT, NOMMÉ JEAN LOUIS.— EXPÉDITION DES FRANÇAIS SOUS LE COMMANDEMENT DE MESSIEURS DE BIENVILLE ET DE NOAIL- LB8 ITAIMB CONTRE LES OHIOKASSASw
BiBsrviLiji pensait que la colonie ne serait Jamais tnAr ii^gi; quille, tant que les Cfaidcassas ne seraient pas réduits. Aussi, il sollicitait avec instance du gouvernement des forces suffisantes pour les soumettre. Il écrivait au mi- , nistre» le 28 février:
**Les Chickassas ne pourront être détruits» de la manière dont ik sont fortifiés, avec le secours et les instructions dea Anglais, qu'avec des bombes de fort calibre et des mineurs. Il faut en envoyer. Les Anglais ont envoyé aux Chickassas plus de deux cents hommes et toute espèce de secours. Les Chactas sont bien disposés et font toi\jours quelques chevelures contre Icf Chickassas.''
Les Chactas, dont les Français se plaignaient toujours, mais qui cependant leur avaient rendu de grands services depuis la fondation de la colonie, et qui les avaient accompagnés dans toutes leurs ejq>éditions contre les autres nations indiennes, ne se bornèrent pas à
enlever quelques chevelures aux Chickassas, comme le
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1787. dit Bienville dans sa dépêche du mois de fi&vrier. Os entrèrent avec des forces considérables sur le territoire des GhickassaSy et leur firent beaucoup de mal. Bienville, dans une dépêche du 5 septembre, rend compte de ces deux expéditions, dont le résultat démontre qu'ils faisaient de franc jeu la guerre aux ennemis de leurs alliés, les Français.
Tous les fondateurs dliêpttaux, tous ceux qui deviennent les bienfaiteurs de l'humanité, par la création d'établissements utiles, méritent que l'on fasse mention honorable de leurs noms, et qu'on le^ cite comme des exemples à suivre. Ainsi, il est de toute justice de consigner ici l'humble nom de Jean Loui», ex-matelot de la compar gnie des Indes, qui avait fait quelque petit eommeroe) et qui avait réussi à acquérir ce qu'on appelait alors dans le pajrs une fortune, pour un homme de sa classe. Il mourut, en consacrant toute sa fortune à la fondation d'un hôpital, suivant les dispositions de son testament olographe. Cette fortune se montait i environ dix mille livres. ''Avec cela, dit Bienville, qui rapqporte ce fait dans une de ses dépêches, on a acheté une miûson de Mme Kolly, qui est dans un grand emplacement à l'extrémité de la ville. Elle a coûté 1,200 livres. Les réparations se sont montées i 3,600. Le reste fut employé à l'achat de IhS) etc., moins une partie, qui est tenue en réserve."
1738. Comme illustration des mœurs du temps, il n'est peutêtre pas déplacé de raconter que l'on trouve eno<Nre dans les archives dn ministère de la marine, en France, les e<^ies d\me énorme procédure faite en 1738, à la Ltmi* siane, contre un nommé Labarre, qui s'était suicidé. On nomma un curateur au cadavre pour le défendre. Le procès fiit instruit Jugement fiit prononcé, et le cadavre Jeté à la voierie.
Le gouvernement français avait tot^jours en beaucoup de peine à tenir au complet les troupes qu'il envoyait à la Louisiane. Les soldats Maertaient constamment, et
Inentôt il ne restait plus que des cadres de oampagilies. iTtS. Bmiyille, dans iuie*d^[)âehe da 18 mars, se plaint beau* coup de tontes ces désertions, dans on suHnent où il avait besoin de toutes ses forées. ^Beaaewp de Suisses sortoat, dit-il» désertent à Pensaoola, où les nidnes les pn>» tègent oQvertedienty et le gonvemenr en oach^te* Mais comme les Espagnols manquent de vivres» j'ai raoem* mandé à M. Diron d' Artaguette, de 1^ Mobile, de ne paa leur en fournir, jusqu'à oe qu'iU oonsentent à nons rendre nos déserteurs.
«"Il y a deux prisonniers firançaisà la Caroline le ohé» y aller Duclos, qui était de la malheureuse esqpiéditûm d» d'Artaguette, et un soldat''
Le 12 avril suivant, il écrivait : ^'Trois autres Suiasei ont déserté à Peosaeola, où la disette ept toqjfwws trèsgrande. Le gouverneur m'a envoyé demander des vivres. J'ai refusé, i cause du refuge donné à nos déser^ tenrs. Là-dessus, il me les a renvoyés. U vient ici tous les jours des Espagnols que la faim chasse dePe»aacola. Nous en avons déjà plus de trente, dont la pèleor est affireuse. Jamais on ne vit misère pareille."
Best assez singulier que les soldats firançais^t^Boisses fldent déserté pour aller dans un endroit où l'on mourait de faim, et dont les habitants eux-mêmes fuyaient pour venir à la Louisiane chercher quelques moyens de subsistance.
BienviUe et Salmon firent conjointement, cette année, un rapport fort intéressant sur les barres de sable qui obstruent les différei^;es entrées du Mississippi à uon embouchure :
^D se fait chaque jour, disent-ils, des changements au passage de la barre de la Balise et à l'embouchure du fleuve. Oi a remarqué que lorsque l'hiver n'a pas été long, et que le vent du Nord ne souffle pas beaucoupt ces changements deviennent phys sensibles, et qu'il ify trouve moins d'eau.
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1788. ^ela vient encore de ce qn'il y a deux passes, par où Feau coule avec plus de rapidité que par celle qui conduit l'eau à la Balise.
^Le sieur Livaudaist capitaine de port, trouvait sur la barre, il y a environ dix années» jusqu'à environ seize pieds d'eau, mais elle s'est sensiblemeiit engorgée. D n'y en a trouvé dernièrement, an passage de l'Oroo, que onze pieds et demi*
K)ette diminuti<ni d'eau a causé beaucoup de difficulté, pour le passage de ce vaisseau, parce qu'il tire plus d'eau que ses devanciers 0 en est souvent résulté des frais et des avaries»
^Pour remédier i cet inconvénient, la compagnie des Indes avait pris le parti de faire fabriquer, il y a environ douze ans, des herses en fer que l'on traînait pour mouvoir le sable etlavasew
*Kjet expédient avait un autre inconvénient La vase s'en allant au courant, il ne restait que du sable qui formait un corps solide, lequel, par la succession des temps, aurait non seulement incommodé les vaisseaux, mais les aurait môme arrêtés. De sorte que l'on prit le parti de ne plusse servir de ces herses.
««Comme la compagnie des Indes se servait de gros vaisseaux qui n'auraient pu passer sans être allégés, on prit le parti de laisser i la Balise une flûte qui recevait une partie de leur ehargement, et l'endroit où séjournait cette flûte M Creusé insensiblement jusqu'à vingt-cinq pieds.
K)ette expérience les porta à penser que pour creuser entièrement la Balise, il conviendrait d'avoir dans la colonie un bâtiment qui tirât jusqu'à dix-huit pieds, dans la cale duquel on construirait des puits en maçonnerie que l'on remplirait d'eau par le moyen de pompes, pour le faire enf<mcer davantage au besoin, et que l'on pourrait aussi alléger, en tirant de l'eau de ces puits, Icn que les circonstances le demanderaient Ce bfttiœent,
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montant et descendant sur la bimre, oreuserait un canal 17S8. n est vrai que cela causerait beaucoup de dépense, mais Futilité serait incalculable.
^Le sieur Livaudais^qui navigue depuis trente années, a été jusqu'à présent d'un grand service pour le passage des vaisseaux, et les a souvent par sa prudence préservés de bien des accidents. Après avoir servi quelques années sur les corsaires de St-Malo, il a passé dans la colonie au service de la con^>agnie des Indes. Il a mérité et il serait convenable qu'on lui accordât un brevet d'enseigne."
Quant aux sauvages, Bienville écrivait en date du 26 et 28 avril :
''Les Illinois n'ont pas plus fait cette année que l'année dernière contre les Ghickassas. Us ont levé plusieurs partis qui sont tous revenus sans rien faire, sans même probablement avoir vu ni cherché les Ghickassas. Je ne sais à quoi attribuer ce relâchement de leur part, si ce n'est à quelque mécontentement particulier que l'on croit qu'ils ont, au sqjet de Yf^&aier qui commande dans ce poste. Il faut des talents particuliers pour ccHnmander avec succès aux minois. H faut de la complaisance et de l'affabilité pour les sauvages. D faut être désintéressé et même généreux pour gagner les plus accrédités. Il faut enfin les aimer, ou du moins se plaire avec eux pour s'attirer leur confiance. Le gouvernement des habitants de ce quartier ne demande pas moins de talents. Ils ont presque tous été coureurs de bois. Us conservent encore leur premier état d'indépendance qui les porterait facilement a la révolte, s'ils étaient aigris. Il leur faut un commandant qui soit doux, afiable, en même temps équitable et démntéressé, qui sache se faire estimer et respecter, sans chercher à se faire craindre.
^Le Soulier Rouge a reccmunencé plus que jamais ses intrigues en &veur des Ghickassas et des Anglais.
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1738 M. Diron d' Artagaette ayant fiût pamii les Chaetas une distribution de présents dont ils n'ont pas été satisfaits» le Soulier Rouge a profité de ces dii^MMsitions d'esprit poor nous desservir. Il a dit que nous voulions détruire les Ghickassas pour détruire ensuite les Chactas, et que ce que nous poursuivions, c'était l'extermination des SBUvages. La preuve^ a-t-il ajouté, résulte d^un metsage envoyé par le chef français au chef anglais de la Oarth Une, priant celui-ci de ne point envoyer de secours aux ChickassaSf afin de les détruire plus aisément. Une autre preuve résulte aussi de cette pratique des Français de faire détruire lesnations indiennes les unes par les autrès. Tandis que les Anglais sont nos véritables amis et sont plus riches et plus forts que les Français.
^ur ees entrefaites, arriva un Ghactas fait esclave par un parti de Ghickassas, racheté et renv<^ libre par un traiteur anglais, peur preuve de bonne amitié. Cet incident donna une grande force à l'éloquence Mtannique du Soulier Rouge.
^Je pense que les Ghacfcas de l'Ouest, tout au moins» nous resteront fidèles. Gependant, on ne peut jamais avoir une grande confiance dans ces sauvages, qui sont tous ciqiides et inconstante.
^D faudrait m'envoyer des forces suffisantes pour terminer cette guerre, dont dépend le sort de la colonie.
*^ons les magasins sont dégarnis. Ge qui nous fonce i reftiser de traiter avec les Ghickassas, pendant que les Anglais sont fournis de vivres pour plusieurs années et que leur approvisionnement est tocy^'iurs considérable. Oet état de dioses prêle un appui immense aux intrigues des Anglais.
'«J'aurais bien voulu frapper un coup décisif Fan dernier et l<Mrsque les dispositions des Ghactas étakat favorables, mais je ne l'ai pu, faute de forces suffisantes ' pour nous passer desOhaetas, et même pour pouvoir les contenir, en cas de diqperitioméqQivoques de leur paît"
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Le goayemement français finit par aceorder à Bien- 1738. vUle oe quHI avMit demandé avec des instances si réitérées, c'e6t<à-dire, une augmentation de forces pour somnettre les Chickassas. Le ministre lui écrivit :
"^Sa Majesté envme à M. de ffienville de Tartillerie, des armes, munitions, vivres, marchandises, et sept cents hommes, y compris les recrues. Sa Majesté envoie ausn des bombardiers, canonniers et mineurs. Elle envoie le sieur de Noailles d'Aimé, ancien lieutenant de vaisseau, p<»3r le commandement des troupes détachées de la marine et des Suisses, désirant que le dit sieur de Noailles d'Aimé ait pendant l'expédition le commandement, non-seulement de ces troupes, mais encore celui des troupes de la colonie et des milices sous les ordres de M. de Bienville, auquel Sa Ma* * jesté recommande de se concerter pour le service de ses troupes avec le sieur de Noailles, qui a les talents et l'expérience nécessaires pour le commandement.
'On fera une seconde expédition, si la chose est absolument utile à la colonie. Cependant il ne fitudra pas la faire sans une nécessité réelle."
Cette dépêche devait nécessairement exciter très vivement la jalousie de Bienville. C'était lui dire qu'il n'avait pcus les talents et Veocpérience nécessaires pour le commandemenij et qu'on lui envoyait un officier de mérite pour diriger l'expédition projetée, tout en lui conseï^ vaut, à lui, Bienville, le commandement nominal. D était clair que, si cette expédition réusissait, tout le crédit en reviendrait à M. de Noailles, et que le mauvais succôs' de Bienville, dans les expéditions précédentes, ne parat« trait que sous des couleurs plus désavantageuses. Pour quiconque connaît l'espèce humaine, il était évident que cette expédition devait ne pas réussir, et en efiet elle ne réussit point. Les demi-mesures n'ont jamais eu aucun bon résultat. Bienville était capable, ou il ne l'était pas,
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1736. de conduire Fexpéditioii. S'il l'était, il fallait avoir confianoe en loi, et lui laisser les coudées frandies. S'il ne l'était pas, il fcdlait lui ôter complètement le conmiandement Mais lui laisser en apparence ce commandementy en froissant son amour-propre, en lui envoyant une espèce de Mentor, qu'il devait ccmsulter pour les opérations militaires, c'était gratuitement faire une expérience dangereuse. La suite prouva qu'on avait pris un parti peu sage.
L'année 1789 se passa en préparatift pour la campagne qui devait écraser les Chickaasas. M. de Bienville envoya le chevalier de Noyan, son neveu, chez les Ghactas, pour s'en concilier le bon vouloir. Le 25 mars, il écrivait : ^La mission de mon neveu de Noyan a fort bien réussL II est vrai que Soulier Rouge a persisté à demeurer favorable aux Anglais, mais il n'y a que lui et dix villages qu'il domine qui soient dans ces dispositions^ tandis que les trente-deux autres sont pour nous, avec Alibamon Mengo et les autres chefis. Ceux-ci ont frappé sur les Chickassas. Ce qui a failli causer une guerre civile. Quelques coups ont même été échangés, mais pendant l'absence de Soulier Rouge, qui est allé aux éta^ bliâsements anglais de la Greorgie, avec quatre-vingthuit hommes, pour avoir la récompense de ses services. Tous les villages, sauf les dix du Soulier Rouge, ont fourni leur contingent pour marcher sur les Chickassas^ qui ont perdu plusieurs hommes. Des traiteurs anglais ont aussi été pillés, blessés et mis en fuite. De sorte qu'il n'est pas possible que les Anglais s'exposent encore à venir chez une nation, dont la grande msjorité leur est hostile et où son partisan n'a pas une grande influence après tout, d'après les derniers événements."
Le 26 mai, U disait encore au ministre : ^D'après les lettres que je reçois de M. Lesueur, qui commande à Tombekbé, les Chactas sont mieux disposés pour nous
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que jamais. Soulier Rouge lui-même est revenu fort 1759. mécontent de la Nouvelle-Géorgie, où on a donné fort peu à ses compagnons de route et rien pour ceux qui sont demeurés dans leurs viUages. Le Soulier Rouge a dit que si je voulais tout oublier, il serait notre plus dévoué partisan. Je le verrai venir. Il ne faut p^ lui donner trop d'infiuence, de crainte qu'il ne s'en serve contre nous. Quoiqu'il en soit, la guerre est maintenant bien vive entre ces deux nations, et nous n'avons pas à craindre que les Ghactas nous causent des embarras."
En effet, le Soulier Rouge était tout à fait revenu aux Français. Le 18 d'août, il avait pillé avec ses guerriers trois magasins anglais, et il était allé courir sur les Chickassas. Ainsi, toute la nation des Ghactas s'était prononcée pour les Français. De ce côté là, il n'y avait donc plus d'inquiétude, et BienvUle se trouvait placé dans la coi\joncture la plus favorable pour en finir avec les Ghickassas, en les écrasant Aussi, fit-il ses préparatifs en conséquence. Il avait renoncé à attaquer les Ghickassas parles lacs, comme par le passé. C'était cependant le chemin le plus court et le plus facile. Il n'en jugea pas moins convenable de s'en écarter, et il prit la résolution de remonter le fleuve jusqu'au point le plus rapproché des villages des Ghickassas. Là, il avait donné rendez-vous à toutes les forces de la colonie et à toutes celles qui pourraient venir du Ganada. De ce point, sur le fleuve, après jonction faite de tous les corps de Parmée, on devait marcher au travers des terres jusque chez les Chickassas. Ce qui avait décidé Bienville à choisir cette route, plus longue et moins connue que celle qu'il avait déjà prise, c'était sans doute la conviction où il était, qu'il lui serait plus facile de se procurer des vivres; en ne s'écartant pas trop des bords du fleuve.. Depuis 1737, Bienville avait eu la précaution d'envoyer l'ingénieur Devergés étudier le terrain. D parait que Devergès, après en avoir pris connaissance, fit un rap-
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1789. port favorable, puisque Bienville ne fit aucun ohaogement à son premier plan. Il se trouvait, en 1739, à la tête de forces considérablesp depuis l'arrivée des sept cents hommes que lui avait amenés ]\L de Noailles d^Aime. Il était d'ailleurs abondamment pour^Ti de munitions, de vivres, de bombardes et de canoiu*. Le rendez^vous de l'armée était remboucbure de la rivière à Margot, tout près du site où s'est élevée de nos jours la ville de Memphis, dans TEtat du Tennessee, De Noyan, qui commandait Tavant-garde, y arriva vers le mois d'août Peu après, M, de la Buissonnière, qui avait succédé au malheureux d*Artaguette dans le commandement du fort de Chartres, aux Illinois^ arriva avec la garnison du fort, une partie des milices des Illinois, et environ deux cents Indiens, Une semaine aprèii;» Céle^ ronetSt. Laurent arrivèrent du Canada. Ils amenaient une compagnie de cadets de Québec et de Montréal, el un nombre assez considérable de sauvages du Nord, En attendant Bienville, ces troupes construisirent un fort à l'endroit où elles étaient campées, et rappelèrent le fort de l'Assomption, parce qu'il lut achevé le jour que l'Eglise catholique célèbre cette fête.
Bienville menait avec lui seize cents Indiens et le reste des troupes* Lorsque Tarmèe fut entièrement réunie, elle se trouva composée d'environ douze cents blancs, et de près de deux mille quatre cents sauvages. Mais on perdit un temps considérable en délais inexplienbles. Bienville ne rejoignit que le 12 novembre son avantgarde, qui était arrivée depuis le mois d'août au lieu ou on lui avait prescrit de s'arrêter. Bans cet intervalle, il y avait eu une grande mortalité parmi les troupes, qui n'étaient pas acclimaté es>
Enfin, le 12 novembre, toutes les forces de la colonie étaient réunies, et elies étaient assez considérables pour en finir à tout jamais avec les Chicka^as. Mais, chose extraordinaire \ quoique Tingènieur Devergès eût trouvé
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un chemin depuis deux ans, lorsque Tavant-garde était 1739. arrivée, le 4 août, le chemin trouvé n'existait plus, et le même ingénieur Devergès, M. Saucier, à qui Fon donne dans les dépêches le titre de dessinateur, et M. de Noyan se mirent de nouveau en quête d'un chemin. Chacun d'eux trouva un chemin différent, et chacun prétendit que le sien était le meilleur. Quoiqu'il en soit, il en résulte qu'il y avait trois chemins. Enfin, le 12 novembre, Bienville qui, en sa qualité de général en chef, était appelé à choisir entre les trois chemins, arriva sur les lieux, n les trouva tous trois impraticables. Enfin, après avoir cherché encore, depuis le 12 novembre jusqu'au mois de janvier, l'ingénieur Broutin, suivant des indications données par le sieur de Noyan, neveu de Bienville, trouva sur les hauteurs un chemin qui fht reconnu pour bon. Ainsi, il fallut cinq mois pour en découvrir un praticable, et, par une fatale circonstance, il ne fut découvert que précisément au moment où les vivres étaient épuisés. Il fallut bien alors rétrograder, et c'est ce que l'on fit, sans que l'armée eût même mis le pied sur le territoire des Chickassas. Depuis le 12 novembre, époque à laquelle toute l'armée avait été réunie, elle resta immobile et sans rien faire jusqu'en février 1740. Ce ne fut qu'alors qu'il fht convoqué un conseil de guerre, composé de Bienville, de Noailles d'Aimé, de Bellagues, du Teillay, de Longueil, de Noyan, de Gàuvrit, d'Hauterive, Pépinet, et d'Aubîgny. Il fut décidé par ce conseil que, vu l'état présent des choses, il était impossible de se rendre aux Chickassas, sans compromettre les armes du roi. L'on décida, en conséquence, qu'il fallait s'en retourner comme on s'en était venu. Ainsi finit cette campagne, pour laquelle le gouvernement français avait fait tant de dépenses, et sur laquelle il comptait avec raison pour l'extermination des Chickassas.
Ce qu'il y a de remarquable, c'est que, pendant que l'armée, sous le commandement de Messieurs de BienviUe
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.1740 et de Noailles d'Aimé^ battait en retraite, M. de Celeron, qui était venu du Canada pour ccmcourir à Texpédition, partit le 15 mars, avec sa compagnie de Canadiens, environ une centaine de Français, quatre à cinq cents Indiens qui s'étaient joints à lui, et marcha bravement contre les Chickassas. Ceux-ci, lorsqu'ils aperçurent M. de Celeron, se présentèrent à lui dans la posture la plus humble et lui demandèrent la paix avec d'instantes supplications. M. de Celeron la leur promit et envoya leurs chefs courir après M. de Bienville qui s'en allait Bienville fit avec eux une sorte de traité de paix postiche, après qu'ils eurent livré quelques Natchez, et qu'ils eurent promis d'exterminer le reste de cette race malheureuse. Cependant, Bienville en leijir accordant la paix en ce qui concernait les Français, leur déclara qu'il n'arrêterait pas les courses des Chactas contre eux et qu'il continuerait de payer aux Chactas les chevelures qu*ils enlèveraient aux Chiokassas, parce que les Chactas avaient contre eux de justes si\jets de plainte, pour lesquels ils n'avaient pas encore obtenu de satisfaction.
M. de Celeron, avant de s'en retourner au Canada, rasa le fort de l'Assomption, qui, par conséquent, iht aussitôt détruit qu'élevé. Ce fut le seul officier qui rapporta quelque gloire de cette campagne, dont le résultat est loin de faire honneur à Bienville. Il est évident que Bienville le sentait lui-même. Car la manière vague et le ton embarrassé dont il rendit compte de cette expédition prouvent qu'il n'était pas à son aise sur ce terrain. Sa dépêche, qui est du 6 mai 1740, n'est qu'une mauvaise et boiteuse justification de sa conduite. Les excuses abondent sous sa plume, et l'on voit qu'il plaide une cause difficile à défendre.
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Dépêche de Bienvillb.
(Fragment.)
"Monseigneur aura su, par mes précédentes lettres» que» quelque diligence qu'on ait pu faire pour presser le départ des différents convois qui devaient composer notre petite armée, je ne pus partir d'ici (la Nouvelle-Orié» léans) que le 12 de septembre. M/àis mes bateaux étant armés de soldats de la colonie accoutumés aux chaleurs et à la rame, je ne ftis que deux mois en route, quoique j'eusse été obligé de me détourner, pour aller inviter les Arkansas à venir nous joindre i FentrepAt de la rivière à Margot, où je me rendis le 12 novembre* Taipptia avec satisfaction, en passant au fort St. François, que le transport des vivres et effets qui avaient été amassés était presque fini, et je donnai mes ordres pour faire passer par terre les bœufe qi» Ton y avait laissés jusque là, pour ménager le fourrage des environs de la rivière à Margot, qui était extrêmement rare, surtout dans une saison si avancée.
"Dés que je fus arrivé, mon juremier soin fut de prendre connaissance de la qualité du chemin que le sieur Saucior avait découvert, et qui efa effet se serait trouvé très praticable dans une autre saiscn; mais il se trou^ va alors si inondé parle débordement de plusieurs petites rivières, enflées par des pluies presque continuelles, que nous fttmes obligés d'en faire chercher un autre. J'envoyai le sieur Broutin, ingénieur, avec un détachement considérable de troupes et de vdontaires pour reconnaître un terrain plus élevé, le long de la rivière à Margot, qui nous avait été indiqué par M. de Noyan. En eflet, le sieur Aroutin nous rapporta, à son retour, qu'il avait suivi jusqu'à près de vingt-trois lieues un terrain ferme et élevé, par lequeli sans beaucoup de travail, on pourrait pratiquer un chemin commode.
SâO I.CHAP. XV.
1740. ^Les pluies, qui avaient rendu le premier chemin impraticable, avaient tellement rempli les bas-fonds que nos bestiaux avaient eu à traverser pour venir de St. François, qu'en huit jours de marche nous en avions perdu plus de la moitié. Le reste, au nombre de quatre-vingts bœufs et trente-quatre chevaux, était arrivé si exténué, que nous avions perdu l'espérance d'en tirer aucun service. Notre unique ressource était donc en l'arrivée de cent cinquante chevaux et cent bétes i cornes que nous avions fait aeheter, M. de Salmon et moi, aux Natchitoches, dont nous n'avions cependant aucune nouvelle, quoique nous eussions donné nos or-^ dres pour les faire rendre à la fin de sept^nbre au fort St François. Ce ne fot qu'à la fin de janvier, que nous apprîmes que les bétes à cornes s^étaient écartées et perdues à soiXante-dix lieues des Natchitoches, et que les chevaux avaient péri dans la route, à la réserve de cinquante, qu'on avait été obligé d'abandonner au delà de . la rivière des Arkansas, dont le débordement avait rendu les approches inaccessibles. Cette nouvelle perte, qui nous mettait hors d'état de rien entreprendre daiis un pays sans ressource c^omme eelui-ci,me fit convoquer un conseil de guerre, composé des principaux (aciers de diaque corps, dont le résultat fht: qu'étant dfeuns l'impossibilité de mener l'artillerie nécessaire pour as* snrer le succès de rexpédition, il ne convenait point dé conipmiiiettre la gloire des armes du roi en nous mettant au hasard d'un succès dôtiteux.
^Je sens avec âodJtour que Montieignétir ne sera pas satis&it de ceite entre|yrisë qui aéoûté tant de dépensei an roi, inais je me flatte en même temps qu'il voudra bien obseiyer. que je n'àvtiis manqtté à aucune pré^ esution nécessaire pouk* tendre bette campagne nxoA glnieuse qu^ Sa Majesté avait lieu d'espérer. La jenetioa des différents seo({ufB qtte nout avions api^lés^ s'était âtite it point, même les provlflions de brâbhè
levaient 6(6 qmtumiSQa ^n plos gn^e abondance qiCU 174Q. u'^ût été néce8(3airei»ai nous n'avions peint trouvé d'obs^ tacle9* Soixante-cinq paires de bœufs et cinquante chevaux étaient rendus des lUincHS à St Fraiiçois, dés 1^ fin de. juillet. Deux cent cinquante chevaux et cent bêtes à cornes, achetés aux Natchitocbes, devaient ^y rendre au mois de septembre. Des débordements de rivières» causée par les pluies de Tartiàre-saisqnt Pttt renversé tous ce^ prqjetSy en faisant péi^ tous nos bestiaux, et nous ont fait perdre le fruit de tant de dépense^ et de tant de peines. Au reste, Monseigneur, si nous ne sommes pas sortis de cette afiaire avec tout le succès qu'on avait droit de se promettre, la gloire des armes du roi n'en a pas souffert Toutes les nations ont ^té frap* pées des pjréparatifk de notre campagne, et ont senti la supériorité de nos forces» EUes ont été tévtmns des démarches que les ennemis ont faites par suinte, pour obtenir la paix.
**Je pense même pouvoir avancer que, eu égard à la tranquillité de la cokmie, les affaires sont en meilleur état que si nous eussions marché aux ennemis. Nous savons, de leur propre aveu« qu'ils observaient nos mouvements, dans le dessein d'^i)andonner leurs forts dès qu'ils auraient su notre marche, qu'il aurait été impossible de leur dérober, puisque nous avions à traverser, avec un gros train, un espace de trente-cinq à quarante lieues de bois. D'ailleurs, si d'un côté, pour assurer la navigation du fleuve, nous leur avons promis la paix de la part des nations du Nord, nous les tétons en édiee du côté des Chactas, jusqu'à ce qu'il convienne à nos intérêts de leur accorder la paix générale. Ce que nous ne ferons qu'à condition qu'ils éloigneront pour totyoui^ les Anglais de leur pays. Afin d'y parvenue plus pnunp* tement, je profiterai de l'indisposition où sont aotueUsf ment les Chactas à l'égard des Anglais, pcxir leé exciter à tnHibier plus qne jamais leur comnpanimtim
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1740. avec les Ghiokassas. La disette de mardiandises, dans laquelle nous sommes presqne torg<»m^ ne m'a pas permis de faire aucmie onvertare aux Ghickassas sur Féloignement des Anglais. Ils n'anr&ient pas manqué de me demandei* des traitetirsy que je n'am'ais pas été en état de leur fournir. Ainsi, il est d'une conséquence infinie que nos magasins soient tocgours abondanmient munis de marchandises. C'est le seul moyen de main^ tenir les nations dans nos intérêts et de repousser avec avantage les attaques de nos voisins. Je ne pense donc pas qu'il convienne de travailler à l'accommodement des Ghickassas* avec les Chactas» jusqu'à ce que je sds parvenu à Soigner les Anglais, soit en les faisant inquiet ter par les derniers, afin de les dégoûter du commerce des premiers, soit en obligeant les Ghickassas à les chasser, pour obtenir la paix avec les Ghacta& Ces Ghickassas ne sont pas au reste en état de causer par eux-mêmes de l'inquiétude à la colonie. Nous savons, de leur propre aveu, qu'ils sont à peine trois cents hommes, et que leurs plus fameux guerriers ont péri par la guerre."
Personne ne sera de l'opinion de M. de Bienville, lorsqu'il dit: Si fumsne sommes pas sortis'de cette affcAre avec tout le succès qvfon avait droit de se promeUre^la gloire des armes du roi rCen a pas soufert. Mais, lorsqu'après cette désastreuse expécQtion, daxa laquelle cinq cents hommes avaient péri de maladies, il ajoute : Les affaires sont en meilleur état que si on avait marché à Vermemi^ on ne peut s'empêcher d'être étonné de la hardiesse d'une pareille assertion. Si la persuasion où il était, comme il le dit, que les Indiens auraient abandonné ^ leurs forts, auraient fui à son approche, et que par conséquent on n'aurait rien gagné à aUer jusqu'à eux, était une raison suffisante pour ne pas achever l'expéditioB, ce n'en était pas une moins bonne pour qu'elle ne f&t pas entreprise. Quant aux autres obstacles dont parle
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M. de Bkfcivitte, U$ étaientde nature à être jn^évas» et I74e. Fon owait dû y avoir pourvu avaol l^ départ de Tarmée. Toiitaf 2éur naffom, dit BienvUle dans m dépéelie, mt étéfirajfp6B0ie9préparail^9êenM oampingne et (ma ienH la mêfirioriU de no» foreeg. Mais», plus œs forces étaient eoosidôrables, plus les préparatiis d'attaque avaient été grands» et plus les natâona sauvages devaient être ftappées de leur inutilité et de Finqpnissaii* œ des Français. Plus grande aussi devait être la déconsidératèQB* dans kuiuelle les avaient jetés tairt de «Mnpagnes infiruetoenses» auxquelles cette demiàre venait apporter son oampléœent de honte et dliumilia* tion. On avait fkit la paix» il est vrai» à la demande des Chickasaas» nmis ils n'avaient livré aucun otage et n'avaient donné pour garantie qu'une vaine promesse» igù pouvait être violée au gré du caprice ou de l'intérêt
Four juger eorre<^ement du sentiment qui avait été le mobÛe de la conduite de BienviUe dans toute cettp affaire» il suffit de se raj^ler» qu'avant cette ejq>édi* tion, il n'avait cessé de représenter les Ghickassas comme une nation extrêmement redoutable» avec laquelle il fallait en finir» et» en ^Qséqnence» il avait demandé à grande eris dégarnies et des troupes pour atteindre ce but désiré. Aussitàt après que l'expédilâon eut (na^ué» et sans que les Ghickassas eussent éprouvé ftucnne perte importante depuis ses dernières' dépêches» dans lesquelles il les représentait comme si dangereux» il écrit que cet mêmes Ghickassas ne sont pas en état de c^mser par etix^^f^êmes de Pwqviétude à la colonie et qu^ils sont à peine trois cents hommes.
Le mot de l'énigme» c'était l'arrivée de M. de Noail* les» que l'on avait envoyé» avait dit le ministre» comme officier d^expérience et rempli de talents militaires^ pour suppléer à ce qui pouvait manquer à BienvUIe sous ce rapport» et avec lequel il était recommandé a BienviUe de
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1740. g'entendre en tout pour la conduite de l'expédition. De là* le mal, de là Fimpossibilité où ftirent pendant cinq moûi les coureurs de bote, les deux mille quatre cents Indiens, et les ingéniears qui étaient avec Bienville, de décon* vrir un chemin qui conduisit chez les Chickassas. L'ingénieur Devergès» dans sou rapport au ministre, tout en déclarant ne vouloir accuser personne, se plaint de jalousies, de piques, de conflits de pouvoir, et attribue à ces causes une partie de l'insuccès de cette expédition. C'était là, en efiet, mettre le doigt sur la plaie.
Il résulte d'un tableau, signé Bienville et Salmon, sous la date du 15 juin, que la guerre des Ghickassas avait coûté, du 1er janvier 1737 au 31 mai 1740, la somme dé l/)88,383 livres. Quant aux dépenses courantes de la colonie, le budget se monta, pour 1740, à 310,000 liv.
La note suivante, sur quelques (liciers de la colonie, à cette époque, a été fidèlement copiée dans les cartons du ministère de la marine, et offiira sans doute quelque intérêt à des &milles louisianaises, qui y retrouveront les noms de leurs ancêtres.
Capitaines.
De Gauvrit. — Long-temps servi en France. Capitaine réformé. Passé en Louisiane en 1716. Fait chevalier de St Louis en 1729. — 59 ans.
D'Hauterive. — Long-temps servi en France. Venu dans cette colonie en 1720 comme capitaine. Chevalier de St Louis en 1736. — 52 ans.
De la Buissonidère. — Officier en France. Venu en la colonie en 1720 c<»nme lieutenant. Fait capitaine en 1732. — 45 ans.
De Berthel.— Servi en France au régiment de Montmorency. Venu en 1782 comme capitaine. — 40 ans.
De Bénac. — Servi en France dans les gardes-ducorps. Chevalier de St. Louis en 1721. Capitaine en 1732.— 52 ans.
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De Membrède. — Servi en France dans les gaides-du- 1740. corps. Capitaine en 1782. — 82 ans.
Lesqenr^-^n est dans la cdonie depuis 1707. Capitaine en 1784. — 44 ans.
De Blanc. — Servi très long-temps en France dans Royal-Marine comme lieutenant Venu avec ime compagnie dans cette colonie en 1719. Bon officier. — 57 ans.
De Maearty*— Venu en cette colonie en 1782. Aidemigor de la Nouvelle^hrléans. Fait capitaine en 1786. -^-84 ans.
Benoist. — ^Venu en 1717 comme enseigne. ' Lieutenant en 1782 ; capitaine en 1787.— *47 ans.
De yelles.--'-^rvi cinq ans dans les mousquetaires. Venu en 1732 comme lieutenant. Capitaine en 1787.^ — 8dawu
Le cheyalier d'Qrgon. — Venu en 1787 ; capitaine en 1780w-HS«ns.
LieutenanU.
Duterpuis. — Venu en 1717 comme sergent Officier en 1721. Lieutenant en 1782^ — ^71 ans.
D'Hemeuville. Venu en 1781. — 29 ans.
Bonnillc-^ils d'un ancien officier. Venu avec son père en 1717.
Maret Dupuis. — Venu en 1717, comme cadet; enseigne en 1781. Lieutenant en 1786.— 44 ans.
De Grand-Pré« — ^Venu, en 1781, enseigne en second ; enseigne en pied en 1782. Lieutenant en 1787. — 46 ans.
Monteharuau* — ^Venu en 1782 comme enseigne. Lieutenant en 1787. — 48 ans.
Maret de la Tour. — ^Est dans la colonie depuis 1717. —40 ans.
F&vrotf-^Venu, en 1782, enseigne en second. Lieutenant en 1787. — 88 ans.
866 [ciAP. xr.
1740. Hatore. — Venix, ea 1738, enseigne.-^-Sd ans. Vandereck. — ^Veira en 17^1.— 68 ans.
Mongrand. — ^Veûu en 1787, Avec une expectative de lieutenance.
Enseignes en pied.
De Pontaiba. — ^Veim, en 17^ avec one expectative d'enseigne en second. Mis en pied en 1737. A fort bien servie Parait être corrigé du goût trop marqué qtfil avait pour le commerce* — 26 ans.
Le chevalier de la Houssaie. — ^Venu en 1731, cadet. Officier en 1733.-^36 ans.
Mazan. — ^Fils d'un capitaine de galères. Venu cm ce pays, en 1786, comme enseigne en second. Enseigne «B pied en 1737.— &5 ans.
Populus de St Protais. — ^A servi cinq ans comâie eadet dans la colonie. Enseigne en 1733. — 2è ans.
La Gautray. — ^A servi dans les cadets de Rodiefolt. Venu en 1737.
Grouville.
Dupassàf^.
Chevalier de Bfacatty.
Chevalier de Villters.
GoArin de la MattUlidrc^-^Servi dans ce pays cinq ans, cadet Enseigne en second en 1735. En pied en 4739^-^4 aas.
Soullégre.*^Vémt l'im dernier eomme 6ll0èigBe en pied» sortant des cadets de Rocbefert
Enseignes en second.
^uood9t.*^eiPVl 4fh œ pa^ (dnq anscMmue estdet Enseigne en 1734.
ISIlkcâwol.-'-âervi déUx atas en ce pays. Bueigne en 1735.
frniddiaii-''4)aâet dobs -les tMlpe6 t^etidaét qfiâtte ans. Enseigne en 1737. — ^26 ans.
Boissy. — Servi dix-sept ans, cadet dans les eompa- 1740. gnies. Enseigne en 1737. — 47 ans.
Poraeufl — Servi en Canada conuDe cadet Venu aux minois avec une lettre d'enseigae«-*-38 ans»
Lasser^ — ^Enseigne en 1786, en oonsUératioii des services de feu son père, tué par les Qbickassas» — 17 ans..
Le Peltier. — Venndu Canada au: Illinois avec une lettre d'enseigne» il y a dix4imt mois. Pauvre siget — 24 axis.
Voisin^^Fils d'un marchand de oe pays. A reçu en 1737 une l^;tre d'enseigne* Bon siyet — 2S ans.
Le Grand. — ^Venu du Canada aux Illinois comin^ enseigne, il y a dix-huit mois. — ^Pauvre sujet
Du Plessy^— «Servi pendant trrâs ans comme cadet Enseigne en 1738» — S4 ans. H est sage et sert bien.
Rouville. — Cadet au Canada cinq ans. Venu demie* rement comme enseigne.