‹ Histoire de la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 92 · HR · texte numérisé non relu

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tantes pour qu’on n’y revint pas. Aussi, messieurs de

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rap- ler. février, une ordonnance portant la création de bil-

i lets depuis vingt-cinq livres jusqu'à trente livres, et aus tôt ; dessus, s’il était nécessaire : “Lesquels billets, disaient pri- ï messieurs de Vaudreuil et Michel dans leur ordonnance,

à seront numérotés, enrégistrés, signés par M. Michel, et yen : ensuite remis par compte au trésorier pour s’en sérvir à ilité à acquitter les dépenses du roi, pour retirer les acquits

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répandus dans le public et les récépissés qu’il pourrait lui-même y avoir répandus pour raison des dits paiements; lesquels nous ordonnons de rapporter au trésor après la publication de la dite ordonnance, et les billets y énoncés seront donnés en échange, de façon qu’il n’y ait pas d'autre circulation dans le public. Il sera fourni des lettres de change pour ces billets comme par le passé.”

Le gouvernement fut fort étonné lorsqu'il apprit qu’une pareille ordonnance avait été rendue, et elle fut désapprouvée par le conseil d'Etat, sur un rapport qui lui en fut fait et dont voici les conclusions :

1°. “Les chefs d’une colonie ne peuvent recourir à des expédients de cette espèce, que dans le cas où il s'agirait de sa défense et de sa sécurité. Ils n’ont point, sur tout ce qui à rapport aux monnaies, plus d'autorité qu'un commandant de place assiégée qui, se trouvant sans argent et sans aucune ressource pour en avoir, peut faire recevoir du papier en paiement de ses dépenses ; et il serait même très dangereux d'étendre leurs pouvoirs sur une matière si délicate.

2, “L'expérience que l’on à faite à la Louisiane de la circulation des papiers de caisse doit rendre très circonspect à cet égard, et l’on ne peut pas douter que ceux qui font l’objet de l'ordonnance du gouverneur n’occasionnent bientôt les mêmes désordres que l’on a éprouvés à l’occasion des anciens. Par ces considérations, on estime qu’il est absolument nécessaire de les supprimer.”

Le 23 novembre, le ministre écrivit à M. Michel une lettre fort sévère, dans laquelle il blâmait énergiquement l’ordonnance que ce commissaire avait rendue de concert avec le gouverneur.

“Le roi, écrivait le ministre, n’a point approuvé l'ordonnance que vous avez rendue, le ler. février de cette année, pour introduire dans le public des billets et les

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faire circuler comme de la monnaie. Sa Majesté a été même fort surprise que vous ayez pris sur vous de faire une telle opération. Votre conduite à cet égard est sans excuse.

“D'abord, vous avez ‘trepas.i vos pouvoirs. Ensuite, vous ne devez pas ignot:r les désordres qu’avaient produits dans la colonie les précédentes émissions de papier, et veus auriez dû craindre le retour de ces désordres par suite de votre opération. Sa Majesté ne casse pas votre ordre par égard, mais vous voudrez bien retirer incontinent tous les billets émis, contre des lettres de change sur les trésoriers généraux.”

Sur ces entrefaites, le roi ayant enfin égard aux représentations de M. de Vaudreuil, qui, depuis longternps, demandait une augmentation de forces, décréta que dorénavant, il serait entretenu dans la colonie au moins trente-sept compagnies de cinquante hommes, formant un effectif de dix huit cent cinquante hommes. Il fut aussi décrété que le gouverneur pourrait donner annuellement un congé absolu à deux soldats par compagnie, à condition qu'ils s’établiraient dans la colonie.

En date du 26 septembre, le ministre avait envoyé de sages instructions à M. Michel, pour faciliter l’accroissement de la colonie. Ainsi, il permettait à M. Michel d’:ccorder des avantages fort libéraux aux soldats et à tous ceux qui voudraient se fixer à la Lou' ane. Il terminait en disant:

“Sa Majesté a bien voulu consentir à la proposition que vous lui avez faite de fournir gratis, à ces sortes d'habitants, (les nouveaux venus) des vivres en maïs et riz pendant dix-huit mois, avec des instruments pour commencer l'établissement des terres qui leur furent accordées. Elle approuve aussi qu’il soit fourni six mois de vivres de la même espèce aux artis':as qui s’établiront dans les villes, avec quelques instruments pour leur métier. Mais elle attend de vous que vous veilliez

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à ce qu'il en soit fait un bon usage, à ce que les concessions soient bien choisies, rapprochées, et à ce qu'il soit établi des villages.” &c., &c.

Le 12 octobre, M. Livaudais, capitaine de port et chef pilote, fit au ministre, sur l'embouchure du Mississippi, un rapport intéressant, dont voici un extrait :

“Monseigneur, j'ai l’honneur d'informer Votre Grandeur du changement qui s’est fait à l'entrée du fleuve, occasionné par l’équinoxe de septembre dernier. Lorsque la flûte du roi, le Rhinoceros, est arrivée en juillet, le gisement de la passe était Sud-Sud-Est, et Nord- Nord-Ouest, et présentement elle gît Est et Ouest. Cela n'est que trop fréquent depuis vingt-cinq ans que j'entre et sors des vaisseaux. Rarement les ai-je sortis par où je les avais entrés, et ces changements arrivent ordinairement dans le mois d'octobre, lorsque ce fleuve a peu de courant. Alors les marées remontent jusqu’à onze lieues. Il faudra présentement que les vaisseaux qui viendront chercher l'entrée mouillent Est-Nord-Est et Ouest-Sud-Ouest des maisons du poste de la Balise.”

Parmi les billets des trésoriers émis dans le pays en paiement de salaires, d’émoluments, ou pour autres services du roi, et que messieurs de Vaudreuil et Michel avaient voulu faire rentrer, en y substituant une monnaie de papier de vingt-cinq à trente livres, il s'en trouvait beaucoup de contrefaits, ce qui avait contribué à les déprécier. On découvrit qu’un nommé Joseph, homme de couleur libre, en était coupable. Convaincu de ce crime, il fut condamné à être fouetté par le bourreau, à être marqué avec un fer chaud, d’une fleur de 1ys sur l'épaule, et à être vendu aux îles.

Le 12 janvier, le marquis de Vaudreuil écrivit an ministre pour lui demander la croix de St.-Lonis en faveur de M. de Grand-Pré, commandant à Ton hekbé. Il fondait cette demande sur la bonne conduite et le

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service intelligent de cet officier, qui s'était distingué 1751.

dans la dernière campagne contre les Chickassas.

Le 18 février, M. de Vaudreuil et M. Michel publièrent des réglements de police. Comme rien ne peut mieux peindre l'esprit et les mœurs du temps, que ces réglements, par le style, la forme et le fonds, ils sont transcrits ici presque en entier :

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