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ral, me seconderont dans les vues que j'ai de me donner
tout entier à tout ce qui pourra contribuer au bien de cette colonie, que l’agio, première source du dé. lre, a totalement bouleversée. Les trois quarts au moins des habitants sont insolvables; mais avec de l’ordre et la sévérité qu’exige le maintien des lois, tout se rétablira avec avantage.
“Comme je finissais cette lettre, les commerçants de la Louisiane m'ont présenté la requête dont j'ai l’honneur de vous adresser copie, Vous y verrez ces traits séditieux et d’insubordination dont je me plains. L’exposé en est faux dans tous ses points, &c. &c.”
M. d’Abbadie termine en disant que le reste des réclamations des commerçants est peint avec des traits qui méritent toute la sévérité du ministre. Dans la requête à laquelle M. d’Abbadie fait allusion, le commerce de la Louisiane se plaignait de la situation affreuse dans laquelle se trouvait le pays, de la liquidation toujours ajournée de l’ancien papier-monnaie, et de la concession que M. d’Abbadie avait faite à une compagnie du drait exclusif de faire la traite avec les sauvages. Ce mémoire, qui avait si fortement indisposé M. d’Abbadie, était signé par les‘principaux commerçants de la Nouvelle-Orléans. On ne lira pas sans intérêt les noms de ceux qui constituaient le commerce de la Nouvelle-Orléans à cette époque reculée. Ces noms étaient :
Saillardi, Viviat, Milhet, Braquier aîné, Braquier jr. Carresse, Vienne, Arrivé, Fuselier, Laforcade, Blache, Denis, Rivoire, Duplessy, Lañitte, Saint-Pé, Fournier, Joseph Milhet, Delon, Cousin, Dumas.
Du fond de la Bastille où il était détenu, M. de Kerlerec avait présenté au gouvernement français, un mémoire sur la nécessité de faire de la Louisiane, de concert avec l'Espagne, un entrepôt de commerce, afin
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1764. d'utiliser cette colonie. Attachée à ce document, l’on trouve cette note ministérielle :
“Comme il y a dans ce mémoire quelques détails qui, en faisant voir à la Cour de Madrid des occasions trop prochaines de division avec les Anglais, lui rendraient la cession de la Louisiane moins agréable, il paraitrait convenable de refondre ce mémoire et d’en rendre les détails plus intéressants pour la Cour de Madrid.”
Hl est évident, d’après cette note, que le gouvernement français considérait la Louisiane comme un fardeau dont il avait hâte de se débarrasser et craignait tellement que le roi d’Espagne ne revint sur son acte d'acceptation, qu’il prenait ses précautions pour qu’on ne fit, ou ne dit rien qui pût dégoûter Sa Majesté Catho. lique du pays dont la France lui faisait présent.
ll était naturel, du reste, que la France renonçât, en désespoir de cause, à la Louisiane. (Crozat y avait dépensé en vain beaucoup d'argent; la compagnie des Indes y avait, tout aussi inutilement, gaspillé une vingtaine de millions, Quant à la France elle-même, il est probable que la colonie ne lui coûta pas moins de quarante ou cinquante millions de livres. Ainsi, un capital énorme avait été déboursé et aucun profit n’en avait été retiré. Au contraire, il ne restait à la France qu’une nerspective de dépenses encore plus considérables, si elle gardait la Louisiane ; car, au moment où elle en faisait la cession, d’Abbadie écrivait qu’on y manquait de tout, que la province était un chaos d’iniquités, et qu’il faudrait prendre un parti extrême pour y rétablir l’ordre. Tont cela n’était pas encourageant, et n’avait fait que confirmer le gouvernement français dans son projet de se débarrasser d’une colonie qui, plus tard, et dans des mains plus habiles, devait étonner le monde par sa rapide et gigantesque prospérité.
M. de Kerlerec, en présentant son mémoire sur la Louisiane, avait sans doute eu pour intention de s’atti-