‹ Histoire de la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 92 · CX · texte numérisé non relu

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rer l'attention favorable du gouvernement e &obtenir son élargissement de la Bastille, Mais «> ennemis, ou du moins ceux qui croyaient avoir à s’en plaindre, appelaient aussi l'attention du gouvernement sur son compte, d’une manière qui pouvait lui être moins avantageuse. Ainsi Philippe Marigny de Mandeville, officier dans les troupes détachées de la marine à la Louisiane, adressait une lettre au duc de Choiseul, dans laquelle il le suppliait de lui communiquer les motifs pour lesquels M. de Kerlerec l’avait retenu un mois en prison, trois ans aux arrêts, et l’avait envoyé ignominieusement en France. Il avait annexé à sa lettre au ministre la copie d’une lettre de M. de Kerlerec à son secrétaire, et deux certificats, l’un de Bienville, et l’autre, du marquis de Vaudreuil. Dans tous ces documents on parlait de M. Marigny de Mandeville dans les termes les plus flatteurs. 11 était fils de ce Mandeville, mort major de la Nouvelle-Orléans et chevalier de St.- Louis.

Le roi de France, au moment de perdre ses fidèles sujets de la Louisiane, voulut récompenser quelquesuns d’entr’eux pour leurs bons services, et nomma chevaliers de St. Louis, Messieurs Favrot, capitaine d’infanterie, et Nyon de Villiers, major commandant aux Illinois.

M. d’Abbadie demanda à cette époque un privilège d'imprimerie pour le sieur Braud, négociant de la Nouvelle-Orléans. La lettre était ainsi conçue :

D’Agsanie au MinisTRe,

“Le sieur Braud, négociant de cette ville, a proposé depuis longtemps d'établir ici, à ses frais, une imprimerie. Îla monté une presse, et, à défaut de caractères, il s’est servi d’une plaque gravée, qui a été d’une très grande utilité pour l'impression des lettres de change du

trésorier. Il attend tous les jours, de France, des ca-

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122 char, XXI.)

ractères ct ce qui est nécessaire pour l'établissement qu’il se propose de former, et dont on retirera de grandes facilités pour le service du roi et pour l’avantage de la colonie.

“Le sieur Braud vous supplie, Monseigneur, de lui accorder un brevet exclusif pour l'imprimerie, librairie et vente de livres dans cette colonie. Son intelligence et son zèle méritent que vous lui accordiez cette grace que j'ai l'honneur de vous demander pour lui.”

Cette grace fut en effet accordée. Ce fut le dernier monopole concédé par le gouvernement français.

Au mois d'octobre, M. d’Abbadie recevait une lettre de son souverain, qui lui donnait connaissance du traité de cession en faveur de l'Espagne. Cette lettre était datée du mois d'avril et était accompagnée de copies de l'acte de donation et de celui d'acceptation.

À Versailles, le 21 avril 1764,

Monsieur d’Abbadie, par un acte particulier passé à Fontainebleau, le 3 novembre 1762, ayant cédé, de ma pleine volonté, à mon très cher et amé cousin, le roi d'Espagne, et à ses successeurs et héritiers, en toute propriété, purement et simplement, et sans aucune exception, tout le pays connu sous le nom de Louisiane, ainsi que la Nouvelle-Orléans et l’île dans laquelle elle est située ; et par un autre acte passé à l’Escurial, signé du roi d'Espagne, le 13 novembre de la même année, Sa Majesté Catholique ayant accepté la cession du pays de la Louisiane et de la ville de la Nouvelle-Orléans, conformément à la copie des dits actes que vous trouverez ci-jointe, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est qu’à la réception de la présente et des copies ci-jointes, soit qu’elles vous parviennent par les officiers de Sa Majesté Catholique, ou en droiture par les bâtiments français qui en seront chargés, vous ayez à remettre entre les mains du gouverneur, ou

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