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à Quito reprendre leurs travaux scientifiques. Mais à peine arrivés, on les appelle à Guayaquil: Le sac de Payta, par l’escadre anglaise, avait répandu au loin la terreur. Pour se faire une idée des fatigues de ces allées et venues, il faut songer à la difficulté des voyages à travers les montagnes du Pérou. Quand toutes les mesures furent prises pour la sûreté de Guayaquil, on ne consentit à laisser repartir que l’un des deux officiers ; ce fut Ulloa qui s’empressa de reprendre, dans la saison la plus défavorable, la route de Quito. En entrant dans cette ville, on lui apprit qu’il était rappelé en toute hâte à Lima, et il sy rendit de nouveau avec George Juan. Là, ils prirent le commandement de deux frégates avec ordre de croiser devant les côtes du Chili et les îles de Juan Fernandez. L'arrivée de quelques renforts espagnols à Lima leur permit d’aller encore une fois reprendre l’objet de leur mission scientifique, à Quito, où ils ne trouvèrent plus les académiciens français, à l'exception de Godin, avec lequel ils observèrent, la comète de 1744. Enfin, impatients de rapporter en Europe le fruit de leurs travaux, ils allèrent s’embarquer à Callao, sur deux navires français qui devaient doubler le cap de Horn, et se rendre à Brest : mais des tempêtes les séparèrent ; celui où se trouvait Ulloa ayant rejoint deux autres bâtiments français, échappa difficilement à un combat très vif contre des corsaires anglais, supérieurs en force, qui s'emparèrent de ces deux bâtiments chargés de trois millions de piastres fortes. 1l fallut changer de route pour éviter de nouveaux dangers : on se dirigea vers le Nord de l'Amérique. En entrant dans le port de Louisbourg, au cap Breton, l'équipage se félicitait d’avoir échappé à tant de périls, lorsqu'il flt obligé de se rendre aux Anglais qui, venant de prendre cette ville, y avaient à dessein laissé flotter les bannières françaises. Ulloa, fait prisonnier, fut transporté en Angleterre, et traité avec égards. Il ne tarda pas à
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recouvrer sa liberté et ses papiers, par le crédit de plusieurs personnages distingués qui s’intéressèrent vifement en sa faveur auprès de. l’amirauté, entre autres le célèbre président de la société royale de Londres, Martin Folkes. Ce savant s’empressa de le présenter à ses. collègues, et le fit nommer membre de la société. “Bientôt Ulloa s’embarqua pour Lisbonne, et arriva à Madrid, en 1746, au commencement du règne de Ferdirand VI. Il reçut à la cour l’accueil le plus flatteur; fut nommé capitaine Ge frégate, et commandeur de l’ordre de St.-Jacques. A la relation de son voyage, dont il s’occupa pendant les. deux années suivantes, et qui eut ungrand succès, il joignit un résumé historique sur les souverains du Pérou depuis Manco Capac, le premier Inca, jusqu'aux derniers rois d'Espagne. Il y fait beaucoup d'emprunts à l'historien Garcilasso : ce travail, peu remarquable en lui-même, a peut-être aussi le défaut de figurer comme un étalage fastueux de la puissance. espagnole, plutôt que comme le complément d’un ouvrage écrit avec candeur, et rempli d'observations utiles ousavantes. Ulloa parcourut ensuite une partie de l’Europe, par ordre du roi, et les connaissances qu’il recueillit dans ce voyage furent heureusement appliquées au service de l’état et à l'utilité de la nation. “Pendant la suite d’une carrière très active, Ulloa s’efforça de concilier son goût pour l’étude des sciences avec les nombreuses commissions dont il fut chargé par son gouvernement pour le service maritime, et plus tard pour l’amélioration de l’industrie intériewue. La surintendance de la mine de mercure de Guancavelica, au Pérou, fut la récompense de son zèle ; mais les produits de cette mine diminuërent par l’avarice et la mauvaise administration des entrepreneurs, et Ulloa ne put les rétablir, parce qu’il osa dénoncer les malversations de quelques hommes alors en pouvoir. Sous le règne de Charles III, un ministère qui savait apprécier
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les talents nécessaires à l'Espagne l’éleva au grade de chef, d’escadre, et lui confia le commandement de la flotte des Indes: Lorsque la paix de 1762 eut fait passer la Louisiane sous la domination de l'Espagne, Ulloa fut envoyé pour en prendre possession, la gouverner, et pour y organiser les différentes branches de l’administration espagnole. Il y arriva en 1766; mais la résistance qu’il éprouva de la part des colons qui avaient encore le cœur et l'esprit français, le força de se rembarquer.
“Le voyage de Ulloa ne fut cependant pas inutile à sa réputation et à sa patrie : il parcourut les deux Amériques, et y recueillit des matériaux précieux, qui lui servirent à composer un nouvel ouvrage. Dans l'inte”- Valle de ses campagnes, il correspondait avec ‘les savants étrangers, et il fut nommé associé des académies de Stockholm et de Berlin. Dès 1748, il était devenu correspondant de l’académie des sciences de Paris. En 1772, il publia à Madrid, en 1 vol. in-40., un recueil d'observations sous ce titre : Noticias Americanas, Entretenimientos physico-historicos sobre la America Meridional, y la septentrional-oriental ; dans cet ouvrage il se livre à des dissertations d’une lecture facile (c’est ce que signifie ici le mot Entretenimientos) sur le sol, le climat, les productions végétales, animales et minérales de ces vaste: contrées; sur les pétrifications marines; sur les Indiens. leurs mœurs, leurs usages, leurs antiquités, leurs langues, et enfin sur l’origine probable de la population de l'Amérique. À l'égard de cette dernière question, l’auteur, admettant sur des autorités fort suspectes, qu’à la suite du déluge les hommes construisirent de petites arches à limitation de celle de Noé, suppose qu’une de ces arches dut être entraînée par les vents jusqu’en Amérique. Ce n’est point sur des hypothèses aussi hasardées qu’il faut juger cet esprit sage et sincère. Son livre fut bientôt suivi d’un autre : La Marine