‹ Histoire de la Louisiane [microforme] (volume 2)Chapitre 48 sur 92 · XV · texte numérisé non relu

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nous avons demandés nous soient parvenus. Celui de la Balise l’est depuis un mois. Nous avons, M. Aubry et moi, envoyé le sieur Andry, sous ingénieur, à ceux de la rivière d’Iberville et des Natchez, pour y dresser et signer, conjointement avec Messieurs les commandants de Sa Majesté Catholique, des deviset plans de tous les bâtiments qui s’y trouveront, en faire et signer inventaire ainsi que de l’artillerie et des vivres, munitions, marchandises et effets, de concert aussi avec les commandants et gardes magasins, recevoir le tout, et placer dans chacun de ces postes huit ou dix Acadiens, au lieu de soldats qu’il n’a pas été possible d'y envoyer, à cause de leur petit nombre ici.”

Foucault termine en disant que tous les Espagnols se retirent des autres postes et qu il est convenu avec eux, qu'après l'évènement du 29 octobre, les dépenses de la colonie seraient réputées pour le roi d’Espagne jusqu’au 31 décembre inclusivement, et que les comptes seraient rendus en conséquence.

Lorsque Ulloa était arrivé à la Havane, il y avait trouvé huit cents hommes de troupes destinées pour la Louisiane, et qui s’y rendaient avec Urissa, ancien consul d'Espagne à Bordeaux, et récemment promu à l’emploi d’intendant de la Louisiane. Urissa s'était arrêté à la Havane pour y prendre un million de piastres, que le roi d'Espagne consacrait aux dépenses à faire dans le nouveau domaine qu’il venait d'acquérir. Si ces huit cents hommes de troupes et surtout le million de piastres,;somme que les colons n’avaient encore jamais vue en valeur métallique à la Louisiane, étaient arrivés à temps, il est plus que probable que la révolution n’aurait pas eu lieu. Maisen apprenant le traitement fait à Ulloa, Urissa se détermina à retourner en Europe.

Ulloa a joué un rôle si important à la Louisiane, qu’un précis historique de toute sa vie réclame ici sa place.

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Voici ce qu'on trouve sur son compte dans la biographie unix :rselle de Michaud:

“Antonio de Ulloa fut un des hommes qui honorèrent le plus l'Espagne au dix-huitième siècle, par ses longs etutiles services comme voyageur, marin, administrateur, et par ses travaux scientifiques. Il naquit à Sé. ville, le 12 janvier 1716. Sa famille, déjà distinguée dans la marine, le prépara de bonne heure à suivre cette carrière par les études les plus soignées ; ilentra au service comme garde marine, en 1733; et ses progrès sur, ssèrent bientôt les espérances que ses heureuses. dispositions avaient fait concevoir. La première commission dont il fut chargé fut la savante expédition concertée entre les ministères de France et d’Espagne pour prendre la mesure d’un arc du méridien à l’équateur, opération sollicitée par l'académie des sciences de Paris, afin de déterminer la figure de la terre, et dont la conduite fut confiée à plusieurs membres de cette compagnie : Bouguer, La Condamine et Godin.

“La province de Quito, au Pérou, ayant paru offrir la station équatoriale la plus favorable à cette entreprise, qui devait être longue et pénible, il avait fallu amener le ministère de Philippe V, et le conseil des Indes espagnoles, à permettre que des savants étrangers allassent faire une curieuse investigation de ces riches contrées. L'amitié qui unissait alors les deux cours, et une généreuse émulation en faveur de la science l’emportèrent sur toute autre considération ; il fut décidé que deux officiers de la marine royale, capables de seconder les académiciens français dans leurs travaux, seraient envoyés avec eux pour les protéger auprès des autorités du pays, et pour partager, au nom de leur patrie, l’honneur de cette importante opération. Le choix des deux officiers fut remis au chef du corps et académie des cavaliers royaux gardes marines, et le jeune Antonio de

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Ulloa, à peine âgé de dix-neuf ans, futproposé, avec un autre officier, du même corps, George Juan, déjà renommé pour ses talents comme mafhémacien. L'un et l’autre s’acquittèrent dignement de leur commission : ils surent concerter leurs efforts pour le plus grand succès de l’entreprise, et toujours exempts des: fâcheuses mésiatelligences qui survinrent parmi les savants français, ils publièrent à leur retour, treize ans après leur départ, et un an avant les académiciens de Paris, les résultats de ce grand voyage. George Juan, s'étant réservé plus spécialement la rédaction des observations géométriques, physiques et astronomiques faites soit en commun, soit par chacun d’eux séparément, publia en 1748, aux frais du gouvernement espagnol, son volume d'Observaciones, &c., Madrid, in-4 © ; et peu de mois après, Ulloa publia également aux frais du roi d’'Espagne, la Relation Historique du voyage fait à l’Amérique Méridionale, par ordre du roi, pour mesurer quelques degrés du méridien et connaître la véritable figure et grandeur de la terre, avec diverses observationssastronomiques et physiques, &c. Madrid, 1748.

#Partis en 1735, avec le grade de lieutenants de vaisseau, sur deux bâtiments de guerre, qui transportaient à Carthagène le nouveau vice-roi du Pérou, ils:attendirent dans cette ville pendant cinq mois l’arrivée de la corvette française, qui amena enfin Bouguer, La Condamine et Godin. Ce long séjour leur permit de se livrer à de nombreuses observations d'histoire naturelle, de mœurs et de statistique, dont s'enrichit la relation d’Antonio de Ulloa, où l’on remarque partout un esprit attentif, exact et judicieux. La compagnie, enfin rassemblée, partit avec un riche équipage d'instruments géométriques, et se rendit à Quito, par la route de Portobello, Panama et Guayaquil. Depuis le commencement des travaux trigonométriques, en juin 1736, Ulloa

ne cessa d'y contribuer avec un zèle dont ses collègues

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eurent beaucoup à se louer ; il participa à toutes le: opérations de Bouguer et de La Condamine, tandis que George Juan et Godin formaient de leur côté une aut:: série de triangles et de calculs. Les mesures géomé: triques ne furent terminées qu'après plus de quatre années, pendant lesquelles on fut exposé à des fatigues, à des-dangers sans nombre, soit par un séjour presque continuel sur des montagnes couvertes de neige, et au milieu des précipices, soit par le passage subit de ces régions glacées à la température brûlante de la plaine, soit enfin par l'effet de l'ignorance et des préventions des habitants, qui faillirent être funestes à l'expédition en août 1789, à Cuença. Ulloa décrit avec beaucoup d’intérêt et de simplicité toutes les souffrances qu’il eut à endurer ainsi que ses compagnons ; d’ailleurs, peu occupé de lui-même, il omet presque une grave maladie dont il se guérit heureusement dans un chalet de ces montagnes: mais on ne pouvait attendre ni d’un écrivain espagnol, ni d’un narrateur officiel, des détails qui eussent compromis plusieurs des autorités du Pérou, et en général l'amour propre de ses compatriotes. Il ne laisse pas de faire connaître les préjugés des naturels du pays, par diverses anecdotes, entre autres celle de cet Indien qui vint à genoux supplier les savants européens, qu'il prenait pour des magiciens, de lui révéler quel était le voleur d’un âne qu’on avait pris. Vers la fin de septembre 1740, comme on travaillait aux observations astronomiques à l’une des extrémités de l'arc du méridien qui avait été mesuré, un ordre du vice-roi obligea subitement les deux officiers espagnols de se rendre à Lima. La guerre entre l'Angleterre et l’Espagne venait d’éclater. L'expédition du vice-amiral Anson menaçait les côtes des possessions espagnoles ; Ulloa et Juan furent chargés de mettre en état de défense les parages voisins de Lima et de Callao. Dès que ces dispositions furent terminées, ils obtinrent de retourner

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